Du temps,
il m’aura fallu du temps pour pouvoir écrire à propos de cette nuit là...
Du temps pour seulement commencer à accepter ma faute, mon irréparable faute.
Commençons par le début, revenons quelques temps en arrière.
Ainsi l’Islande serait notre destination, et pour y aller, nous mettons le cap sur Munich et son aéroport.
Nous voulons quitter au plus vite ce pays et commencer à chercher Howard avant qu’il ne soit trop tard.
Notre groupe disparate arrive sans trop de mal à l’aéroport, nous réservons un avion pour nous emmener à Reykjavik.
Le type au comptoir de la compagnie ne reconnait pas son interlocuteur lorsqu’il l’appelle pour préparer l’avion...
un piège donc...
ça ne nous surprend pas plus que ça...
En effet, alors que nous approchons du hangar, nous remarquons que nous sommes attendus.
Nous sommes confiants, sûr de notre force...
J’étais si stupide....
Le combat commence, les premiers coups sont échangés.
Une voiture arrive et Alexei en sort, et nous dit de nous arrêter...
Les combats cessent, un juge est là, il va mettre un terme à ce cinéma que nous puissions partir, enfin...
Non, il est là car une chasse au sang est lancée sur nous, une chasse au sang pour punir le meurtre de Juliette.
Les preuves ?
les visions de l’autre putain de sorcière prétendant être douée de seconde vue...
Encore une fois cette raclure dégénérée a vu des bribes de la réalité, mais l’état avancé de pourrissement de son cerveau ne nui a pas permis de comprendre quoi que ce soit....
Un imbécile, voila ce que je suis...
un pauvre imbécile, trop fier, trop sûr de lui...
il a fallu que j’ouvre ma grande gueule, il a fallu que je dise ce que je pensais des visions de cette pauvre merde...
Alexei me saute dessus et me frappe de son épée, on n’insulte pas impunément un juge.
Et moi...
Parce que j’étais moi, avec mes qualités, et mes défauts.
Pace que moi Eric de Telismar, je ne supportais plus de courber l’échine devant des êtres comme cet Alexei, dénué d’intelligence et de sens critique.
Moi Eric de Telismar, j’avais décidé que c’en était assez, la peur ne me ferait plus ployer le genou devant quiconque.
Et moi...
J’ai riposté et attaqué Alexei, c’était sans espoir, je n’avais aucune chance, je pensais bien avoir signé là ma mort définitive.
Mais qu’importe, cette mort me convenait, une mort les armes à la main, contre un adversaire redoutable, comme dans les histoires que l’on me racontait enfant.
Alexei...ses griffes se rapprochent, j’attends le coup qui m’enlèvera la vie...
rien ne vient...
à la place une tête vole...
celle d’Astrée.........
Astrée est morte, troquant sa vie pour la mienne...
Le reste...n’a pas d’importance...
Avec l’aide d’Angélique, Alexei finit par tomber, il sera emmené pendant que nous fuirons.
Les Sires restant se rendront pour expliquer ce qu’il s’est passé et arrêter la chasse au sang.
Nous nous continuerons notre quête d’Howard.
Ma mère, mon amie, la femme que j’aimais est morte, par ma faute. Mon orgueil l’a tué.
J’étais un soldat jeune et naïf, tu m’as sauvé de mes ennemis qui me pourchassaient.
Tu m’as accueilli chez toi.
Tu m’as sauvé une seconde fois en me transformant et m’évitant ainsi une mort douloureuse.
Tu t’es occupé de moi, tu m’as enseigné comment évoluer dans ce nouveau monde.
Nous avons eu nos différences, nos désaccords...
Tu m’as encore sauvé ce soir là, en sacrifiant ta vie pour moi.
On dit qu’on se rend compte de ce que l’on a uniquement lorsqu’on le perd. C’est tellement vrai...
Je t’ai perdu Astrée...
Pardon
Je...
Quelque chose est mort en moi ce soir là. Je ne sais pas ce que c’est, je ne sais pas si ce sera définitif.
J’ai appris, Astrée m’a enseignée sa dernière leçon...
On ne ploie pas le genou par peur pour soi, mais par peur pour ceux que l’on aime...
J’ai tué celle que j’aimais, je porterai ce fardeau jusqu’à la fin.
Je ferai ce qu’on attend de moi.
Je deviendrai fort.
Puis je les retrouverai, ces créatures qui se prétendent juges...et je les jugerai.
Aleixei, je te promets une morte lente et douloureuse...
9/01/2010
8/04/2010
La monstrueuse humanité de Dragan
De nos jours
Lyon, 14 juillet 2010
Quelle belle nuit, la lune éclaire la voûte céleste d’un fin sourire ce soir. J’aime cette clairière, l’été on y respire milles odeurs. Je m’appelle Dragan et cette nuit ça fera 170 ans que j’ai 51 ans… J’ai fait un étrange rêve pendant la journée, un appel que le destin me lançait et j’y répondais, c’est tout ce dont je me souviens, ça… et ce sentiment envahissant d’étrangeté.
Ce soir je suis un vampire à l’humeur nostalgique alors laissez moi vous conter ce que fût ma vie pendant 221 ans.
L’âge de l’innocence
Ce que je sais de ma naissance c’est ma créatrice qui me l’a raconté…
Paris, 23 octobre 1788
Le soleil a laissé sa place à la lune depuis une bonne heure, Juliette 15 ans, bâillonnée, en sanglots, des larmes dans les yeux est penchée en avant sur une motte de foin, sa jupe relevée au dessus de ses hanches et ses bras attachés à une poutre. Derrière elle un homme est en train de la violer avec sauvagerie, c’est le quatrième, elle entend les autres rigoler plus loin, des odeurs de vin et de sueur se mêlent dans l’air, elle n’a pas vu combien ils étaient quand ils l’ont attrapé dans cette ruelle, et la voilà dans cette étable délabrée en train de se faire défleurer par quelques jeunes bourgeois sans scrupules.
Trois pénis plus tard un des hommes s’avance vers elle il coupe ses liens à l’aide d’un couteau, la balance à terre et lui envoie de la menue monnaie au visage accompagnée d’un « merci pour le service ma belle, on remet ça quand tu veux ». C’est d’un rire mauvais qu’il s’éloigne pour rejoindre ses amis, laissant Juliette seule avec sa douleur et sa honte en train de ramasser sa dote.
Paris, 14 juillet 1789
Juliette se cache de sa famille depuis cinq mois environ, il ne faut pas qu’on la voie ainsi, elle se débrouille pour survivre en faisant quelques passes si nécessaires, la vie a été cruelle avec elle, une nuit aura suffit à faire de cette fille d’artisan une catin engrossée. Elle a perdu les eaux il y a quelques minutes et maintenant elle attend à l’ombre de cette ruelle d’expulser le fruit de sa malédiction. Trois heures plus tard elle m’abandonne, moi, le fruit d’un viol. Je gis à même le sol froid, humide et sale de cette impasse sans nom.
Minuit sonne, au loin on peut entendre l’effervescence de la révolution en marche gronder, le peuple n’a pas fini de fêter ce jour historique, l’un des plus sanglants de l’histoire de France. Ma mère est partie, me laissant ici, seul. Sans pleurer j’apprends à respirer, mes petites mains potelées cherchent quelque chose, elles ne trouvent rien. Mes yeux mi clos creusent l’obscurité du fond de l’impasse, une silhouette informe se laisse deviner : une jeune femme, très belle. Elle s’avance vers moi, elle porte une unique robe noire, à la faible lueur des lieux on peut voir son visage, un visage d’enfant sur un corps de femme, le contraste est choquant, presque malsain. Avec grâce elle se penche sur moi et me prend dans ses bras, elle murmure comme pour elle même : « je t’ai attendu si longtemps ». Elle laisse doucement glisser sa robe le long de son épaule gauche révélant un sein au galbe parfait, à l’aide d’une griffe métallique, seul ornement aux doigts de sa main droite, elle se pique le téton. Du sang commence à perler, elle m’approche de sa poitrine, et instinctivement je colle ma bouche contre son sein ensanglanté. C’est sans retenu que je bois ce fluide vital mit à ma disposition. La femme commence à s’éloigner lentement vers la sortie de l’impasse en me berçant avec douceur et au hasard d’un rayon de lune nous disparaissons… Comme si jamais nous n’avions été là. Une heure plus tard le couple atypique que nous formons réapparait aussi mystérieusement qu’il a disparu plus tôt. La femme enfant porte un couffin dans ses bras, elle m’a lavé et emmitouflé dans un linge propre, elle m’embrasse sur le front, je dors à poing fermé. Elle dépose son fardeau devant une lourde porte métallique. Sur un écriteau à côté on peut lire “Orphelinat Saint Antoine, établissement d’éducation catholique”. Elle s’assoit sur les marches et me murmure quelques mots : « Mon amour tu auras une longue vie bien remplie, et quand tu seras mûr, je viendrais te cueillir et alors nous serons enfin heureux toi et moi, éternellement. » Après quoi elle se lève, frappe lourdement la porte à trois reprises puis disparaît dans les ombres qui animent la nuit. Ainsi on m’a abandonné deux fois la nuit de ma naissance.
L’âge de l’ignorance
Paris, 3 janvier 1800
J’ai déjà 10 ans, je sais que je ne suis pas un enfant normal et aujourd’hui je le paye une fois de plus, torse nu dans le froid mordant de l’hiver et à genoux dans la neige au milieu de la cour centrale de l’orphelinat. Je récite sans fin des “Notre Père” et “Je vous salut Marie” à sœur Bénédicte. La Mère supérieur a ordonné que je sois libéré quand enfin je pleurerais. Mais je n’ai jamais pleuré, j’ignore tout de ce que ça fait d’avoir une larme qui coule sur ma joue et je ne sais pas comment faire. A vrai dire j’ignore tout ce qui a trait aux émotions, aussi loin que je me souvienne je n’ai jamais rien ressenti, ni joie, ni haine, ni souffrance, ni amour. Je n’ai aucune empathie. Je ne fais que réagir de manière pragmatique aux épreuves que la vie me fait vivre, quand Jonas m’a poussé en se moquant de moi je n’ai fait que me défendre, comment aurais-je pu savoir que lui planter le piolet dans la jambe était mal ? Action, réaction. Agression, riposte.
Aujourd’hui j’ai comprit une chose, je vais devoir apprendre à analyser les émotions des autres pour réagir conformément aux critères humains, car oui, je pense que je ne suis pas tout à fait humain, il me manque quelque chose, je n’ai aucune conscience du bien et du mal. Il paraît que nous descendons tous d’Adam et Eve, c’est ce que l’on m’a apprit pendant les cours de catéchisme de l’orphelinat, et c’est Adam et Eve qui ont mangé le fruit de la connaissance du bien et du mal. Pour cette raison, aujourd’hui tous les hommes ont accès à cette connaissance et c’est ce qui souille notre âme. Apparemment je ne descends pas d’Adam et Eve moi, sinon je comprendrais le bien et le mal. Est-ce que ça veut dire que mon âme est pure ?
Paris, 17 avril 1801
C’est la première fois qu’on m’envoie travailler dans la cuisine, sœur Angélique m’a demandé d’éplucher les oignons et de les couper en tranche. Je m’exécute, ça me pique, un liquide salé coule de mes yeux, est-ce ça les larmes ?
Paris, 22 septembre 1802
Je me suis encore battu aujourd’hui. J’ai comme à chaque fois été puni, je commence à me débrouiller en imitation d’émotions humaines et j’ai toujours des morceaux d’oignons dans une poche, je les presse avec ma main puis je me frotte les yeux. Depuis que je fais ça j’ai l’air plus humain… Car je pleure. Je ne comprends pas grand-chose à tout ça, mais ce jeu améliore ma condition de vie donc j’ai tout intérêt à continuer comme ça.
Paris, 13 avril 1804
Les sœurs nous ont emmenés dans la campagne à côté de Paris, je me suis écarté un peu du groupe, comme souvent Jonas est venu m’embêter, il m’a attaqué avec un bâton, pour me défendre j’ai prit un gros caillou, je l’ai atteint au visage, il est tombé, il saigne beaucoup et il ne bouge plus. Je pense qu’il doit être mort. Je traîne le corps jusqu’à la rivière pas loin et je le balance à l’eau, je pense que c’est mieux, la punition pour avoir tué doit être plus douloureuse que celle pour avoir blessé, ne pas en parler me paraît être une sage décision. Je retourne vers le groupe discrètement. On partira deux heures plus tard que prévu après que les sœurs aient abandonné leurs recherches pour retrouver Jonas.
Paris, 3 mai 1804
La police a retrouvé le corps de Jonas, il flottait dans un étang, surement le courant qui l’aura porté jusque là. Comme le corps est resté trop longtemps dans l’eau ils n’ont que très peu d’indices, j’ai surprit cette conversation entre sœur Rose et sœur Bénédicte.
Paris, 14 juillet 1810
J’ai 21 ans aujourd’hui, je travaille déjà depuis trois ans pour un forgeron dans le quartier, mais aujourd’hui je quitte l’orphelinat, enfin. Avec les années j’ai apprit à être un parfait petit être humain, néanmoins, je ne comprends toujours rien au bien et au mal et les émotions sont une grande inconnue pour moi. J’aimerais savoir ce que c’est que de ressentir une émotion… par curiosité.
L’âge de l’iniquité
Paris, 20 août 1810
L’empire de Napoléon est à son apogée, malgré moi je suis enrôlé comme forgeron dans la grande armée impériale. C’est étrange de voir l’exaltation de mes camarades alors que moi rien ne m’anime.
Moscou, 18 octobre 1812
Après des victoires écrasantes sur l’armée russe l’ordre de retraite a été donné seulement un mois après la prise de Moscou, l’absence de nourriture et le froid sont plus durs à combattre qu’une armée. Les hommes sont nerveux, de nombreuses bagarres éclatent dans les rangs de l’armée impériale. Je regarde ce spectacle d’un œil absent, ça ne me fait rien, je ne comprends pas ce qui motive les humains à réagir de manière si émotive.
La Bérézina, du 25 au 29 novembre 1812
Nous arrivons sur la rive droite de la Bérézina, sur ordre de l’empereur des pontonniers hollandais commencent à fabriquer deux ponts. En amont l’armée impériale défend notre position. Le lendemain un premier pont est achevé. L’empereur sachant que les russes attaqueront par les deux flancs, ordonne qu’une partie de l’armée traverse. Pendant ces quelques jours d’immobilité beaucoup d’hommes meurent de froid ou se retrouvent amputé d’un membre nécrosé à cause d’engelures persistantes, la température ne monte jamais au-dessus de -20°c, la colère gagne les soldats un peu plus chaque heure, les conflits internes s’aggravent. Le 27 au soir sur ordre de l’empereur vivres, armes et munitions sont distribuées, des messages d’encouragements sont récités par des officiers, le moral remonte légèrement. Ce manège est des plus étrange car je ne me sens pas du tout concerné, je suis là pour fabriquer et entretenir des armes et je ne vois pas la nécessité de se plaindre, ça me paraît inutile plus qu’autre chose. Quelques hommes m’ont fait remarquer que j’étais surement béni par Dieu lui-même car je n’ai même pas eu le début d’un rhume depuis que nous sommes partis en guerre.
Le 28 au matin les russes attaquent, mais c’est trop tard, la défense impériale est bien en place et la position est gardée permettant au gros des troupes d’évacuer. Dans cette bataille j’ai reçu une balle perdue dans l’œil gauche, ce genre de blessure ne pouvant être soignée correctement dans ces conditions et les risques d’infection étant trop important, un médecin ordonne une énucléation. Aucun anesthésiant ici, l’infirmier qui se charge de moi me demande de m’allonger car je vais sans doute m’évanouir, la douleur étant trop intenable. Durant toute l’opération je reste de marbre, pas un cri, pas une larme, autour de moi on me prend pour une bête de foire, apparemment c’est du jamais vu, moi j’ai juste hâte que ce soit fini pour retourner au travail. Après qu’on m’ai apposé un bandage sur la paupière gauche je me regarde dans un petit miroir, je repense à ces hommes qui pensaient que j’étais béni…
Durant toute la nuit des annonces sont faites que les ponts seront brûlés au matin, les retardataires doivent traverser maintenant. Malgré les avertissements nombreux sont ceux à rester immobile de l’autre côté car trop épuisés, blessés, malades, gelés et j’en passe. Quand les ponts s’embrasent le 29 au matin, ces mêmes gens semblent se rappeler la réalité et j’assiste à un spectacle étonnant, des hommes qui étaient sans force se lancent dans la traversé de ponts en flammes, d’autres se jettent à l’eau pour traverser à la nage, je m’avance pour assister à ce spectacle de plus prêt, j’ai comme un frisson, c’est la première fois que ça m’arrive, serait-ce une émotion ? Je vois des dizaines d’hommes se jeter à bras ouvert dans la mort par désespoir, pourquoi n’ont-ils pas traversé quand on le leur a demandé ? De toute évidence ils avaient la force de le faire en fin de compte. Un inconnu en flamme tombe à quelques mètres de moi, je me rapproche de lui, il hurle de douleur, tend un bras vers moi, j’aperçois son regard apeuré à travers les flammes qui lui brûlent la chair, lentement il s’éteint et moi je reste là immobile à le regarder mourir, pour la première fois de ma vie je ressens quelque chose et si je devais le définir ça se rapprocherait de « bien fait pour toi ».
Reims, 7 avril 1814
Je suis en poste à la garnison de Reims depuis la dernière bataille. La nouvelle vient d’arriver au front, l’empereur a abdiqué hier. Les russes et les allemands envoient des émissaires vers la ville pour parler de possibles accords de paix provisoires en attendant que soient étudiés les futurs traités, comme pour beaucoup de choses, à la politique non plus je ne comprends rien. Je constate que la plupart des hommes se réjouissent de la situation, c’est la fin de la guerre. Les cadavres vont me manquer.
L’âge de l’innommable
Paris, 13 juillet 1814
J’ai reprit mon ancienne place de forgeron depuis que la guerre est terminée. Il est tard, la nuit est déjà tombée. Quand je rentre chez moi en coupant à travers les taudis, je ne ressens pas la peur que je peux voir sur les visages des hommes à l’idée de marcher la nuit dans ces quartiers. Comme toujours, quelques catins essaient de m’aguicher, je ne comprends pas pourquoi les autres hommes changent devant ces femmes, j’ai décidé d’essayer, j’irais avec la prochaine. C’est une rousse, plus vieille que moi, je la laisse me mener jusque dans une chambre d’un bouge du coin assez lugubre, elle enlève sa robe sale et s’allonge sur une couche nue, elle m’indique de me déshabiller, je m’exécute curieux. Je m’approche et elle commence à me caresser la verge, au début rien, mais lentement je sens monter de l’excitation en moi, c’est plaisant, et étrange. Elle m’annonce qu’on ira plus loin qu’une fois qu’elle aura vue la monnaie, je sors quelques pièces, elle s’en empare et les fourres dans sa robe avant de revenir vers moi. J’ai le pénis qui a durci, elle écarte les jambes devant moi et m’explique quoi faire, je glisse mon pénis entre ses cuisses, quelle étrange et plaisante sensation, j’accélère le mouvement de va et vient, c’est une excitation nouvelle. Sans crier gare elle me pousse violemment en arrière, ma tête cogne contre le coin d’un meuble, je saigne un peu, rien de grave, elle me hurle de dégager et de ne jamais revenir, elle est en pleure, je quitte les lieux. Alors c’est ça qui attire les autres hommes ? Je ne comprends pas. Je suis dans une ruelle, j’ai une sensation désagréable, je suis toujours excité, je dois faire quelque chose pour ça, je commence à me toucher le pénis, sans trop chercher comment je découvre la masturbation, après quelques minutes je suis submergé par des spasmes au niveau de la verge, mais la sensation me remonte jusque dans la nuque, je pousse un cri rauque, j’ai un genre de pisse gluante plein la main droite, je m’essuie sur mon pantalon, minuit sonne au loin, joyeux anniversaire Dragan tu viens de jouir pour la première fois de ta vie.
Paris, 23 juillet 1814
Voilà deux semaines que j’espionne la femme rousse, elle ne m’a pas encore remarqué, je guette une opportunité pour finir ce que j’ai commencé, j’ai l’intuition que ce soir sera le bon. Attente… Voilà, ma patience a payé, elle est seule dans l’obscurité, je m’approche par derrière, l’enserre fortement à la taille et au cou, je la tiens serré au niveau du cou jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse, j’ai vu faire ça pendant la guerre. Je l’emmène discrètement dans la partie des taudis qui a été abandonné à cause des épidémies de peste, là bas jamais personne ne vous dérange. Après avoir trouvé une petite habitation abandonnée je la déshabille avant de l’allonger par terre, le moment est enfin venu. Je m’excite rapidement, c’est encore mieux qu’avec la main, elle reprend conscience, elle commence à crier, je l’attrape au cou avec mes deux mains, je serre fort, elle étouffe, ah c’est tellement bon, je sens que ça vient… Je hurle de plaisir, mon étreinte se desserre imperceptiblement, elle a le souffle court, elle essaie de me parler, je me penche pour écouter, elle chuchote… « je suis ta mère… ». Je la regarde droit dans les yeux, je serre son cou encore plus fort, je sens sa colonne vertébrale se briser sous la pression que j’exerce, cette sensation là est encore meilleure que le sexe, j’en veux encore ! Ce soir Juliette a cessé de souffrir…
Paris, 3 février 1818
Ici pas de lumière, l’obscurité est ma seule compagne, je jette mon fardeau dans le marais, une de plus… J’ai apprit que ce qui m’animait était des crimes mortellement punis, le viol et le meurtre, mais quand c’est moi qui agit n’est-ce pas un acte pur et dénué de toute ambition de faire le mal ? Je pense que je ne suis qu’un instrument, un outil au service d’une cause plus grande, et ne pas répondre à cet appel, ce serait là le crime. Elle flotte à la surface des eaux boueuses, un rayon de lune se reflète dans ses yeux restés ouverts, serait-ce un sourire qui anime ce visage sans vie ? Ou peut être que l’obscurité me joue des tours, je ne saurais dire, je me sens en paix avec moi-même. Son corps s’enfonce lentement dans les profondeurs des marécages, il va demeurer là à pourrir dans la vase avec les autres puis quand on la retrouvera il ne restera rien de ce qu’elle a été pour moi, à ma façon je les aime, oui c’est cela que les hommes doivent appeler l’amour.
Paris, 23 juillet 1819
Je suis dans ce nouveau quartier en plein essor, construit sur les restes d’un ancien quartier souillé par la peste, un ancien quartier qui m’a vu naître. Oui c’était ici, ici que j’ai enterré le corps de ma mère après lui avoir brisé la nuque. Il pleut, peut être est-ce ma mère qui pleure de joie de me revoir, une joie que je ne peux pas comprendre, une joie qui m’est étrangère, je ne connais que le plaisir ou le néant, ni plus, ni moins. Pourquoi suis-je venu ici ? Est-ce que je ressentirais le besoin de me recueillir ? Non ! C’est autre chose. Je dois prévenir ma mère que j’ai rencontré une femme, une femme qui me servira à parfaire l’illusion que je projette, elle me donnera des enfants et on sera un couple ordinaire dans ce Paris renaissant. Mère… Ses parents m’aiment bien, elle a une jeune sœur, j’ai envie d’en faire ma prochaine élue, elle travaille dans un cabaret et finie tard le soir, c’est idéal pour moi, elle a le profil, elle m’excite beaucoup. On va se marier cet hiver avec Elisabeth, oui c’est son nom. Non elle est différente, elle, elle s’offre naturellement à moi, je n’ai pas besoin de la forcer et elle n’a pas ce qu’il faut pour être une élue de toute façon, pas comme Lise sa jeune sœur, elle, elle est parfaite. Le temps passe vite mère, ça fait déjà cinq ans depuis cette nuit ou tu m’as fait ce cadeau, depuis je me suis amélioré, tu serais fière de moi, même si moi ça me serait complètement égal. Avec l’argent que je gagne je me suis payé des cours de français, j’ai apprit à lire et à écrire, dans mon métier ça ne me sert pas, mais si je veux pouvoir suivre l’évolution des enquêtes concernant les disparitions mystérieuses de ces femmes qui sévissent depuis cinq ans en ville, je dois pouvoir lire le journal. Regarde, je me suis même offert une montre, d’ailleurs je vais devoir te laisser, Lise va bientôt sortir de son travail, elle sera ma centième, je sais que ce nombre serait symbolique pour beaucoup, pour moi il n’est pas différent d’un autre… Adieu mère, je ne pense pas revenir un jour.
Paris, 1er août 1819
Je suis assis sur une chaise de notre cuisine, ma femme assise à mes côtés répond aux questions sans intérêts de l’inspecteur chargé d’enquêter sur la disparition de sa sœur. Je peux voir la tristesse gravée sur son visage, dans un geste profondément humain je lui essuie ses larmes à l’aide d’un mouchoir qu’elle a elle-même brodé. De temps en temps l’inspecteur se tourne vers moi comme s’il s’attendait à ce que j’apporte une lumière nouvelle sur la disparition de Lise… Aaaaah Lise… Je l’ai suivi pendant une dizaine de minute, elle se sentait traquée, mon instinct de prédateur me le hurlait et c’était enivrant de savoir à quel point j’étais tout puissant, quand j’en ai eu marre de la filer, j’ai fondu sur elle telle une ombre sortie du voile de ténèbres que la nuit avait jeté sur la ville, un vague cri étouffé et elle était déjà inconsciente. Pour Lise je voulais faire les choses en grand, j’ai attendu que le cabaret ferme, je m’y suis introduit par effraction. J’ai déposé son corps sur la scène, elle était prête pour sa dernière représentation, et j’en serais le metteur en scène… J’acquiesce d’un signe de la tête en regardant l’inspecteur dans les yeux pour ajouter du crédit à la réponse que ma femme vient de lui donner, encore une question stérile d’ailleurs, mais peu importe, je suis passé maître dans l’art de la comédie et j’arrive même à forcer une petite larme à me couler sur la joue, plus besoin d’oignons depuis bien des années. Devant nos mines déconfites l’inspecteur commence à ressentir de la gêne, il se propose de revenir plus tard, quand nous irons mieux, je l’invite à poursuivre avançant l’argument que je ne désire pas que ma femme ai encore à souffrir pareil moment plus tard, on saura se montrer fort et on souhaite lui fournir un maximum d’informations car s’il y a la moindre chance qu’on retrouve Lise… Retrouver Lise… Moi je sais bien que ça ne sera pas demain la veille que ça arrivera, au moment ou on parle son corps a déjà commencé à pourrir dans une eau poisseuse, des insectes se délectent de ses organes, des ragondins dévorent sa chair quand ce ne sont pas de ces poissons à l’appétit carnivore qui peuplent les marécages, un jour peu être son squelette sera découvert, une relique du passé impossible à identifier, des os poreux qui tomberont en morceaux au moindre contact. Lise, tu es l’un des bijoux de ma précieuse collection, pour toi j’étais comme un frère, tu me confiais tes secrets les plus intimes et tes désirs les plus fous, tu avais trouvé en moi ta pierre angulaire, et ça n’en a rendu ce moment que plus magnifique, lorsque tu as reprit conscience, que tu étais allongée là, sur cette scène, nue, et moi en toi en train de jouir, mes yeux fixés dans les tiens, et toi de découvrir l’horrible réalité, tu as voulu hurlé, mais déjà je serrais ton frêle cou de toutes mes forces jusqu’à sentir craquer ta nuque sous la pression de mes mains, indéfectibles instruments de ma destinée glorieuse, oui Lise tu es indiscutablement l’un des bijoux de ma collection, car j’ai vu dans tes yeux, j’ai vu au-delà de toute la beauté de l’œuvre, j’ai vu à quel point tu t’es sentie trahi, mais Lise, en vérité je t’ai offert ce que tu as toujours désiré et je sais que maintenant tu connais la vrai joie, l’exaltation, le bonheur à l’état pur, tu connais ce que moi, jamais je n’ai connu car ma vie n’est qu’un immense vide parsemé de petits moments de plaisir que je vol à l’occasion de rencontres nocturne… L’inspecteur nous salut, il a toutes les informations qu’il désire, il ne nous fait aucune promesse sinon celle que les forces de police feront tout leur possible pour retrouver Lise, il nous confie sur le pas de la porte qu’il a bon espoir que ça évolue, une unité spéciale a vue le jour pour enquêter exclusivement sur les disparitions. Après son départ j’accompagne Elisabeth dans la chambre, je lui fais l’amour comme un être humain, pendant un moment elle oublie le malheur qui l’accable et elle fini par trouver le sommeil. Moi je ne peux pas dormir, tous ses souvenirs m’ont excité. Cette nuit je ferais une place dans mon royaume à une élue, la chasse est ouverte !
Paris, 25 décembre 1822
Un repas de Noël en famille, les parents d’Elisabeth sont là. Je lui offre un parfum bon marché et quelques fleurs durement marchandés ce matin au marché, je sais qu’elle raffole de ces frivolités comme de nombreuses femmes, je fais semblant d’y accorder de l’intérêt. Elle me regarde avec un sourire, elle a trouvé le cadeau de mes rêves selon elle, je me demande si Lise n’est pas revenue à la vie pour m’offrir un second moment de pur plaisir… Raté ! Elisabeth est enceinte. Ainsi je vais avoir une descendance, conformément aux coutumes humaines j’affiche une exaltation non retenue, la prenant dans mes bras, l’embrassant avec fougue et passion et me précipitant auprès de son ventre pour le caresser et raconter des absurdités à son nombril.
Paris, 20 mars 1823
Je cours, c’était un piège, cette femme était un appât, heureusement que je ne l’ai pas honoré car elle ne mérite pas de faire parti de mon royaume cette traitresse. Quoiqu’il en soit, ils sont après moi, à partir d’aujourd’hui je vais devoir être plus prudent. Les mœurs humains sont vraiment étranges, ils n’ont aucun sens, toutes ces émotions qui les asservissent, c’est si… futile. Je pourrais être un guide pour eux, je pourrais être leur prophète s’ils étaient plus ouverts, mais ils ne me méritent pas, qu’ils restent leurs propres esclaves, c’est tout ce qu’ils méritent… J’arrête de courrir, ici je suis en sécurité, j’ai rejoint le flot des marcheurs nocturnes et nul n’a vu mon visage là bas, cette nuit je m’endormirais sans avoir assouvi ma faim.
Paris, 10 juin 1829
Je regarde ma femme et mes trois filles, Judith 5 ans, Gertrude 3 ans et Lise 2 ans. Je leur annonce qu’on va déménager, je vais avoir ma propre forge à Lyon, je gagnerais au moins deux fois plus, c’est une très bonne nouvelle. Je commencerais lundi prochain, je pars après demain à Lyon et elles me rejoindront dans le mois. Elisabeth à l’air incertaine, elle ne veut pas quitter cette ville, la peur de l’inconnu, typiquement humain. Néanmoins, elle fini par accepter cette idée car « c’est ce qu’il y a de mieux pour les filles après tout », ce sont ses mots. On mange un délicieux repas pour fêter l’évènement, puis après qu’elles soient toutes endormies je m’éclipse. Pour moi il est temps de fêter cet évènement d’une façon autrement plus appréciable, femmes parisiennes ce soir je vous offre une dernière danse.
Lyon, 13 juin 1829
Je vais devoir changer de mode opératoire, la baisse des disparitions sur Paris sera vite remarquée par tous ces enquêteurs qui sont après moi, je ne dois pas seulement changer de façon de faire mais imiter l’un de ces profanes qu’on pourchasse dans la région. Je parcours le journal local, ces temps ci un violeur sévi en ville, il laisse les cadavres derrière lui, c’est mieux que rien, même si laisser des indices me déplaît.
Lyon, 14 juillet 1829
Je l’ai prit en filature depuis une trentaine de minutes, il est étrange de voir comme il m’a été facile de le trouver alors que la police peine dans son enquête, ce doit être l’instinct de tueur qui m’anime. Je m’impreigne de ces gestes, de ces habitudes, la voilà, il l’a repérée, sa prochaine victime, il a plutôt bon goût. Il s’approche par derrière, je devine une seringue dans sa main droite gantée, d’un geste vif il lui administre son produit dans le cou, elle perd connaissance, astucieux. Il l’emmène dans une ruelle sombre, il la baîllone puis attend. Elle reprend connaissance, je peux voir dans ses yeux la panique, elle essaie de crier mais je n’entend qu’un vague bruit étouffé, l’homme passe à l’acte, je le regarde faire, est-ce que j’ai l’air si sauvage quand je m’offre à ces femmes ? Elle est parfaitement consciente de ce qu’il lui arrive, je trouve ça excitant, voir sa peur et sa souffrance alors que lui n’est que plaisir, c’est magnifique, j’ai une érection. Voilà, c’est fini, il la regarde en souriant, elle pleure, il commence à l’étrangler, un bon point pour lui, doucement elle s’éteint, c’est fini pour elle. Il lui remet ses vêtements, l’étend sur le dos les bras le long du corps puis retouche sa coiffure, étrange rituel. Je m’approche discrètement et tandis qu’il se redresse je lui assène un violent coup sur le crâne à l’aide de l’un de mes marteaux de forgeron, il s’écroule sonné, je le refrappe, du sang jailli, je frappe encore, puis encore, pendant que je m’acharne sur son crâne je lui parle, « Elles sont à moi ! » quand enfin je suis sur qu’il est mort, j’arrête de frapper, je regarde son cadavre, bon anniversaire Dragan, les affaires reprennent.
L’âge de l’inévitable
Lyon, 14 juillet 1840
Je rentre tôt aujourd’hui, même au cœur de l’été j’ai rarement le soleil comme compagnon au retour de ma forge. Elisabeth et les filles sont parties à Paris pour quelques jours retrouver sa famille. Ces périodes de paix sont de précieux moments, propices à tous mes vices, j’aimerais en bénéficier plus souvent. Je trouve une enveloppe dans la boîte au lettre : « Joyeux anniversaire papa, on t’embrasse fort, grand-mère nous a acheté des robes toutes neuves, on a vu l’arc de triomphe de l’étoile, c’est vraiment magnifique, on t’aime fort fort fort, plein de bisous papa. », c’est l’écriture de Judith, un dessin accompagne le mot, un homme en train de forger une roue à la lumière d’un soleil au centre duquel brûle le nombre 51, c’est un très beau travail de Lise, elle a un don pour le dessin.
Je l’avais oublié, mais j’ai 51 ans aujourd’hui, c’est une très bonne occasion pour m’offrir un met de choix, de quoi apaiser mon insatiable appétit. Je partirais à la nuit tombée arpenter les rues lyonnaises à la recherche de celle qui aura l’honneur de recevoir une place dans mon assemblé. Un léger repas, et me voilà assit dehors à regarder le soleil décliner lentement sous l’horizon, j’ai déjà vu ma femme s’extasier devant un coucher de soleil, je cherche à comprendre, mais je n’arrive pas à toucher à cette sensation, ça me dépasse. Le soleil a complètement disparu, je l’ai fixé du regard jusqu’au bout et la seule conséquence résulte en un éblouissement qui s’amenuise lentement. La lumière dans le ciel commence à s’atténuer pour laisser lentement la place à la nuit, mon alliée la plus fidèle, silencieuse observatrice de mon œuvre sainte. Je suis une goutte d’eau sacrée qui purifie ce monde afin de le rendre meilleur, la main qui dirige mes actes est un instrument salvateur, je suis un brasier qui consume les infidèles et réchauffe les cœurs purs, j’accueille sans retenu mes élues, elles font parties de moi et je serais éternellement en elles. J’émerge de mes songes, un voile de ténèbres a recouvert la voûte céleste, une myriade d’étoiles scintillent dans le ciel, il est temps de partir en quête de la prochaine, étrange curiosité que le hasard des nombres, pour mes 51 ans je vais accueillir ma 510ème élue…
Elle est parfaite, jamais je n’aurais pu rêver plus belle offrande, depuis Lise jamais femme ne m’a autant plu, elle sera un chef d’œuvre, non, mieux que ça, car elle est encore plus appétissante que Lise, je suis comblé. Je la suis dans la nuit chaude et lourde de l’été, elle porte une robe blanche en lin qui laisse deviner tout son corps, elle ne porte rien dessous. Tous les regards se tournent sur son passage, quand je l’observe je n’ai qu’un désir, la saisir ici devant tous, la mettre au sol et lui enfoncer ma verge dans sa fleur en lui serrant le cou de toutes mes forces, qu’importent les témoins, qu’importent les conséquences, elle est à moi, rien au monde ne pourra se tenir entre elle et moi ; je viens de réaliser, je lui ai attrapé le bras, je le sers fort, quelques personnes intriguées regardent la scène, que m’arrive t’il ? Comment moi puis-je perdre le contrôle. Elle me regarde droit dans les yeux, je me sens comme transpercé, je la tire à moi et elle s’élance dans mes bras, sans réfléchir je la reçois avec une grâce qui m’est habituellement étrangère, je fais glisser un bout de sa robe sur le côté. Ce sein… Il est si parfait, si majestueux, je l’embrasse, je lui mord le têton doucement, pendant une fraction de seconde je revois ce sein à la forme parfaite dégoulinant d’un sang chaud et délicieux, c’est terriblement excitant. Je la regarde, elle sourie, elle s’offre à moi pleinement, elle est venue pour ça, je le vois dans son regard, elle sait tout de moi et pourtant elle me désire, c’est une déesse, je l’ai attendu toute ma vie. Dans la rue les badauds s’arrêtent comme hypnotisés par la scène, je vois le désir dans le regard de tous ces hommes, je peux sentir la jalousie qui les anime, c’est comme une bourrasque de vent en pleine tempête qui voudrait vous renverser, mais je tiens bon, je souris à pleines dents, elle aussi, un instant j’ai cru voir ses canines pousser… j’ai mal vu. Pour elle je ne pourrais tolérer une moindre paillasse, il lui faut une couche majestueuse, à la hauteur de sa divinité, son sacrifice est l’acte ultime, je la mène dans l’hôtel le plus luxueux de toute la ville, les humains sur notre passage se prosternent devant nous, le monde est à genoux devant ma grandeur, enfin ils me reconnaissent, enfin ils m’adorent, enfin je vais pouvoir les guider, cette nuit sera connu comme la nuit ou Dragan prit la tête du genre humain pour les mener sur les sentiers interdits de la vérité.
Nous sommes dans la chambre, à sept pas de moi se tient debout la femme enfant, incarnation de la perfection, ma divinité, ma révélation. Elle me regarde, je suis complètement envoûté, quel pouvoir ! Elle laisse sa robe glisser le long de son corps, ce moment est comme suspendu dans le temps, je goûte du regard chaque pore de sa peau, à chaque millième de seconde ce que je découvre est une véritable source de plaisir, elle est délicieuse… parfaite ! Elle recule avec grâce et se laisse couler sur les draps de satins de la couche nuptiale, l’autel sacrificiel qui n’attendait qu’elle… et moi. Je laisse tomber mes vêtements, je suis Adam, elle est Eve, nous sommes à l’aube d’un monde nouveau. Je m’avance, elle accueille ma plus belle érection en écartant ses cuisses de la manière la plus obscène qui soit. Je la pénètre avec toute la bestialité qui sommeil en moi et la baise sauvagement, je suis une bête, et elle… Elle est ma boîte de Pandore… Que j’ouvre sans retenu, je l’explore dans les moindres recoins, elle hurle son plaisir avec sauvagerie, cet acte n’a plus rien d’humain, c’est divin, jamais homme n’a connu ça, je suis l’Elu !!! J’explose de plaisir dans son sanctuaire et elle redouble de puissance dans ses hurlements, je l’entends crier dans ma tête, elle nous retourne, elle me domine, son corps parfait danse sur ma verge, je continu de jouir, ça ne veut plus s’arrêter, oui ma déesse, oui je suis à toi, va y tue moi, je serais le 510ème, ça a toujours été moi, je t’ai toujours attendu. Je la regarde droit dans les yeux, elle me fixe avec un sourire carnassier, je les vois, je vois ses crocs, je vois sa langue palpiter, ses papilles frémirent, « VAS Y PRENDS MOI !!!! » Et elle se jette sur moi, je sens ses crocs transpercer la chair de mon cou, et là je perds tout contrôle, mon esprit s’échappe de la réalité pour atteindre le nirvana, mon corps continue de jouir, mais à côté de ce qui se passe là haut… C’est indescriptible, milles déesses ne suffiraient pas à soulever la comparaison, c’est… plus que divin. Il fait noir, le plaisir s’échappe par tous les pores de ma peau, la vie m’abandonne, il ne reste rien de moi, mon esprit supplie : « Ô déesse, pourquoi m’as-tu abandonnée ? », elle m’a entendu, je sens son souffle glacé prêt de mon oreille : « Je suis là mon enfant, je ne t’ai jamais abandonné. Après mon corps, voici mon sang. Si tu veux vivre… Bois ! » Je sens un liquide chaud glisser sur ma langue, c’est délicieux, sublime, tout mon corps réagi à l’unisson, je la saisi avec poigne et je commence à boire son sang… ma vie ! Un flot ininterrompu d’hémoglobine s’écoule de son clitoris, je l’entends gémir, mes sens plus éveillés que jamais captent toutes les vibrations de son corps, elle aime ça, elle aime que je lui dévore sa vulve en me nourrissant d’elle, et elle m’éjacule un litre de sang au visage dans un dernier hurlement. Alors que mon corps commence a être parcouru de spasmes, ma tête tombe sur le côté, et je peux voir dans cette immense miroir mon visage couvert de sang et elle sur moi, toujours aussi belle, en train de rire et de me sourire, les crocs dehors, deux minces filets de sang séché aux plis des joues, après quoi… Tout n’est que souffrance !
Je reviens à moi. Un million de choses sont en train de changer à l’intérieur de mon corps. Je me redresse, je suis nu, seul et le visage couvert de sang coagulé. Assis sur le rebord du lit je m’observe dans le miroir, mon regard est devenu si… précis. Je peux discerner sans effort tous les infimes changements que cette transformation a apportée à mon physique, je suis toujours un homme dans la force de l’âge, mais subtilement amélioré, je suis plus séduisant. On frappe trois coups à la porte, une jeune femme entre en poussant un chariot, « Le repas que vous avez commandez. » Elle ne m’a pas encore vu… Enfin elle lève les yeux sur moi, je vois de la frayeur dans ses yeux, c’est vrai, je suis nu et j’ai du sang plein le visage, elle s’excuse et commence à reculer vers l’entrée de la chambre. Sans même y réfléchir je suis devant elle en un instant, j’ai déjà fermé a porte, elle a un mouvement de recul et s’apprête à crier, trop tard… pour elle, car je lui ai déjà plaqué une main sur la bouche et je la tiens fermement contre moi. Si prêt de son visage je peux sentir les effluves de son parfum mélangées aux phéromones de terreur qui emplissent l’atmosphère en s’échappant des gouttes de sueurs qui perlent partout sur son visage. La pauvre fille a une chair de poule sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Un petit détail attire mon attention, une veine qui palpite au rythme des battements de son cœur paniqué, je me souviens de sa phrase en entrant dans la chambre, « Le repas que vous avez commandez. » Oui, le repas est servi ! Je sens mes crocs pousser, j’ouvre la gueule en grand, la plaque contre le mur, me délecte de la terreur dans son regard et croque son cou avec violence, immédiatement un jet de sang chaud et suave est propulsé au fond de ma gorge, c’est un délice. Lentement je me nourris, je sens tout mon corps se régénérer, tout doucement des changements s’opèrent dans mon cerveau, des sensations étranges m’assaillent, les visages terrorisés de mes victimes m’apparaissent par flashs, ça me met mal à l’aise, elles sont de plus en plus nombreuses, c’est un véritable déluge d’émotions, je me sens mal, c’est terrifiant, et là je le vois, ce visage, cette femme rousse… « Je suis ta mère… » dans un accès de panique je repousse violemment la jeune femme, une immense douleur m’envahit, je suis prit de soubresauts que je ne comprends pas, et je les sens, des larmes, des vrais larmes de tristesses, je m’approche du corps de la jeune femme… elle est morte, je la sers contre moi et je pleure, un flot ininterrompu de larmes s’échappent de mon être, 51 années de larmes que je n’ai jamais versées, je redresse mon visage pour me regarder une fois de plus dans ce miroir et ce que j’y vois me terrifie, une expression abattue, plus aucune volonté de vivre dans mon regard, je croule littéralement sous le poids de mes monstruosités, je ne suis plus qu’un amas de chair morte animé par un unique et terrible sentiment : la culpabilité. En retrait dans le miroir, je la vois, elle s’est rhabillée, toujours aussi magnifique, mais sa beauté semble fanée à la lumière de ce qui m’arrive, elle me regarde avec une petite moue moitié triste, moitié amusé. Elle prend la parole : « Appelle moi Lilith, je serais là pour te guider… pendant un temps tout au moins, après tu seras libre de faire ce qu’il te plaît. » Elle s’approche de moi et me détache du corps de ma 510ème victime. « Allé viens, il est temps de partir. »
Quelle belle nuit, la lune éclaire la voûte céleste d’un fin sourire ce soir. J’aime cette clairière, l’été on y respire milles odeurs. Je m’appelle Dragan et cette nuit ça fera 170 ans que j’ai 51 ans… J’ai fait un étrange rêve pendant la journée, un appel que le destin me lançait et j’y répondais, c’est tout ce dont je me souviens, ça… et ce sentiment envahissant d’étrangeté.
Ce soir je suis un vampire à l’humeur nostalgique alors laissez moi vous conter ce que fût ma vie pendant 221 ans.
L’âge de l’innocence
Ce que je sais de ma naissance c’est ma créatrice qui me l’a raconté…
Paris, 23 octobre 1788
Le soleil a laissé sa place à la lune depuis une bonne heure, Juliette 15 ans, bâillonnée, en sanglots, des larmes dans les yeux est penchée en avant sur une motte de foin, sa jupe relevée au dessus de ses hanches et ses bras attachés à une poutre. Derrière elle un homme est en train de la violer avec sauvagerie, c’est le quatrième, elle entend les autres rigoler plus loin, des odeurs de vin et de sueur se mêlent dans l’air, elle n’a pas vu combien ils étaient quand ils l’ont attrapé dans cette ruelle, et la voilà dans cette étable délabrée en train de se faire défleurer par quelques jeunes bourgeois sans scrupules.
Trois pénis plus tard un des hommes s’avance vers elle il coupe ses liens à l’aide d’un couteau, la balance à terre et lui envoie de la menue monnaie au visage accompagnée d’un « merci pour le service ma belle, on remet ça quand tu veux ». C’est d’un rire mauvais qu’il s’éloigne pour rejoindre ses amis, laissant Juliette seule avec sa douleur et sa honte en train de ramasser sa dote.
Paris, 14 juillet 1789
Juliette se cache de sa famille depuis cinq mois environ, il ne faut pas qu’on la voie ainsi, elle se débrouille pour survivre en faisant quelques passes si nécessaires, la vie a été cruelle avec elle, une nuit aura suffit à faire de cette fille d’artisan une catin engrossée. Elle a perdu les eaux il y a quelques minutes et maintenant elle attend à l’ombre de cette ruelle d’expulser le fruit de sa malédiction. Trois heures plus tard elle m’abandonne, moi, le fruit d’un viol. Je gis à même le sol froid, humide et sale de cette impasse sans nom.
Minuit sonne, au loin on peut entendre l’effervescence de la révolution en marche gronder, le peuple n’a pas fini de fêter ce jour historique, l’un des plus sanglants de l’histoire de France. Ma mère est partie, me laissant ici, seul. Sans pleurer j’apprends à respirer, mes petites mains potelées cherchent quelque chose, elles ne trouvent rien. Mes yeux mi clos creusent l’obscurité du fond de l’impasse, une silhouette informe se laisse deviner : une jeune femme, très belle. Elle s’avance vers moi, elle porte une unique robe noire, à la faible lueur des lieux on peut voir son visage, un visage d’enfant sur un corps de femme, le contraste est choquant, presque malsain. Avec grâce elle se penche sur moi et me prend dans ses bras, elle murmure comme pour elle même : « je t’ai attendu si longtemps ». Elle laisse doucement glisser sa robe le long de son épaule gauche révélant un sein au galbe parfait, à l’aide d’une griffe métallique, seul ornement aux doigts de sa main droite, elle se pique le téton. Du sang commence à perler, elle m’approche de sa poitrine, et instinctivement je colle ma bouche contre son sein ensanglanté. C’est sans retenu que je bois ce fluide vital mit à ma disposition. La femme commence à s’éloigner lentement vers la sortie de l’impasse en me berçant avec douceur et au hasard d’un rayon de lune nous disparaissons… Comme si jamais nous n’avions été là. Une heure plus tard le couple atypique que nous formons réapparait aussi mystérieusement qu’il a disparu plus tôt. La femme enfant porte un couffin dans ses bras, elle m’a lavé et emmitouflé dans un linge propre, elle m’embrasse sur le front, je dors à poing fermé. Elle dépose son fardeau devant une lourde porte métallique. Sur un écriteau à côté on peut lire “Orphelinat Saint Antoine, établissement d’éducation catholique”. Elle s’assoit sur les marches et me murmure quelques mots : « Mon amour tu auras une longue vie bien remplie, et quand tu seras mûr, je viendrais te cueillir et alors nous serons enfin heureux toi et moi, éternellement. » Après quoi elle se lève, frappe lourdement la porte à trois reprises puis disparaît dans les ombres qui animent la nuit. Ainsi on m’a abandonné deux fois la nuit de ma naissance.
L’âge de l’ignorance
Paris, 3 janvier 1800
J’ai déjà 10 ans, je sais que je ne suis pas un enfant normal et aujourd’hui je le paye une fois de plus, torse nu dans le froid mordant de l’hiver et à genoux dans la neige au milieu de la cour centrale de l’orphelinat. Je récite sans fin des “Notre Père” et “Je vous salut Marie” à sœur Bénédicte. La Mère supérieur a ordonné que je sois libéré quand enfin je pleurerais. Mais je n’ai jamais pleuré, j’ignore tout de ce que ça fait d’avoir une larme qui coule sur ma joue et je ne sais pas comment faire. A vrai dire j’ignore tout ce qui a trait aux émotions, aussi loin que je me souvienne je n’ai jamais rien ressenti, ni joie, ni haine, ni souffrance, ni amour. Je n’ai aucune empathie. Je ne fais que réagir de manière pragmatique aux épreuves que la vie me fait vivre, quand Jonas m’a poussé en se moquant de moi je n’ai fait que me défendre, comment aurais-je pu savoir que lui planter le piolet dans la jambe était mal ? Action, réaction. Agression, riposte.
Aujourd’hui j’ai comprit une chose, je vais devoir apprendre à analyser les émotions des autres pour réagir conformément aux critères humains, car oui, je pense que je ne suis pas tout à fait humain, il me manque quelque chose, je n’ai aucune conscience du bien et du mal. Il paraît que nous descendons tous d’Adam et Eve, c’est ce que l’on m’a apprit pendant les cours de catéchisme de l’orphelinat, et c’est Adam et Eve qui ont mangé le fruit de la connaissance du bien et du mal. Pour cette raison, aujourd’hui tous les hommes ont accès à cette connaissance et c’est ce qui souille notre âme. Apparemment je ne descends pas d’Adam et Eve moi, sinon je comprendrais le bien et le mal. Est-ce que ça veut dire que mon âme est pure ?
Paris, 17 avril 1801
C’est la première fois qu’on m’envoie travailler dans la cuisine, sœur Angélique m’a demandé d’éplucher les oignons et de les couper en tranche. Je m’exécute, ça me pique, un liquide salé coule de mes yeux, est-ce ça les larmes ?
Paris, 22 septembre 1802
Je me suis encore battu aujourd’hui. J’ai comme à chaque fois été puni, je commence à me débrouiller en imitation d’émotions humaines et j’ai toujours des morceaux d’oignons dans une poche, je les presse avec ma main puis je me frotte les yeux. Depuis que je fais ça j’ai l’air plus humain… Car je pleure. Je ne comprends pas grand-chose à tout ça, mais ce jeu améliore ma condition de vie donc j’ai tout intérêt à continuer comme ça.
Paris, 13 avril 1804
Les sœurs nous ont emmenés dans la campagne à côté de Paris, je me suis écarté un peu du groupe, comme souvent Jonas est venu m’embêter, il m’a attaqué avec un bâton, pour me défendre j’ai prit un gros caillou, je l’ai atteint au visage, il est tombé, il saigne beaucoup et il ne bouge plus. Je pense qu’il doit être mort. Je traîne le corps jusqu’à la rivière pas loin et je le balance à l’eau, je pense que c’est mieux, la punition pour avoir tué doit être plus douloureuse que celle pour avoir blessé, ne pas en parler me paraît être une sage décision. Je retourne vers le groupe discrètement. On partira deux heures plus tard que prévu après que les sœurs aient abandonné leurs recherches pour retrouver Jonas.
Paris, 3 mai 1804
La police a retrouvé le corps de Jonas, il flottait dans un étang, surement le courant qui l’aura porté jusque là. Comme le corps est resté trop longtemps dans l’eau ils n’ont que très peu d’indices, j’ai surprit cette conversation entre sœur Rose et sœur Bénédicte.
Paris, 14 juillet 1810
J’ai 21 ans aujourd’hui, je travaille déjà depuis trois ans pour un forgeron dans le quartier, mais aujourd’hui je quitte l’orphelinat, enfin. Avec les années j’ai apprit à être un parfait petit être humain, néanmoins, je ne comprends toujours rien au bien et au mal et les émotions sont une grande inconnue pour moi. J’aimerais savoir ce que c’est que de ressentir une émotion… par curiosité.
L’âge de l’iniquité
Paris, 20 août 1810
L’empire de Napoléon est à son apogée, malgré moi je suis enrôlé comme forgeron dans la grande armée impériale. C’est étrange de voir l’exaltation de mes camarades alors que moi rien ne m’anime.
Moscou, 18 octobre 1812
Après des victoires écrasantes sur l’armée russe l’ordre de retraite a été donné seulement un mois après la prise de Moscou, l’absence de nourriture et le froid sont plus durs à combattre qu’une armée. Les hommes sont nerveux, de nombreuses bagarres éclatent dans les rangs de l’armée impériale. Je regarde ce spectacle d’un œil absent, ça ne me fait rien, je ne comprends pas ce qui motive les humains à réagir de manière si émotive.
La Bérézina, du 25 au 29 novembre 1812
Nous arrivons sur la rive droite de la Bérézina, sur ordre de l’empereur des pontonniers hollandais commencent à fabriquer deux ponts. En amont l’armée impériale défend notre position. Le lendemain un premier pont est achevé. L’empereur sachant que les russes attaqueront par les deux flancs, ordonne qu’une partie de l’armée traverse. Pendant ces quelques jours d’immobilité beaucoup d’hommes meurent de froid ou se retrouvent amputé d’un membre nécrosé à cause d’engelures persistantes, la température ne monte jamais au-dessus de -20°c, la colère gagne les soldats un peu plus chaque heure, les conflits internes s’aggravent. Le 27 au soir sur ordre de l’empereur vivres, armes et munitions sont distribuées, des messages d’encouragements sont récités par des officiers, le moral remonte légèrement. Ce manège est des plus étrange car je ne me sens pas du tout concerné, je suis là pour fabriquer et entretenir des armes et je ne vois pas la nécessité de se plaindre, ça me paraît inutile plus qu’autre chose. Quelques hommes m’ont fait remarquer que j’étais surement béni par Dieu lui-même car je n’ai même pas eu le début d’un rhume depuis que nous sommes partis en guerre.
Le 28 au matin les russes attaquent, mais c’est trop tard, la défense impériale est bien en place et la position est gardée permettant au gros des troupes d’évacuer. Dans cette bataille j’ai reçu une balle perdue dans l’œil gauche, ce genre de blessure ne pouvant être soignée correctement dans ces conditions et les risques d’infection étant trop important, un médecin ordonne une énucléation. Aucun anesthésiant ici, l’infirmier qui se charge de moi me demande de m’allonger car je vais sans doute m’évanouir, la douleur étant trop intenable. Durant toute l’opération je reste de marbre, pas un cri, pas une larme, autour de moi on me prend pour une bête de foire, apparemment c’est du jamais vu, moi j’ai juste hâte que ce soit fini pour retourner au travail. Après qu’on m’ai apposé un bandage sur la paupière gauche je me regarde dans un petit miroir, je repense à ces hommes qui pensaient que j’étais béni…
Durant toute la nuit des annonces sont faites que les ponts seront brûlés au matin, les retardataires doivent traverser maintenant. Malgré les avertissements nombreux sont ceux à rester immobile de l’autre côté car trop épuisés, blessés, malades, gelés et j’en passe. Quand les ponts s’embrasent le 29 au matin, ces mêmes gens semblent se rappeler la réalité et j’assiste à un spectacle étonnant, des hommes qui étaient sans force se lancent dans la traversé de ponts en flammes, d’autres se jettent à l’eau pour traverser à la nage, je m’avance pour assister à ce spectacle de plus prêt, j’ai comme un frisson, c’est la première fois que ça m’arrive, serait-ce une émotion ? Je vois des dizaines d’hommes se jeter à bras ouvert dans la mort par désespoir, pourquoi n’ont-ils pas traversé quand on le leur a demandé ? De toute évidence ils avaient la force de le faire en fin de compte. Un inconnu en flamme tombe à quelques mètres de moi, je me rapproche de lui, il hurle de douleur, tend un bras vers moi, j’aperçois son regard apeuré à travers les flammes qui lui brûlent la chair, lentement il s’éteint et moi je reste là immobile à le regarder mourir, pour la première fois de ma vie je ressens quelque chose et si je devais le définir ça se rapprocherait de « bien fait pour toi ».
Reims, 7 avril 1814
Je suis en poste à la garnison de Reims depuis la dernière bataille. La nouvelle vient d’arriver au front, l’empereur a abdiqué hier. Les russes et les allemands envoient des émissaires vers la ville pour parler de possibles accords de paix provisoires en attendant que soient étudiés les futurs traités, comme pour beaucoup de choses, à la politique non plus je ne comprends rien. Je constate que la plupart des hommes se réjouissent de la situation, c’est la fin de la guerre. Les cadavres vont me manquer.
L’âge de l’innommable
Paris, 13 juillet 1814
J’ai reprit mon ancienne place de forgeron depuis que la guerre est terminée. Il est tard, la nuit est déjà tombée. Quand je rentre chez moi en coupant à travers les taudis, je ne ressens pas la peur que je peux voir sur les visages des hommes à l’idée de marcher la nuit dans ces quartiers. Comme toujours, quelques catins essaient de m’aguicher, je ne comprends pas pourquoi les autres hommes changent devant ces femmes, j’ai décidé d’essayer, j’irais avec la prochaine. C’est une rousse, plus vieille que moi, je la laisse me mener jusque dans une chambre d’un bouge du coin assez lugubre, elle enlève sa robe sale et s’allonge sur une couche nue, elle m’indique de me déshabiller, je m’exécute curieux. Je m’approche et elle commence à me caresser la verge, au début rien, mais lentement je sens monter de l’excitation en moi, c’est plaisant, et étrange. Elle m’annonce qu’on ira plus loin qu’une fois qu’elle aura vue la monnaie, je sors quelques pièces, elle s’en empare et les fourres dans sa robe avant de revenir vers moi. J’ai le pénis qui a durci, elle écarte les jambes devant moi et m’explique quoi faire, je glisse mon pénis entre ses cuisses, quelle étrange et plaisante sensation, j’accélère le mouvement de va et vient, c’est une excitation nouvelle. Sans crier gare elle me pousse violemment en arrière, ma tête cogne contre le coin d’un meuble, je saigne un peu, rien de grave, elle me hurle de dégager et de ne jamais revenir, elle est en pleure, je quitte les lieux. Alors c’est ça qui attire les autres hommes ? Je ne comprends pas. Je suis dans une ruelle, j’ai une sensation désagréable, je suis toujours excité, je dois faire quelque chose pour ça, je commence à me toucher le pénis, sans trop chercher comment je découvre la masturbation, après quelques minutes je suis submergé par des spasmes au niveau de la verge, mais la sensation me remonte jusque dans la nuque, je pousse un cri rauque, j’ai un genre de pisse gluante plein la main droite, je m’essuie sur mon pantalon, minuit sonne au loin, joyeux anniversaire Dragan tu viens de jouir pour la première fois de ta vie.
Paris, 23 juillet 1814
Voilà deux semaines que j’espionne la femme rousse, elle ne m’a pas encore remarqué, je guette une opportunité pour finir ce que j’ai commencé, j’ai l’intuition que ce soir sera le bon. Attente… Voilà, ma patience a payé, elle est seule dans l’obscurité, je m’approche par derrière, l’enserre fortement à la taille et au cou, je la tiens serré au niveau du cou jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse, j’ai vu faire ça pendant la guerre. Je l’emmène discrètement dans la partie des taudis qui a été abandonné à cause des épidémies de peste, là bas jamais personne ne vous dérange. Après avoir trouvé une petite habitation abandonnée je la déshabille avant de l’allonger par terre, le moment est enfin venu. Je m’excite rapidement, c’est encore mieux qu’avec la main, elle reprend conscience, elle commence à crier, je l’attrape au cou avec mes deux mains, je serre fort, elle étouffe, ah c’est tellement bon, je sens que ça vient… Je hurle de plaisir, mon étreinte se desserre imperceptiblement, elle a le souffle court, elle essaie de me parler, je me penche pour écouter, elle chuchote… « je suis ta mère… ». Je la regarde droit dans les yeux, je serre son cou encore plus fort, je sens sa colonne vertébrale se briser sous la pression que j’exerce, cette sensation là est encore meilleure que le sexe, j’en veux encore ! Ce soir Juliette a cessé de souffrir…
Paris, 3 février 1818
Ici pas de lumière, l’obscurité est ma seule compagne, je jette mon fardeau dans le marais, une de plus… J’ai apprit que ce qui m’animait était des crimes mortellement punis, le viol et le meurtre, mais quand c’est moi qui agit n’est-ce pas un acte pur et dénué de toute ambition de faire le mal ? Je pense que je ne suis qu’un instrument, un outil au service d’une cause plus grande, et ne pas répondre à cet appel, ce serait là le crime. Elle flotte à la surface des eaux boueuses, un rayon de lune se reflète dans ses yeux restés ouverts, serait-ce un sourire qui anime ce visage sans vie ? Ou peut être que l’obscurité me joue des tours, je ne saurais dire, je me sens en paix avec moi-même. Son corps s’enfonce lentement dans les profondeurs des marécages, il va demeurer là à pourrir dans la vase avec les autres puis quand on la retrouvera il ne restera rien de ce qu’elle a été pour moi, à ma façon je les aime, oui c’est cela que les hommes doivent appeler l’amour.
Paris, 23 juillet 1819
Je suis dans ce nouveau quartier en plein essor, construit sur les restes d’un ancien quartier souillé par la peste, un ancien quartier qui m’a vu naître. Oui c’était ici, ici que j’ai enterré le corps de ma mère après lui avoir brisé la nuque. Il pleut, peut être est-ce ma mère qui pleure de joie de me revoir, une joie que je ne peux pas comprendre, une joie qui m’est étrangère, je ne connais que le plaisir ou le néant, ni plus, ni moins. Pourquoi suis-je venu ici ? Est-ce que je ressentirais le besoin de me recueillir ? Non ! C’est autre chose. Je dois prévenir ma mère que j’ai rencontré une femme, une femme qui me servira à parfaire l’illusion que je projette, elle me donnera des enfants et on sera un couple ordinaire dans ce Paris renaissant. Mère… Ses parents m’aiment bien, elle a une jeune sœur, j’ai envie d’en faire ma prochaine élue, elle travaille dans un cabaret et finie tard le soir, c’est idéal pour moi, elle a le profil, elle m’excite beaucoup. On va se marier cet hiver avec Elisabeth, oui c’est son nom. Non elle est différente, elle, elle s’offre naturellement à moi, je n’ai pas besoin de la forcer et elle n’a pas ce qu’il faut pour être une élue de toute façon, pas comme Lise sa jeune sœur, elle, elle est parfaite. Le temps passe vite mère, ça fait déjà cinq ans depuis cette nuit ou tu m’as fait ce cadeau, depuis je me suis amélioré, tu serais fière de moi, même si moi ça me serait complètement égal. Avec l’argent que je gagne je me suis payé des cours de français, j’ai apprit à lire et à écrire, dans mon métier ça ne me sert pas, mais si je veux pouvoir suivre l’évolution des enquêtes concernant les disparitions mystérieuses de ces femmes qui sévissent depuis cinq ans en ville, je dois pouvoir lire le journal. Regarde, je me suis même offert une montre, d’ailleurs je vais devoir te laisser, Lise va bientôt sortir de son travail, elle sera ma centième, je sais que ce nombre serait symbolique pour beaucoup, pour moi il n’est pas différent d’un autre… Adieu mère, je ne pense pas revenir un jour.
Paris, 1er août 1819
Je suis assis sur une chaise de notre cuisine, ma femme assise à mes côtés répond aux questions sans intérêts de l’inspecteur chargé d’enquêter sur la disparition de sa sœur. Je peux voir la tristesse gravée sur son visage, dans un geste profondément humain je lui essuie ses larmes à l’aide d’un mouchoir qu’elle a elle-même brodé. De temps en temps l’inspecteur se tourne vers moi comme s’il s’attendait à ce que j’apporte une lumière nouvelle sur la disparition de Lise… Aaaaah Lise… Je l’ai suivi pendant une dizaine de minute, elle se sentait traquée, mon instinct de prédateur me le hurlait et c’était enivrant de savoir à quel point j’étais tout puissant, quand j’en ai eu marre de la filer, j’ai fondu sur elle telle une ombre sortie du voile de ténèbres que la nuit avait jeté sur la ville, un vague cri étouffé et elle était déjà inconsciente. Pour Lise je voulais faire les choses en grand, j’ai attendu que le cabaret ferme, je m’y suis introduit par effraction. J’ai déposé son corps sur la scène, elle était prête pour sa dernière représentation, et j’en serais le metteur en scène… J’acquiesce d’un signe de la tête en regardant l’inspecteur dans les yeux pour ajouter du crédit à la réponse que ma femme vient de lui donner, encore une question stérile d’ailleurs, mais peu importe, je suis passé maître dans l’art de la comédie et j’arrive même à forcer une petite larme à me couler sur la joue, plus besoin d’oignons depuis bien des années. Devant nos mines déconfites l’inspecteur commence à ressentir de la gêne, il se propose de revenir plus tard, quand nous irons mieux, je l’invite à poursuivre avançant l’argument que je ne désire pas que ma femme ai encore à souffrir pareil moment plus tard, on saura se montrer fort et on souhaite lui fournir un maximum d’informations car s’il y a la moindre chance qu’on retrouve Lise… Retrouver Lise… Moi je sais bien que ça ne sera pas demain la veille que ça arrivera, au moment ou on parle son corps a déjà commencé à pourrir dans une eau poisseuse, des insectes se délectent de ses organes, des ragondins dévorent sa chair quand ce ne sont pas de ces poissons à l’appétit carnivore qui peuplent les marécages, un jour peu être son squelette sera découvert, une relique du passé impossible à identifier, des os poreux qui tomberont en morceaux au moindre contact. Lise, tu es l’un des bijoux de ma précieuse collection, pour toi j’étais comme un frère, tu me confiais tes secrets les plus intimes et tes désirs les plus fous, tu avais trouvé en moi ta pierre angulaire, et ça n’en a rendu ce moment que plus magnifique, lorsque tu as reprit conscience, que tu étais allongée là, sur cette scène, nue, et moi en toi en train de jouir, mes yeux fixés dans les tiens, et toi de découvrir l’horrible réalité, tu as voulu hurlé, mais déjà je serrais ton frêle cou de toutes mes forces jusqu’à sentir craquer ta nuque sous la pression de mes mains, indéfectibles instruments de ma destinée glorieuse, oui Lise tu es indiscutablement l’un des bijoux de ma collection, car j’ai vu dans tes yeux, j’ai vu au-delà de toute la beauté de l’œuvre, j’ai vu à quel point tu t’es sentie trahi, mais Lise, en vérité je t’ai offert ce que tu as toujours désiré et je sais que maintenant tu connais la vrai joie, l’exaltation, le bonheur à l’état pur, tu connais ce que moi, jamais je n’ai connu car ma vie n’est qu’un immense vide parsemé de petits moments de plaisir que je vol à l’occasion de rencontres nocturne… L’inspecteur nous salut, il a toutes les informations qu’il désire, il ne nous fait aucune promesse sinon celle que les forces de police feront tout leur possible pour retrouver Lise, il nous confie sur le pas de la porte qu’il a bon espoir que ça évolue, une unité spéciale a vue le jour pour enquêter exclusivement sur les disparitions. Après son départ j’accompagne Elisabeth dans la chambre, je lui fais l’amour comme un être humain, pendant un moment elle oublie le malheur qui l’accable et elle fini par trouver le sommeil. Moi je ne peux pas dormir, tous ses souvenirs m’ont excité. Cette nuit je ferais une place dans mon royaume à une élue, la chasse est ouverte !
Paris, 25 décembre 1822
Un repas de Noël en famille, les parents d’Elisabeth sont là. Je lui offre un parfum bon marché et quelques fleurs durement marchandés ce matin au marché, je sais qu’elle raffole de ces frivolités comme de nombreuses femmes, je fais semblant d’y accorder de l’intérêt. Elle me regarde avec un sourire, elle a trouvé le cadeau de mes rêves selon elle, je me demande si Lise n’est pas revenue à la vie pour m’offrir un second moment de pur plaisir… Raté ! Elisabeth est enceinte. Ainsi je vais avoir une descendance, conformément aux coutumes humaines j’affiche une exaltation non retenue, la prenant dans mes bras, l’embrassant avec fougue et passion et me précipitant auprès de son ventre pour le caresser et raconter des absurdités à son nombril.
Paris, 20 mars 1823
Je cours, c’était un piège, cette femme était un appât, heureusement que je ne l’ai pas honoré car elle ne mérite pas de faire parti de mon royaume cette traitresse. Quoiqu’il en soit, ils sont après moi, à partir d’aujourd’hui je vais devoir être plus prudent. Les mœurs humains sont vraiment étranges, ils n’ont aucun sens, toutes ces émotions qui les asservissent, c’est si… futile. Je pourrais être un guide pour eux, je pourrais être leur prophète s’ils étaient plus ouverts, mais ils ne me méritent pas, qu’ils restent leurs propres esclaves, c’est tout ce qu’ils méritent… J’arrête de courrir, ici je suis en sécurité, j’ai rejoint le flot des marcheurs nocturnes et nul n’a vu mon visage là bas, cette nuit je m’endormirais sans avoir assouvi ma faim.
Paris, 10 juin 1829
Je regarde ma femme et mes trois filles, Judith 5 ans, Gertrude 3 ans et Lise 2 ans. Je leur annonce qu’on va déménager, je vais avoir ma propre forge à Lyon, je gagnerais au moins deux fois plus, c’est une très bonne nouvelle. Je commencerais lundi prochain, je pars après demain à Lyon et elles me rejoindront dans le mois. Elisabeth à l’air incertaine, elle ne veut pas quitter cette ville, la peur de l’inconnu, typiquement humain. Néanmoins, elle fini par accepter cette idée car « c’est ce qu’il y a de mieux pour les filles après tout », ce sont ses mots. On mange un délicieux repas pour fêter l’évènement, puis après qu’elles soient toutes endormies je m’éclipse. Pour moi il est temps de fêter cet évènement d’une façon autrement plus appréciable, femmes parisiennes ce soir je vous offre une dernière danse.
Lyon, 13 juin 1829
Je vais devoir changer de mode opératoire, la baisse des disparitions sur Paris sera vite remarquée par tous ces enquêteurs qui sont après moi, je ne dois pas seulement changer de façon de faire mais imiter l’un de ces profanes qu’on pourchasse dans la région. Je parcours le journal local, ces temps ci un violeur sévi en ville, il laisse les cadavres derrière lui, c’est mieux que rien, même si laisser des indices me déplaît.
Lyon, 14 juillet 1829
Je l’ai prit en filature depuis une trentaine de minutes, il est étrange de voir comme il m’a été facile de le trouver alors que la police peine dans son enquête, ce doit être l’instinct de tueur qui m’anime. Je m’impreigne de ces gestes, de ces habitudes, la voilà, il l’a repérée, sa prochaine victime, il a plutôt bon goût. Il s’approche par derrière, je devine une seringue dans sa main droite gantée, d’un geste vif il lui administre son produit dans le cou, elle perd connaissance, astucieux. Il l’emmène dans une ruelle sombre, il la baîllone puis attend. Elle reprend connaissance, je peux voir dans ses yeux la panique, elle essaie de crier mais je n’entend qu’un vague bruit étouffé, l’homme passe à l’acte, je le regarde faire, est-ce que j’ai l’air si sauvage quand je m’offre à ces femmes ? Elle est parfaitement consciente de ce qu’il lui arrive, je trouve ça excitant, voir sa peur et sa souffrance alors que lui n’est que plaisir, c’est magnifique, j’ai une érection. Voilà, c’est fini, il la regarde en souriant, elle pleure, il commence à l’étrangler, un bon point pour lui, doucement elle s’éteint, c’est fini pour elle. Il lui remet ses vêtements, l’étend sur le dos les bras le long du corps puis retouche sa coiffure, étrange rituel. Je m’approche discrètement et tandis qu’il se redresse je lui assène un violent coup sur le crâne à l’aide de l’un de mes marteaux de forgeron, il s’écroule sonné, je le refrappe, du sang jailli, je frappe encore, puis encore, pendant que je m’acharne sur son crâne je lui parle, « Elles sont à moi ! » quand enfin je suis sur qu’il est mort, j’arrête de frapper, je regarde son cadavre, bon anniversaire Dragan, les affaires reprennent.
L’âge de l’inévitable
Lyon, 14 juillet 1840
Je rentre tôt aujourd’hui, même au cœur de l’été j’ai rarement le soleil comme compagnon au retour de ma forge. Elisabeth et les filles sont parties à Paris pour quelques jours retrouver sa famille. Ces périodes de paix sont de précieux moments, propices à tous mes vices, j’aimerais en bénéficier plus souvent. Je trouve une enveloppe dans la boîte au lettre : « Joyeux anniversaire papa, on t’embrasse fort, grand-mère nous a acheté des robes toutes neuves, on a vu l’arc de triomphe de l’étoile, c’est vraiment magnifique, on t’aime fort fort fort, plein de bisous papa. », c’est l’écriture de Judith, un dessin accompagne le mot, un homme en train de forger une roue à la lumière d’un soleil au centre duquel brûle le nombre 51, c’est un très beau travail de Lise, elle a un don pour le dessin.
Je l’avais oublié, mais j’ai 51 ans aujourd’hui, c’est une très bonne occasion pour m’offrir un met de choix, de quoi apaiser mon insatiable appétit. Je partirais à la nuit tombée arpenter les rues lyonnaises à la recherche de celle qui aura l’honneur de recevoir une place dans mon assemblé. Un léger repas, et me voilà assit dehors à regarder le soleil décliner lentement sous l’horizon, j’ai déjà vu ma femme s’extasier devant un coucher de soleil, je cherche à comprendre, mais je n’arrive pas à toucher à cette sensation, ça me dépasse. Le soleil a complètement disparu, je l’ai fixé du regard jusqu’au bout et la seule conséquence résulte en un éblouissement qui s’amenuise lentement. La lumière dans le ciel commence à s’atténuer pour laisser lentement la place à la nuit, mon alliée la plus fidèle, silencieuse observatrice de mon œuvre sainte. Je suis une goutte d’eau sacrée qui purifie ce monde afin de le rendre meilleur, la main qui dirige mes actes est un instrument salvateur, je suis un brasier qui consume les infidèles et réchauffe les cœurs purs, j’accueille sans retenu mes élues, elles font parties de moi et je serais éternellement en elles. J’émerge de mes songes, un voile de ténèbres a recouvert la voûte céleste, une myriade d’étoiles scintillent dans le ciel, il est temps de partir en quête de la prochaine, étrange curiosité que le hasard des nombres, pour mes 51 ans je vais accueillir ma 510ème élue…
Elle est parfaite, jamais je n’aurais pu rêver plus belle offrande, depuis Lise jamais femme ne m’a autant plu, elle sera un chef d’œuvre, non, mieux que ça, car elle est encore plus appétissante que Lise, je suis comblé. Je la suis dans la nuit chaude et lourde de l’été, elle porte une robe blanche en lin qui laisse deviner tout son corps, elle ne porte rien dessous. Tous les regards se tournent sur son passage, quand je l’observe je n’ai qu’un désir, la saisir ici devant tous, la mettre au sol et lui enfoncer ma verge dans sa fleur en lui serrant le cou de toutes mes forces, qu’importent les témoins, qu’importent les conséquences, elle est à moi, rien au monde ne pourra se tenir entre elle et moi ; je viens de réaliser, je lui ai attrapé le bras, je le sers fort, quelques personnes intriguées regardent la scène, que m’arrive t’il ? Comment moi puis-je perdre le contrôle. Elle me regarde droit dans les yeux, je me sens comme transpercé, je la tire à moi et elle s’élance dans mes bras, sans réfléchir je la reçois avec une grâce qui m’est habituellement étrangère, je fais glisser un bout de sa robe sur le côté. Ce sein… Il est si parfait, si majestueux, je l’embrasse, je lui mord le têton doucement, pendant une fraction de seconde je revois ce sein à la forme parfaite dégoulinant d’un sang chaud et délicieux, c’est terriblement excitant. Je la regarde, elle sourie, elle s’offre à moi pleinement, elle est venue pour ça, je le vois dans son regard, elle sait tout de moi et pourtant elle me désire, c’est une déesse, je l’ai attendu toute ma vie. Dans la rue les badauds s’arrêtent comme hypnotisés par la scène, je vois le désir dans le regard de tous ces hommes, je peux sentir la jalousie qui les anime, c’est comme une bourrasque de vent en pleine tempête qui voudrait vous renverser, mais je tiens bon, je souris à pleines dents, elle aussi, un instant j’ai cru voir ses canines pousser… j’ai mal vu. Pour elle je ne pourrais tolérer une moindre paillasse, il lui faut une couche majestueuse, à la hauteur de sa divinité, son sacrifice est l’acte ultime, je la mène dans l’hôtel le plus luxueux de toute la ville, les humains sur notre passage se prosternent devant nous, le monde est à genoux devant ma grandeur, enfin ils me reconnaissent, enfin ils m’adorent, enfin je vais pouvoir les guider, cette nuit sera connu comme la nuit ou Dragan prit la tête du genre humain pour les mener sur les sentiers interdits de la vérité.
Nous sommes dans la chambre, à sept pas de moi se tient debout la femme enfant, incarnation de la perfection, ma divinité, ma révélation. Elle me regarde, je suis complètement envoûté, quel pouvoir ! Elle laisse sa robe glisser le long de son corps, ce moment est comme suspendu dans le temps, je goûte du regard chaque pore de sa peau, à chaque millième de seconde ce que je découvre est une véritable source de plaisir, elle est délicieuse… parfaite ! Elle recule avec grâce et se laisse couler sur les draps de satins de la couche nuptiale, l’autel sacrificiel qui n’attendait qu’elle… et moi. Je laisse tomber mes vêtements, je suis Adam, elle est Eve, nous sommes à l’aube d’un monde nouveau. Je m’avance, elle accueille ma plus belle érection en écartant ses cuisses de la manière la plus obscène qui soit. Je la pénètre avec toute la bestialité qui sommeil en moi et la baise sauvagement, je suis une bête, et elle… Elle est ma boîte de Pandore… Que j’ouvre sans retenu, je l’explore dans les moindres recoins, elle hurle son plaisir avec sauvagerie, cet acte n’a plus rien d’humain, c’est divin, jamais homme n’a connu ça, je suis l’Elu !!! J’explose de plaisir dans son sanctuaire et elle redouble de puissance dans ses hurlements, je l’entends crier dans ma tête, elle nous retourne, elle me domine, son corps parfait danse sur ma verge, je continu de jouir, ça ne veut plus s’arrêter, oui ma déesse, oui je suis à toi, va y tue moi, je serais le 510ème, ça a toujours été moi, je t’ai toujours attendu. Je la regarde droit dans les yeux, elle me fixe avec un sourire carnassier, je les vois, je vois ses crocs, je vois sa langue palpiter, ses papilles frémirent, « VAS Y PRENDS MOI !!!! » Et elle se jette sur moi, je sens ses crocs transpercer la chair de mon cou, et là je perds tout contrôle, mon esprit s’échappe de la réalité pour atteindre le nirvana, mon corps continue de jouir, mais à côté de ce qui se passe là haut… C’est indescriptible, milles déesses ne suffiraient pas à soulever la comparaison, c’est… plus que divin. Il fait noir, le plaisir s’échappe par tous les pores de ma peau, la vie m’abandonne, il ne reste rien de moi, mon esprit supplie : « Ô déesse, pourquoi m’as-tu abandonnée ? », elle m’a entendu, je sens son souffle glacé prêt de mon oreille : « Je suis là mon enfant, je ne t’ai jamais abandonné. Après mon corps, voici mon sang. Si tu veux vivre… Bois ! » Je sens un liquide chaud glisser sur ma langue, c’est délicieux, sublime, tout mon corps réagi à l’unisson, je la saisi avec poigne et je commence à boire son sang… ma vie ! Un flot ininterrompu d’hémoglobine s’écoule de son clitoris, je l’entends gémir, mes sens plus éveillés que jamais captent toutes les vibrations de son corps, elle aime ça, elle aime que je lui dévore sa vulve en me nourrissant d’elle, et elle m’éjacule un litre de sang au visage dans un dernier hurlement. Alors que mon corps commence a être parcouru de spasmes, ma tête tombe sur le côté, et je peux voir dans cette immense miroir mon visage couvert de sang et elle sur moi, toujours aussi belle, en train de rire et de me sourire, les crocs dehors, deux minces filets de sang séché aux plis des joues, après quoi… Tout n’est que souffrance !
Je reviens à moi. Un million de choses sont en train de changer à l’intérieur de mon corps. Je me redresse, je suis nu, seul et le visage couvert de sang coagulé. Assis sur le rebord du lit je m’observe dans le miroir, mon regard est devenu si… précis. Je peux discerner sans effort tous les infimes changements que cette transformation a apportée à mon physique, je suis toujours un homme dans la force de l’âge, mais subtilement amélioré, je suis plus séduisant. On frappe trois coups à la porte, une jeune femme entre en poussant un chariot, « Le repas que vous avez commandez. » Elle ne m’a pas encore vu… Enfin elle lève les yeux sur moi, je vois de la frayeur dans ses yeux, c’est vrai, je suis nu et j’ai du sang plein le visage, elle s’excuse et commence à reculer vers l’entrée de la chambre. Sans même y réfléchir je suis devant elle en un instant, j’ai déjà fermé a porte, elle a un mouvement de recul et s’apprête à crier, trop tard… pour elle, car je lui ai déjà plaqué une main sur la bouche et je la tiens fermement contre moi. Si prêt de son visage je peux sentir les effluves de son parfum mélangées aux phéromones de terreur qui emplissent l’atmosphère en s’échappant des gouttes de sueurs qui perlent partout sur son visage. La pauvre fille a une chair de poule sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Un petit détail attire mon attention, une veine qui palpite au rythme des battements de son cœur paniqué, je me souviens de sa phrase en entrant dans la chambre, « Le repas que vous avez commandez. » Oui, le repas est servi ! Je sens mes crocs pousser, j’ouvre la gueule en grand, la plaque contre le mur, me délecte de la terreur dans son regard et croque son cou avec violence, immédiatement un jet de sang chaud et suave est propulsé au fond de ma gorge, c’est un délice. Lentement je me nourris, je sens tout mon corps se régénérer, tout doucement des changements s’opèrent dans mon cerveau, des sensations étranges m’assaillent, les visages terrorisés de mes victimes m’apparaissent par flashs, ça me met mal à l’aise, elles sont de plus en plus nombreuses, c’est un véritable déluge d’émotions, je me sens mal, c’est terrifiant, et là je le vois, ce visage, cette femme rousse… « Je suis ta mère… » dans un accès de panique je repousse violemment la jeune femme, une immense douleur m’envahit, je suis prit de soubresauts que je ne comprends pas, et je les sens, des larmes, des vrais larmes de tristesses, je m’approche du corps de la jeune femme… elle est morte, je la sers contre moi et je pleure, un flot ininterrompu de larmes s’échappent de mon être, 51 années de larmes que je n’ai jamais versées, je redresse mon visage pour me regarder une fois de plus dans ce miroir et ce que j’y vois me terrifie, une expression abattue, plus aucune volonté de vivre dans mon regard, je croule littéralement sous le poids de mes monstruosités, je ne suis plus qu’un amas de chair morte animé par un unique et terrible sentiment : la culpabilité. En retrait dans le miroir, je la vois, elle s’est rhabillée, toujours aussi magnifique, mais sa beauté semble fanée à la lumière de ce qui m’arrive, elle me regarde avec une petite moue moitié triste, moitié amusé. Elle prend la parole : « Appelle moi Lilith, je serais là pour te guider… pendant un temps tout au moins, après tu seras libre de faire ce qu’il te plaît. » Elle s’approche de moi et me détache du corps de ma 510ème victime. « Allé viens, il est temps de partir. »
7/28/2010
Procès
Le procès approche, cette nuit, ils sont venu nous chercher.
Bien que la tension soit palpable, le trajet se passe sans histoire.
Nos gardes ne nous laissent de toute façon pas l’opportunité d’en créer.
Nous finissons ainsi par arriver dans un château perdu au milieu de la Foret Noire, le Neuschwanstein, la demeure du Prince qui hébergera ce procès.
Nous rencontrons un autre fils d’Abel, Dragan accompagné de ses deux molosses, lui aussi sera jugé lors du procès, jugé pour le meurtre du Prince d’Oslo.
Nous sommes conduit à notre chambre, Juliette nous explique les règles, en gros, nous devons être sage, pas faire de vagues et nous en remettre à la sagesse de nos juges…
Les vampires ont beaucoup d’humour.
Il nous reste quelques heures avant le jour, Lisbeth, Dragan et moi allons donc visiter un peu ce château.
Séraphine aussi visite le château, mais à sa façon, en courant et criant dans les couloirs. Edgar lui joue à la tortue dans son cercueil.
Sacré équipe…
Au détour d’un couloir, une porte, une odeur de fleurs séchées…
Angélique est là…
je ne veux pas la voir, je continue mon chemin mais mon trouble ne lui est pas passé inaperçu…
comment lui expliquer, comment lui dire…
Plus loin, un groupe de vampires, nous échangeons quelques mots.
Nous sommes l’attraction du moment, qui sera exécuté ?
Qui sera sauf ?
Voila les sujets de discussions et de paris du moment.
Puis la torpeur, peut être la dernière…
L’heure de notre procès a sonné, nous y sommes conduit et prenons place à côté de nos Sires, face à nous Raven.
Les juges nous imposent le silence puis entrent, 6 juges, Angélique en fait parti. Raven commence par exposer sa version, pauvre chose, nous 4 vampires et une poignée de loups lui avons fait la misère…
Ensuite Edgar raconte sa version…
Puis vient mon tour…J’explique ma façon de voir les choses ; à quoi bon…nous nous sommes battu aux côtés des loups contre des vampires…
Nous sommes des traitres à notre race.
Quand je vois les représentants de notre race, je prends cela comme un compliment.
Angélique profite de son lien sur moi pour savoir ce que j’essaie de cacher, et finira par m’empêcher de m‘enfoncer plus.
Lisbeth ensuite, son amitié pour des loups sera son crime…
Ces vampires qui nous jugent vivent depuis trop longtemps, ils sont trop loin de l’humain pour comprendre…
il faudrait que quelqu’un les élimine…
Séraphine raconte sa version…
Elle appelle Raven « grosse crevette »…
Un pur moment de bonheur.
Enfin Dragan apporte grâce à ses molosses la preuve que Raven a tué le prince d’Oslo.
Nos Sires se défendent comme de bons vampires…
Les délibérations commencent…
Le Jugement est rendu :
Raven est condamné à mort
Et chacun d’entre nous passera un mois au service d’un des Juges à partir de Septembre.
Je serai au service d’Angélique.
Nos peines sont plutôt légères compte tenu de ce qui nous est reproché, je ne vais pas m’en plaindre.
La torpeur de nouveau.
Ce soir, il y a une fête, et nous devons nous y présenter, pas moyen de l’esquiver. Lisbeth me trouve une tenue adéquate.
Et c’est ainsi que Séraphine, Edgar, Lisbeth et moi nous nous rendons à la fête.
Edgar et Lisbeth vont présenter leurs respects aux juges, puis Lisbeth va se mettre en chasse.
Astrée est là, à mon bras, nous dansons.
J’oublie pendant quelques heures tout ce qui nous sépare.
Pendant quelques heures je redeviens ce jeune homme naïf et stupide et elle cette mystérieuse inconnue dont j’étais tombé amoureux.
Nous montons ensuite dans sa chambre, et pendant quelques heures nous executons une autre danse.
Une danse intime, sensuelle.
Nous explorons le corps de l’autre, nos corps fusionnent et nos esprits se perdent dans les vagues de plaisirs qui nous assaillent.
L’explosion de jouissance libératrice nous terrasse et nous sombrons encore enlacé dans une semi inconscience….
La torpeur…
Nous n’échangeons pas un mot au sujet de cette nuit.
Que pense t elle de moi ? Qui suis-je pour elle ?
Ces questions devront attendre, pour l’instant nous devons partir.
Une voiture est mise à notre disposition et nous filant a travers la forêt.
Quelques km à peine et le regard alarmé d’Astrée me fait réagir.
« Sautez de la voiture », nous nous éjectons de cette voiture, seuls Astrée et Lauric restent…quelques mètres encore et c’est
l’explosion…
Un piège ?
Astrée dans la voiture en flammes…. Je me change en loup pour tenter de repérer nos ennemis, ils ne sont pas loin, je le sais mais impossible de les repérer, la fumée acre de l’incendie couvre leurs odeurs.
Tout d’un coup ils sont là, le premier retient Lisbeth, je me jette sur lui mais un nouveau venu m’intercepte…
Qu’importe je me jette à nouveau sur celui qui immobilise Lisbeth pour lui faire lâcher prise et engage le combat.
Les questions vont disparaitre, tout va redevenir limpide, plus d’hésitation…
Parfois j’aimerais que le combat ne cesse jamais…
Mes coups sont faibles, je mets trop de temps à le tuer, je n’arrive pas à me concentrer sur ce combat…
je me fais honte.
Alors que j’essaie paresseusement de l’achever un loup bondit sur moi, un autre loup, Astrée, l’intercepte et le met en pièce…
je vois son regard amusé et quelque peu moqueur… »alors petit chiot, on a du mal » me disent ses yeux…
Finalement je parviens à arracher la tête de mon adversaire. A travers la brume sanglante qui sort encore du corps de mon ennemi je vois Astrée bondir sur le suivant, le taillade….
et se faire abattre d’une balle par son compagnon.
Astrée à terre…
je n’ai jamais vu cela…
Elle semble morte…
Ce n’est pas possible, pas elle…
ON NE TOUCHE PAS A MA SIRE
La bête arrive, elle chevauche la vague de rage qui s’empare de moi…
Je l’accueille avec plaisir comme un vieil ami, je ne lutte pas contre cette fureur, je la dirige, j’emploie l’étincelle de raison qu’il me reste pour orienter la bête vers l’origine de mon courroux…
Une lame me perce les côtes, une fois…
Je me jette sur l’assassin d’Astrée…
Une lame me perce les côtes une seconde fois…
ARRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR
Je lui écrase la tête de mes mains, son cerveau réduit à l’état de pulpe rose jaillit de son crâne brisé, mon ennemi à terre, je me calme et reprend un semblant de contrôle.
Le dernier ennemi visible est achevé.
J’apporte du sang à Astrée, ses blessures se referment mais elle reste inconsciente.
Les corps sont brûlés.
Il nous faut nous cacher, trouver un endroit pour le jour… Je trouve un vieux bunker qui pourrait faire l’affaire, Edgar lui trouve un lâche qui s’enfuit, nous apprendrons que c’est Octave un des juges qui semblait amical qui est à l’origine de ce traquenard.
Sur le chemin du bunker, cet abruti de Lloric éclate tous les arbres qui lui passent sous la main, sans doute afin d’aider nos ennemis à retrouver notre piste….
J’essaie de lui expliquer…
rien à faire il s’énerve et m’envoie Osario. Il est encore plus con que le précédent mais au moins comprend l’idée de ne pas laisser une piste grosse comme une autoroute derrière nous.
Torpeur…
Il faut nous nourrir, mais pour éviter les problèmes nous décidons de sortir des terres de Ludwig qui ne nous a pas accordé le droit de se nourrir.
Osario lui, ne l’entend pas ainsi, il va mettre le premier village à feu et à sang et décimer sa population.
Je le hais pourtant j’apprends qu’en fait il a été sacrifié par Howard, sacrifié à notre cause afin de faire croire aux autres vampires que nous aussi, les fils d’Abel, sommes des fous sanguinaires comme n’importe quel autre vampire.
L’un des seuls fils d’Abel qui a été poussé à devenir un monstre. Osario me fait pitié en fin de compte…
Le village suivant, hors des terres de Ludwig, nous nous nourrissons, Astrée se réveille et retourne chercher Osario.
Nous l’attendrons ici quelques nuits. Une fois tous réunis, nous parlons de la suite…
Il sera décidé de partir en antarctique, à la recherche d’Howard.
Première étape : l’Islande pour trouver de l’équipement chez une des connaissance d’un de nos Sires.
Bien que la tension soit palpable, le trajet se passe sans histoire.
Nos gardes ne nous laissent de toute façon pas l’opportunité d’en créer.
Nous finissons ainsi par arriver dans un château perdu au milieu de la Foret Noire, le Neuschwanstein, la demeure du Prince qui hébergera ce procès.
Nous rencontrons un autre fils d’Abel, Dragan accompagné de ses deux molosses, lui aussi sera jugé lors du procès, jugé pour le meurtre du Prince d’Oslo.
Nous sommes conduit à notre chambre, Juliette nous explique les règles, en gros, nous devons être sage, pas faire de vagues et nous en remettre à la sagesse de nos juges…
Les vampires ont beaucoup d’humour.
Il nous reste quelques heures avant le jour, Lisbeth, Dragan et moi allons donc visiter un peu ce château.
Séraphine aussi visite le château, mais à sa façon, en courant et criant dans les couloirs. Edgar lui joue à la tortue dans son cercueil.
Sacré équipe…
Au détour d’un couloir, une porte, une odeur de fleurs séchées…
Angélique est là…
je ne veux pas la voir, je continue mon chemin mais mon trouble ne lui est pas passé inaperçu…
comment lui expliquer, comment lui dire…
Plus loin, un groupe de vampires, nous échangeons quelques mots.
Nous sommes l’attraction du moment, qui sera exécuté ?
Qui sera sauf ?
Voila les sujets de discussions et de paris du moment.
Puis la torpeur, peut être la dernière…
L’heure de notre procès a sonné, nous y sommes conduit et prenons place à côté de nos Sires, face à nous Raven.
Les juges nous imposent le silence puis entrent, 6 juges, Angélique en fait parti. Raven commence par exposer sa version, pauvre chose, nous 4 vampires et une poignée de loups lui avons fait la misère…
Ensuite Edgar raconte sa version…
Puis vient mon tour…J’explique ma façon de voir les choses ; à quoi bon…nous nous sommes battu aux côtés des loups contre des vampires…
Nous sommes des traitres à notre race.
Quand je vois les représentants de notre race, je prends cela comme un compliment.
Angélique profite de son lien sur moi pour savoir ce que j’essaie de cacher, et finira par m’empêcher de m‘enfoncer plus.
Lisbeth ensuite, son amitié pour des loups sera son crime…
Ces vampires qui nous jugent vivent depuis trop longtemps, ils sont trop loin de l’humain pour comprendre…
il faudrait que quelqu’un les élimine…
Séraphine raconte sa version…
Elle appelle Raven « grosse crevette »…
Un pur moment de bonheur.
Enfin Dragan apporte grâce à ses molosses la preuve que Raven a tué le prince d’Oslo.
Nos Sires se défendent comme de bons vampires…
Les délibérations commencent…
Le Jugement est rendu :
Raven est condamné à mort
Et chacun d’entre nous passera un mois au service d’un des Juges à partir de Septembre.
Je serai au service d’Angélique.
Nos peines sont plutôt légères compte tenu de ce qui nous est reproché, je ne vais pas m’en plaindre.
La torpeur de nouveau.
Ce soir, il y a une fête, et nous devons nous y présenter, pas moyen de l’esquiver. Lisbeth me trouve une tenue adéquate.
Et c’est ainsi que Séraphine, Edgar, Lisbeth et moi nous nous rendons à la fête.
Edgar et Lisbeth vont présenter leurs respects aux juges, puis Lisbeth va se mettre en chasse.
Astrée est là, à mon bras, nous dansons.
J’oublie pendant quelques heures tout ce qui nous sépare.
Pendant quelques heures je redeviens ce jeune homme naïf et stupide et elle cette mystérieuse inconnue dont j’étais tombé amoureux.
Nous montons ensuite dans sa chambre, et pendant quelques heures nous executons une autre danse.
Une danse intime, sensuelle.
Nous explorons le corps de l’autre, nos corps fusionnent et nos esprits se perdent dans les vagues de plaisirs qui nous assaillent.
L’explosion de jouissance libératrice nous terrasse et nous sombrons encore enlacé dans une semi inconscience….
La torpeur…
Nous n’échangeons pas un mot au sujet de cette nuit.
Que pense t elle de moi ? Qui suis-je pour elle ?
Ces questions devront attendre, pour l’instant nous devons partir.
Une voiture est mise à notre disposition et nous filant a travers la forêt.
Quelques km à peine et le regard alarmé d’Astrée me fait réagir.
« Sautez de la voiture », nous nous éjectons de cette voiture, seuls Astrée et Lauric restent…quelques mètres encore et c’est
l’explosion…
Un piège ?
Astrée dans la voiture en flammes…. Je me change en loup pour tenter de repérer nos ennemis, ils ne sont pas loin, je le sais mais impossible de les repérer, la fumée acre de l’incendie couvre leurs odeurs.
Tout d’un coup ils sont là, le premier retient Lisbeth, je me jette sur lui mais un nouveau venu m’intercepte…
Qu’importe je me jette à nouveau sur celui qui immobilise Lisbeth pour lui faire lâcher prise et engage le combat.
Les questions vont disparaitre, tout va redevenir limpide, plus d’hésitation…
Parfois j’aimerais que le combat ne cesse jamais…
Mes coups sont faibles, je mets trop de temps à le tuer, je n’arrive pas à me concentrer sur ce combat…
je me fais honte.
Alors que j’essaie paresseusement de l’achever un loup bondit sur moi, un autre loup, Astrée, l’intercepte et le met en pièce…
je vois son regard amusé et quelque peu moqueur… »alors petit chiot, on a du mal » me disent ses yeux…
Finalement je parviens à arracher la tête de mon adversaire. A travers la brume sanglante qui sort encore du corps de mon ennemi je vois Astrée bondir sur le suivant, le taillade….
et se faire abattre d’une balle par son compagnon.
Astrée à terre…
je n’ai jamais vu cela…
Elle semble morte…
Ce n’est pas possible, pas elle…
La bête arrive, elle chevauche la vague de rage qui s’empare de moi…
Je l’accueille avec plaisir comme un vieil ami, je ne lutte pas contre cette fureur, je la dirige, j’emploie l’étincelle de raison qu’il me reste pour orienter la bête vers l’origine de mon courroux…
Une lame me perce les côtes, une fois…
Je me jette sur l’assassin d’Astrée…
Une lame me perce les côtes une seconde fois…
Je lui écrase la tête de mes mains, son cerveau réduit à l’état de pulpe rose jaillit de son crâne brisé, mon ennemi à terre, je me calme et reprend un semblant de contrôle.
Le dernier ennemi visible est achevé.
J’apporte du sang à Astrée, ses blessures se referment mais elle reste inconsciente.
Les corps sont brûlés.
Il nous faut nous cacher, trouver un endroit pour le jour… Je trouve un vieux bunker qui pourrait faire l’affaire, Edgar lui trouve un lâche qui s’enfuit, nous apprendrons que c’est Octave un des juges qui semblait amical qui est à l’origine de ce traquenard.
Sur le chemin du bunker, cet abruti de Lloric éclate tous les arbres qui lui passent sous la main, sans doute afin d’aider nos ennemis à retrouver notre piste….
J’essaie de lui expliquer…
rien à faire il s’énerve et m’envoie Osario. Il est encore plus con que le précédent mais au moins comprend l’idée de ne pas laisser une piste grosse comme une autoroute derrière nous.
Torpeur…
Il faut nous nourrir, mais pour éviter les problèmes nous décidons de sortir des terres de Ludwig qui ne nous a pas accordé le droit de se nourrir.
Osario lui, ne l’entend pas ainsi, il va mettre le premier village à feu et à sang et décimer sa population.
Je le hais pourtant j’apprends qu’en fait il a été sacrifié par Howard, sacrifié à notre cause afin de faire croire aux autres vampires que nous aussi, les fils d’Abel, sommes des fous sanguinaires comme n’importe quel autre vampire.
L’un des seuls fils d’Abel qui a été poussé à devenir un monstre. Osario me fait pitié en fin de compte…
Le village suivant, hors des terres de Ludwig, nous nous nourrissons, Astrée se réveille et retourne chercher Osario.
Nous l’attendrons ici quelques nuits. Une fois tous réunis, nous parlons de la suite…
Il sera décidé de partir en antarctique, à la recherche d’Howard.
Première étape : l’Islande pour trouver de l’équipement chez une des connaissance d’un de nos Sires.
7/21/2010
Nuit meurtrière / L'attaque de Stockholm
Cette maison, la maison de mes parents, le seul lieu où je me sente réellement chez moi…
Elle n’a pas bougé, hormis les cercueils qui se sont glissés ça et là…et les vampires qui vont avec…
Parfois j’ai presque l’impression de me revoir enfant, je vois mes sœurs courir à travers le salon…comme un mirage…
Ma mère est là elle aussi, assise au coin du feu, le sourire aux lèvres…l’air juste heureuse…
Je ne me suis jamais réellement demandé ce qu’ils avaient tous pu ressentir à ma disparition, cela était trop douloureux de penser à eux…
Ont-ils eu de la peine ? Ont-ils pleurés ? Peu être n’ont-ils jamais fait leur deuil…ou peut être m’ont-ils vite oubliés…J’aimerais savoir…
Savoir c’est parfois souffrir, mais souffrir c’est aussi ressentir…
Quel choix faire ?
Ne pas savoir, oublier, m’éloigner de l’humanité…
Ou savoir, savoir et souffrir…
Il semble que mon destin a déjà choisit pour moi, je souffre et souffrirai, c’est ainsi…
Le crépuscule s’échappe…réveillons-nous…
A mon réveil Dwayne est là, silencieux, calme…
Il faut que je me rende rapidement vers Joshua, cela à l’air grave, je me hâte...
Une quantité de loups se pressent devant le bâtiment qui leur sert de QG, j’arrive en même temps que mes compagnons. Mais que se passe-t-il ?
Les regards des loups sont observateurs, mélange d’inquiétude, de méfiance…
Depuis 12 ans jamais je n’ai vu cela, je sais que lorsque il y a un problème avec des vampires ils deviennent plus méfiants vis-à-vis de nous mais là rien de comparable…
Rentrons…
A l’intérieur, c’est pire encore, une multitude de loups (encore) s’affaire dans tous les sens, ils semblent paniqués…
Je m’approche du bureau de Joshua et entre accompagnée de mes amis.
Tous les sires sont là, eux aussi semblent pensifs et inquiets…
Comment est ce possible ? Ce que j’apprends m’affole…
Raven est en marche pour Stockholm mais il ne vient pas seul cette fois, 100 membres de la Rosa Sanguis l’accompagne…Il semble vouloir reprendre Stockholm, l’ôter aux loups…
Je ne peux le croire…Va-t-on m’enlever ça aussi ? Ma ville, mon berceau, le seul endroit au monde où je me sente bien, l’endroit qui héberge mes amis les loups…
Cela ne va pas se passer comme ça…
Le pire est à venir, le rituel je ne sais exactement pourquoi doit se dérouler ce soir et une grande partie des loups va devoir s’occuper de faire et de protéger celui-ci…
Il s’agit de la survie d’Howard, son âme s’enfonce un peu plus chaque seconde dans l’outre monde…
Comment ferons-nous ? 20 loups et 4 jeunes vampires contre une centaine des membres de la rosa Sanguis avec à leur tête Raven et ses sbires.
J’ai de l’espoir, c’est tout ce qu’il nous reste l’espoir…
De toute façon nous n’avons pas d’autre choix, si Raven ou l’un d’entre eux survie c’est vers nous que le conseil vampirique demandera justice…
Très vite les idées fusent, nous avons peu de temps ils sont à environ 25 km de là. Eric et moi sommes les plus surexcités, nous sommes surement plus attachés à Stockholm que les derniers arrivés…
Bombes, clous, piège dans l’outre monde, surveillance des égouts, surveillance à partir des toits, tout y passe. Rien ne sera laissé au hasard, nous ne pouvons pas nous le permettre…
Je propose de contacter de l’aide, mais nous n’avons pas beaucoup d’amis, peut être le Prince d’Oslo me dit on… Lloric va l’appeler, espérons qu’il vienne…
Une journée passe.
Nous sommes prêts, prêts à en découdre…
Pour ma part je me battrai jusqu’à la mort si cela permet de sauver stockholm des griffes de Raven…
La ville est calme, trop calme, les habitants croient qu’un risque bactériologique est dans l’air grâce aux loups…
L’adrénaline est palpable, la pluie tombe, nous restons là, imperturbables…
Ce soir nous nous battons pour une noble cause…
De vrais combattants vampires, des poches de sang d’un côté, un gilet en kevlar de l’autre…
Certains détails peuvent paraître ridicule mais peu importe nous avons mis toutes les chances de notre côté, quelque soit l’issue nous aurons fait tout notre possible…
Ils arrivent.
Elle avance au loin, calme, sûre d’elle, une lueur meurtrière dans le regard…
Mais soudain cette lueur change et devient rage. Séraphine est passée par là, c’est effrayant…
Puissant mais effrayant…
Enragée, furieuse elle se lance sur cette pauvre petite folle qu’est séraphine…
Eric l’intercepte, se jette à son cou…
S’en est déjà finit d’elle…
Le reste de la troupe fonce à corps perdu dans notre piège, cela fonctionne à merveille…
Coincés dans cette cage de verre invisible le sang de ces êtres surnaturels recouvre une paroi inexistante…
Cela est presque beau, on dirait des arabesques de sangs, flottants dans les airs…
Tu perds la tête Lisbeth…
Les bombes explosent de partout éclairant d’une lueur peu familière les rues de Stockholm, habillant ses murs de chair…
Il nous faut continuer le combat plus loin, des vampires ont étaient repérés…
Un de plus qui s’avance…
Mais avance t-il vers sa perte ou vers son triomphe ?
Il est l’infant de Raven, il correspond à sa description en tout cas…
Mon regard glisse et le détaille quand….je sombre…
Je suis une ombre dans le noir…me mêlant à la perfection avec mon environnement…
Suis-je libre ?
La liberté ne vaut rien si je dois errer seule dans les ténèbres…
Aidez moiiiiiiiiiiiii…..
J’émerge…
Je vois Eric et l’instant d’après il a disparu…
Le trou dans ma poitrine se referme doucement…
Que s’est-il passé ?
Le combat fait rage autour de moi…
Il faut que je reprenne mes esprits et vite…
Des pieux, malin, nous n’y avons pas pensé…
Nous ne ferons pas la même erreur la prochaine fois…
L’infant de Raven a été mis en pièce, son sire arrive vite, furieux…
Maintenant au moins il a une bonne raison de vouloir nous tuer…
Mais que fait le prince d’Oslo va-t-il venir ?
Son aide serait précieuse…
Malheureusement, une fois de plus je crains que nous ne puissions compter que sur nous…
Partout autour de moi le combat fait rage je fais de mon mieux…
Je vois Alors Eric tomber sous la domination de Raven…Il faut que j’intervienne…Eric pourrait nous blesser, nous tuer ou s’infliger lui-même des coups…
C’est ce qu’il a apparemment en tête, quel être abjecte, je vois mon ami qui se frappe…
J’essaie d’imposer mes décisions à notre ennemi, cela n’est pas simple mais au bout d’un moment j’y parviens…
Au moins il n’a plus d’emprise sur Eric c’est déjà ça.
Le combat continue de faire rage, de toute part des vampires et des loups tombent.
C’est la fin…
Raven a fuit une fois encore…
Eric dans un dernier effort se jette sur la dernière force en présence de Raven, leurs forces sont presque égales et tout deux tombe après s’être mutuellement frappés.
Que faire ?
Il faut que je lui coupe la tête, vite, vite, avant qu’elle ne puisse se soigner…
C’est fait !
Au loin je ne comprends pas trop ce que je vois, je dois mal voir, non, ce n’est pas possible…
Séraphine qui a de nombreuses poches de sang sur elle sonne à Eric son sang…
Elle est folle !
Ce que je craignais arrive rapidement…
Eric se réveille et se rends compte de ce qui viens de se passer…
Il l’a frappe, fort…
Petit être fragile physiquement il n’a pas de mal à la projeter loin. Mais alors qu’elle se relève je vois dans ses yeux de folie la porte qui s’ouvre à nouveau…Elle regarde Eric, furieuse…
Mon dieu, il faut que j’intervienne, il ne faut pas qu’elle exerce son pouvoir sur lui, ce serait terrible…
J’utilise mes propres pouvoir sur elle dans le but de la calmer, je lui parle douce, rassurante, charismatique, et difficilement j’arrive à l’apaiser.
Nous avons échappé au pire…
Je crains que l’entente cordiale ne soit plus de mise entre ces deux là…
Il faudra bien qu’ils l’acceptent cependant, comme moi j’ai accepté de pardonner…
La ville est à feu et à sang mais si calme de nouveau, la pluie tombe encore éteignant les dernières flammes comme pour nettoyer toute cette crasse.
Le vide en moi se fait plus pesant…
Joshua arrive gravement blessé, il porte dans ses bras Nikki inanimée…
Voyant ça je demande à Eric de les prendre sur son dos et de les amener le plus rapidement possible au bâtiment des loups pour que Dwayne les soigne.
Je pars devant, les détails s’effacent à mesure que ma vitesse augmente, il faut que je sauve Joshua…
L’immeuble est là, il n’a apparemment pas échappé au combat, tout est mort, je décide de passer par les escaliers…
J’arrive en haut sans encombres et pénètre à l’étage où se trouve le bureau de Joshua, ils sont là, les sires et quelques loups avec parmi eux Dwayne…
Je fonce vers lui et lui explique la situation, heureusement, Eric arrive peu de temps après et Dwayne commence à soigner Joshua…
Pour Nikki il est trop tard…
Je suis tellement triste…Joshua viens de perdre sa femme, l’amour de sa vie…
Je ne peux retenir mes larmes…
Le rituel a échoué et 80 % de la meute des loups a été tuée…
Cela n’aurai presque pas pu être pire…
Seul lot de consolation, Howard ne s’enfonce plus dans l’outre monde sa progression a été stoppée…
Stockholm est encore aux loups…Mais pour combien de temps, et à quel prix ?
Je suis submergée d’émotions, je ne peux pas le croire…
Tants sont morts pour la folie d’un seul…
Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, mais ce que je sais c’est que nous tuerons Raven et lui ferons payer tout ce qui nous a été enlevé par sa faute…Je le hais…
Je suis épuisée, anéantie, vide…
Les loups vont nettoyer la ville avant le levé du jour comme s’ils effaçaient ce cauchemar…
Si j’ai de la chance je vais me coucher et ne jamais me réveiller…
Essayons pour voir…
Cela n’a pas marché, je suis toujours là, et encore et toujours de plus en plus seule…
Je vais aller rendre hommage aux loups morts dans cette bataille, cela me rends malade, ils n’auraient pas du mourir pour des êtres tels que nous…
La cérémonie est magnifique, Dwayne touche les corps inanimés et l’âme de chacun s’envole sous la forme d’un petit papillon…
Il faut que je cesse de pleurer, je n’en ai pas le droit, je me sens si coupable…
Cela est pire quand je vois Joshua, il est si abattu…
A la fin de la cérémonie Lloric s’avance vers Joshua et lui parle, il les libère lui et sa meute de l’engagement qu’ils avaient envers Howard…
Je suis triste et heureuse à la fois…
Heureuse car je sais que la meute n’a que trop souffert à cause de nous, Joshua plus que tout autre…
Et triste, triste car ce soir je perds mes amis, plus rien ne les obligent à nous parler, ni même à nous voir maintenant…
Je me brise un peu plus…
Une femme s’avance, les yeux rouges, puissante, dure…
C’est un juge, un juge vampire…
Raven, ce rampant, nous a dénoncé, nous allons être jugés…
Jugés pour avoir tuer des vampires dont le Prince D’Oslo…Il est venu alors…
Jugés pour avoir combattu avec des loups contre des vampires venus sous la décision d’un conseil…
Les chefs d’accusation sont nombreux…
Je ne peux le croire…
Parfois je déteste être vampire…
Comment nous en sortirons nous, je l’ignore…
Je me battrai, non pas pour moi, mais pour les gens qui me restent et pour ceux qui ont donné leurs vies pour nous…Pour l’anéantissement de Raven aussi…
Il ne mérite pas moins qu’un châtiment et une souffrance éternelle…
Elle n’a pas bougé, hormis les cercueils qui se sont glissés ça et là…et les vampires qui vont avec…
Parfois j’ai presque l’impression de me revoir enfant, je vois mes sœurs courir à travers le salon…comme un mirage…
Ma mère est là elle aussi, assise au coin du feu, le sourire aux lèvres…l’air juste heureuse…
Je ne me suis jamais réellement demandé ce qu’ils avaient tous pu ressentir à ma disparition, cela était trop douloureux de penser à eux…
Ont-ils eu de la peine ? Ont-ils pleurés ? Peu être n’ont-ils jamais fait leur deuil…ou peut être m’ont-ils vite oubliés…J’aimerais savoir…
Savoir c’est parfois souffrir, mais souffrir c’est aussi ressentir…
Quel choix faire ?
Ne pas savoir, oublier, m’éloigner de l’humanité…
Ou savoir, savoir et souffrir…
Il semble que mon destin a déjà choisit pour moi, je souffre et souffrirai, c’est ainsi…
Le crépuscule s’échappe…réveillons-nous…
A mon réveil Dwayne est là, silencieux, calme…
Il faut que je me rende rapidement vers Joshua, cela à l’air grave, je me hâte...
Une quantité de loups se pressent devant le bâtiment qui leur sert de QG, j’arrive en même temps que mes compagnons. Mais que se passe-t-il ?
Les regards des loups sont observateurs, mélange d’inquiétude, de méfiance…
Depuis 12 ans jamais je n’ai vu cela, je sais que lorsque il y a un problème avec des vampires ils deviennent plus méfiants vis-à-vis de nous mais là rien de comparable…
Rentrons…
A l’intérieur, c’est pire encore, une multitude de loups (encore) s’affaire dans tous les sens, ils semblent paniqués…
Je m’approche du bureau de Joshua et entre accompagnée de mes amis.
Tous les sires sont là, eux aussi semblent pensifs et inquiets…
Comment est ce possible ? Ce que j’apprends m’affole…
Raven est en marche pour Stockholm mais il ne vient pas seul cette fois, 100 membres de la Rosa Sanguis l’accompagne…Il semble vouloir reprendre Stockholm, l’ôter aux loups…
Je ne peux le croire…Va-t-on m’enlever ça aussi ? Ma ville, mon berceau, le seul endroit au monde où je me sente bien, l’endroit qui héberge mes amis les loups…
Cela ne va pas se passer comme ça…
Le pire est à venir, le rituel je ne sais exactement pourquoi doit se dérouler ce soir et une grande partie des loups va devoir s’occuper de faire et de protéger celui-ci…
Il s’agit de la survie d’Howard, son âme s’enfonce un peu plus chaque seconde dans l’outre monde…
Comment ferons-nous ? 20 loups et 4 jeunes vampires contre une centaine des membres de la rosa Sanguis avec à leur tête Raven et ses sbires.
J’ai de l’espoir, c’est tout ce qu’il nous reste l’espoir…
De toute façon nous n’avons pas d’autre choix, si Raven ou l’un d’entre eux survie c’est vers nous que le conseil vampirique demandera justice…
Très vite les idées fusent, nous avons peu de temps ils sont à environ 25 km de là. Eric et moi sommes les plus surexcités, nous sommes surement plus attachés à Stockholm que les derniers arrivés…
Bombes, clous, piège dans l’outre monde, surveillance des égouts, surveillance à partir des toits, tout y passe. Rien ne sera laissé au hasard, nous ne pouvons pas nous le permettre…
Je propose de contacter de l’aide, mais nous n’avons pas beaucoup d’amis, peut être le Prince d’Oslo me dit on… Lloric va l’appeler, espérons qu’il vienne…
Une journée passe.
Nous sommes prêts, prêts à en découdre…
Pour ma part je me battrai jusqu’à la mort si cela permet de sauver stockholm des griffes de Raven…
La ville est calme, trop calme, les habitants croient qu’un risque bactériologique est dans l’air grâce aux loups…
L’adrénaline est palpable, la pluie tombe, nous restons là, imperturbables…
Ce soir nous nous battons pour une noble cause…
De vrais combattants vampires, des poches de sang d’un côté, un gilet en kevlar de l’autre…
Certains détails peuvent paraître ridicule mais peu importe nous avons mis toutes les chances de notre côté, quelque soit l’issue nous aurons fait tout notre possible…
Ils arrivent.
Elle avance au loin, calme, sûre d’elle, une lueur meurtrière dans le regard…
Mais soudain cette lueur change et devient rage. Séraphine est passée par là, c’est effrayant…
Puissant mais effrayant…
Enragée, furieuse elle se lance sur cette pauvre petite folle qu’est séraphine…
Eric l’intercepte, se jette à son cou…
S’en est déjà finit d’elle…
Le reste de la troupe fonce à corps perdu dans notre piège, cela fonctionne à merveille…
Coincés dans cette cage de verre invisible le sang de ces êtres surnaturels recouvre une paroi inexistante…
Cela est presque beau, on dirait des arabesques de sangs, flottants dans les airs…
Tu perds la tête Lisbeth…
Les bombes explosent de partout éclairant d’une lueur peu familière les rues de Stockholm, habillant ses murs de chair…
Il nous faut continuer le combat plus loin, des vampires ont étaient repérés…
Un de plus qui s’avance…
Mais avance t-il vers sa perte ou vers son triomphe ?
Il est l’infant de Raven, il correspond à sa description en tout cas…
Mon regard glisse et le détaille quand….je sombre…
Je suis une ombre dans le noir…me mêlant à la perfection avec mon environnement…
Suis-je libre ?
La liberté ne vaut rien si je dois errer seule dans les ténèbres…
Aidez moiiiiiiiiiiiii…..
J’émerge…
Je vois Eric et l’instant d’après il a disparu…
Le trou dans ma poitrine se referme doucement…
Que s’est-il passé ?
Le combat fait rage autour de moi…
Il faut que je reprenne mes esprits et vite…
Des pieux, malin, nous n’y avons pas pensé…
Nous ne ferons pas la même erreur la prochaine fois…
L’infant de Raven a été mis en pièce, son sire arrive vite, furieux…
Maintenant au moins il a une bonne raison de vouloir nous tuer…
Mais que fait le prince d’Oslo va-t-il venir ?
Son aide serait précieuse…
Malheureusement, une fois de plus je crains que nous ne puissions compter que sur nous…
Partout autour de moi le combat fait rage je fais de mon mieux…
Je vois Alors Eric tomber sous la domination de Raven…Il faut que j’intervienne…Eric pourrait nous blesser, nous tuer ou s’infliger lui-même des coups…
C’est ce qu’il a apparemment en tête, quel être abjecte, je vois mon ami qui se frappe…
J’essaie d’imposer mes décisions à notre ennemi, cela n’est pas simple mais au bout d’un moment j’y parviens…
Au moins il n’a plus d’emprise sur Eric c’est déjà ça.
Le combat continue de faire rage, de toute part des vampires et des loups tombent.
C’est la fin…
Raven a fuit une fois encore…
Eric dans un dernier effort se jette sur la dernière force en présence de Raven, leurs forces sont presque égales et tout deux tombe après s’être mutuellement frappés.
Que faire ?
Il faut que je lui coupe la tête, vite, vite, avant qu’elle ne puisse se soigner…
C’est fait !
Au loin je ne comprends pas trop ce que je vois, je dois mal voir, non, ce n’est pas possible…
Séraphine qui a de nombreuses poches de sang sur elle sonne à Eric son sang…
Elle est folle !
Ce que je craignais arrive rapidement…
Eric se réveille et se rends compte de ce qui viens de se passer…
Il l’a frappe, fort…
Petit être fragile physiquement il n’a pas de mal à la projeter loin. Mais alors qu’elle se relève je vois dans ses yeux de folie la porte qui s’ouvre à nouveau…Elle regarde Eric, furieuse…
Mon dieu, il faut que j’intervienne, il ne faut pas qu’elle exerce son pouvoir sur lui, ce serait terrible…
J’utilise mes propres pouvoir sur elle dans le but de la calmer, je lui parle douce, rassurante, charismatique, et difficilement j’arrive à l’apaiser.
Nous avons échappé au pire…
Je crains que l’entente cordiale ne soit plus de mise entre ces deux là…
Il faudra bien qu’ils l’acceptent cependant, comme moi j’ai accepté de pardonner…
La ville est à feu et à sang mais si calme de nouveau, la pluie tombe encore éteignant les dernières flammes comme pour nettoyer toute cette crasse.
Le vide en moi se fait plus pesant…
Joshua arrive gravement blessé, il porte dans ses bras Nikki inanimée…
Voyant ça je demande à Eric de les prendre sur son dos et de les amener le plus rapidement possible au bâtiment des loups pour que Dwayne les soigne.
Je pars devant, les détails s’effacent à mesure que ma vitesse augmente, il faut que je sauve Joshua…
L’immeuble est là, il n’a apparemment pas échappé au combat, tout est mort, je décide de passer par les escaliers…
J’arrive en haut sans encombres et pénètre à l’étage où se trouve le bureau de Joshua, ils sont là, les sires et quelques loups avec parmi eux Dwayne…
Je fonce vers lui et lui explique la situation, heureusement, Eric arrive peu de temps après et Dwayne commence à soigner Joshua…
Pour Nikki il est trop tard…
Je suis tellement triste…Joshua viens de perdre sa femme, l’amour de sa vie…
Je ne peux retenir mes larmes…
Le rituel a échoué et 80 % de la meute des loups a été tuée…
Cela n’aurai presque pas pu être pire…
Seul lot de consolation, Howard ne s’enfonce plus dans l’outre monde sa progression a été stoppée…
Stockholm est encore aux loups…Mais pour combien de temps, et à quel prix ?
Je suis submergée d’émotions, je ne peux pas le croire…
Tants sont morts pour la folie d’un seul…
Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, mais ce que je sais c’est que nous tuerons Raven et lui ferons payer tout ce qui nous a été enlevé par sa faute…Je le hais…
Je suis épuisée, anéantie, vide…
Les loups vont nettoyer la ville avant le levé du jour comme s’ils effaçaient ce cauchemar…
Si j’ai de la chance je vais me coucher et ne jamais me réveiller…
Essayons pour voir…
Cela n’a pas marché, je suis toujours là, et encore et toujours de plus en plus seule…
Je vais aller rendre hommage aux loups morts dans cette bataille, cela me rends malade, ils n’auraient pas du mourir pour des êtres tels que nous…
La cérémonie est magnifique, Dwayne touche les corps inanimés et l’âme de chacun s’envole sous la forme d’un petit papillon…
Il faut que je cesse de pleurer, je n’en ai pas le droit, je me sens si coupable…
Cela est pire quand je vois Joshua, il est si abattu…
A la fin de la cérémonie Lloric s’avance vers Joshua et lui parle, il les libère lui et sa meute de l’engagement qu’ils avaient envers Howard…
Je suis triste et heureuse à la fois…
Heureuse car je sais que la meute n’a que trop souffert à cause de nous, Joshua plus que tout autre…
Et triste, triste car ce soir je perds mes amis, plus rien ne les obligent à nous parler, ni même à nous voir maintenant…
Je me brise un peu plus…
Une femme s’avance, les yeux rouges, puissante, dure…
C’est un juge, un juge vampire…
Raven, ce rampant, nous a dénoncé, nous allons être jugés…
Jugés pour avoir tuer des vampires dont le Prince D’Oslo…Il est venu alors…
Jugés pour avoir combattu avec des loups contre des vampires venus sous la décision d’un conseil…
Les chefs d’accusation sont nombreux…
Je ne peux le croire…
Parfois je déteste être vampire…
Comment nous en sortirons nous, je l’ignore…
Je me battrai, non pas pour moi, mais pour les gens qui me restent et pour ceux qui ont donné leurs vies pour nous…Pour l’anéantissement de Raven aussi…
Il ne mérite pas moins qu’un châtiment et une souffrance éternelle…
Sur les traces de Christian...(St Malo / part 2)
Et voilà, encore une nuit, une nuit de plus…
Je ne sais pas trop ce qui m’anime depuis que j’ai perdu Christian…
Jamais je n’aurai pu m’imaginer vivre sans au moins espérer le voir, et pourtant j’y arrive.
Chaque jour qui passe est un peu moins difficile que le précédent…A quoi cela tient, je ne le sais pas…Mes amis surement, et Howard…Il est comme mon père, mais que se passera t-il quand nous l’aurons retrouvé ? Peut être que la maigre étincelle qui brille encore en moi s’éteindra à nouveau…J’ai besoin de l’amour, l’amour d’un ou d’une…Il ne faut pas que je sombre dans le néant…
Les plaisirs de la chair comble quelque peu ce vide mais mon cœur saigne de solitude, à quoi sert la non vie et l’immortalité si ce n’est pas pour aimer à en perdre la raison … ?
Les humains, oui certes ils m’aiment, je les aime, mais ils ne savent pas…Ils ne savent pas aimer comme moi, ils se lassent, ils veulent toujours de la nouveauté…La nouveauté, oui, pour la consommation, mais l’amour, le vrai, l’immortel, ça, ils ne l’auront jamais…
Je veux retrouver celui-ci, celui qui m’animait à la vue de mon si splendide créateur…
Est-il vraiment raisonnable pour un être comme moi de trop aimer ? Je suis déjà si attachée au personne que je côtoie…Ceci est une faiblesse, je le sais, mais peut on renier sa nature… ?
Et si je venais à les perdre eux aussi…Impossible…
Je venais à peine de m’éveiller de ma torpeur, nauséeuse, presque comme une humaine qui se réveille d’un cauchemar.
J’étais en proie à beaucoup de rêves, de pensées et de doutes lors de mes journées…
Heureusement la nuit je redevenais cet objet de manipulation et de plaisir…je redevenais ce que la non vie avait fait de moi…
Cesse de t’apitoyer, tu as du travail !
Je dois aller me nourrir et ce soir j’ai décidé de faire ça bien, de me laisser aller à mes envies et mes désirs, ne pas juste boire et baiser !
Je me suis oubliée, j’ai oublié qui j’étais, je suis différente mais je suis l’infante de Christian je ne dois pas agir comme une bête qui ne fait que consommer…
Nous avons le droit de chasser sur la plage, peut on rêver mieux ? Quel endroit romantique pour chasser, ce soir je veux un couple, je veux me repaître de leur amour, de leur sang, de leur corps…
Les voilà, ils sont si mignons, en les voyant j’ai comme un pincement au cœur, tant d’innocence…
Les embruns caresse mon visage, la lune est pleine, l’espace d’une minute je me sens presque…vivante…
Je m’assoie, leur parle, ils n’opposent pas tellement de résistance à mon charme, je leur propose de me faire visiter un peu la ville de nuit…
Après tout avant le dessert viennent l’entrée et le plat principal…
Nous marchons tous les trois dans la rue, leur vie est des plus banale, je ne sais pas trop si je les envie où si je les plains…Les deux en fait…
Nous nous retrouvons devant une vieille maison, celle où aurait vécu Chateaubriand…Tiens…Il va falloir que j’en touche deux mots à Eric, mais plus tard.
Je leur propose de m’inviter chez eux, ils ne refusent pas…
Il est amusant parfois de voir comme les gens n’ont plus aucune volonté face à moi…enfin cela va pour les mortels, pour les autres, cela est hélas moins facile…
Tiens, je vais parler théâtre, cela fait longtemps…Cela me rappellera le soir où j’ai rencontré Christian…Il aimait tant parler d’art, de ses sculptures, longtemps j’ai jalousé toutes les maîtresses dont je voyais le corps immortalisé dans la pierre…
Je ne suis pas aussi douée que je l’espérais, tout ceci doit me perturber, mais apparemment ils apprécient, leur regard d’admiration et d’envie m’incite à enfin les goûter…
Ils sont doux, salés, sucrés, épicés une explosion de saveurs, je caresse leur peau, elle est chaude…
Le plaisir se lit dans leurs regards…a mon tour je succombe et laisse ces sensations m’envahir….
J’aime ces moments où j’oublie presque qui je suis, cela est de plus en plus rare…Plus je vieillis, plus les sensations humaines s’éloignent…A quelles folies m’amènera cette recherche de plaisir… ?
Je m’en vais, doucement, j’ai pris et j’ai donné, ils oublieront, ils m’oublieront, une fois de plus…
Vite, il faut que je me dépêche, j’ai trop traîné, Eric doit commencer à s’impatienter…
Il ne sait pas ce qu’est l’amour lui, il chasse, tue, implacable…
Cela me rends triste…
Nous voilà devant la maison de Châteaubriand, j’ai tout de suite eu le pressentiment qu’ici nous trouverions quelque chose qui nous aidera à retrouver ce que l’on cherche…
Il y des caméras et les grilles sont hautes, même pour nous…Surtout pour moi…
Il y une entrée sur le côté, les grilles sont toujours aussi hautes mais nous sommes à l’abri des caméras…
Nous mettons un moment à passer ces grilles, c’est en partie ma faute, la non vie m’a donné beaucoup de capacités mais vivante ou morte je n’ai jamais été très athlétique et cela se vérifie encore…
Heureusement Eric avec sa force finit par réussir à me hisser…
Nous repérons vite une alarme, notre stratégie est simple, Eric ouvre la porte d’un brutal coup de pied et grâce à ma vitesse je vais éliminer le boîtier de l’alarme.
Espérons que ça marche…
Mû par je ne sais quoi tout se déroule sans problème et nous nous retrouvons dans le lieu de vie d’un ancien prince et mieux que ça, de Chateaubriand. La maison renferme une atmosphère presque mystique, Je déambule comme dans une bulle, happée par la magie des lieux, par ces choses qui lui ont appartenus, ces vieux manuscrits, pleins de souvenirs et de poésie…
Nous explorons, coins et recoins, rien de bien concluant, si ce n’est que nous repérons dans « mémoire d’outre tombe » le nom de Gaël à plusieurs reprises.
Si seulement nous pouvions retrouver ce Gaël…
La visite ne pouvait pas déjà s’achever, nous n’avions rien, nous ne pouvions pas nous permettre de revenir sans le parchemin de Christian, de plus je voulais retrouver son lieu de vie…
Je marche dans le couloir, quand je repère une trappe au dessus…
Evidemment, le grenier !
Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt, il devait y avoir un tas de vieilleries sans importance pour les humains à l’intérieur, mais surement pas pour nous…
Je demande à Eric de me porter pour que je puisse pousser la trappe et rentrer dans le grenier…
J’y suis, c’est sale, poussiéreux et désespérément vide…
En fait non, là bas au fond, une chaise à bascule…
Quelqu’un se balance…
Je suis effrayée et j’appel Eric lui indiquant que nous ne sommes pas seuls…
La voie s’élève : « Gaël, c’est toi ? »
J’approche, méfiante mais pourtant malgré une certaine peur je ne me sens pas en danger.
J’aperçois alors une chose que je n’avais encore jamais vue auparavant, j’oscille entre dégout et peine…
Un vampire, affreusement diminué, desséché, sans cheveux, moche, et surtout sans crocs…
C’est lui, je le sais, Chateaubriand.
Je ne sais pas quel crime il a commit mais je trouve ce châtiment si atroce. J’ai de la peine pour lui…
Le pauvre, il attend, là, immortel, le retour de son amour, Gaël.
Durant la discussion j’ose lui demander pourquoi il a subit ce châtiment.
« C’est parce que j’ai aimé »
Je ne sais pas si je dois le croire mais cette réponse est tellement belle, j’ai envie d’y croire, j’y crois…
J’arrive assez facilement à conclure un marché avec lui, il est faible et puis il aime mon odeur, cela lui rappelle Christian…
Si nous l’aidons à retrouver Gaël, il nous aidera à retrouver la planque de Christian…
Il faut lui redonner des forces…
Je lui propose mon sang, il accepte…
Je plante mes crocs dans mon poignet et entaille ma chair jusqu’au sang que je fais couler doucement dans sa bouche…
Il attrape fermement mon poignet et commence à boire, il n’a plus de Crocs mais sa force est encore grande.
Je sens le sang qui m’anime sortir de mes veines, c’est intense mais douloureux…
Il boit trop, j’aperçois Eric, inquiet, prêt à lui bondir dessus.
STOP !
A mon ordre il s’arrête net.
Ses traits semblent se lisser, ses yeux retrouvent leur brillance, j’imagine facilement qu’il n’est pas comme à sa belle époque mais il a l’air tout de même puissant.
Nous partirons devant, nous rendrons au fort et ferons semblant de revenir bredouilles…
Le prince n’appréciera surement pas le retour de son ancien rival…
Il est là, toujours aussi sublime, mais toujours entouré des membres de la Rosa sanguis…
Il semble bizarre comme changé, cela ne m’inquiète pas tellement mais Eric lui semble plus que troublé…
Effectivement, sa bête est légèrement différente, je n’avais jamais remarqué de tels changements sur une bête mais en même temps je n’ai pas connu beaucoup de prince…
Peu de temps après Chateaubriand arrive, accompagnée de Francis, l’infant de Nathan. Curieux.
Le prince se lève, furieux…
Je ne saurai l’expliquer mais je me dirige naturellement vers l’ancien prince, si un combat doit avoir lieu j’ai choisi mon camp…
J’appuie sur ma bague, je sens que nous aurons besoin de l’aide de Nikki si cela tourne plus mal encore.
Un spectacle s’offre alors à nous, la beauté de Nathan s’efface laissant place au visage de cauchemar de Raven…
Comment est ce possible ?
J’entends Chateaubriand me parler par télépathie, il m’indique un rideau derrière Raven, il me dit que dès le combat sera engagé je dois foncer aux geôles qui se trouvent surement derrière et libérer Nathan et Gaël…
Je m’exécute, je sais que je suis très rapide mais j’espère que rien ne vas se dresser sur mon passage…
J’entends le combat se dérouler, notre adversaire est fort très fort, j’ai peur d’arriver trop tard…
Dépêche-toi Lisbeth, vite…
J’arrive enfin aux geôles et je vois Nathan et gaël comme crucifiés, ils sont vidés de leur sang, il faut que j’agisse.
J’attrape la cuve où se déverse leur sang et leur fait boire chacun leur tour la quantité nécessaire pour les remettre d’aplomb, ils seront liés, tant pis je n’ai pas d’autre choix.
Le temps me paraît être une éternité, j’ai peur pour Chateaubriand, pour Francis et surtout pour Eric…
Heureusement il arrive peu de temps après moi, j’imagine que lui aussi a entendu la voix dans sa tête mais qu’il a du régler quelques problèmes avant de venir…
Ils reprennent leur force, vite, nous fonçons en direction de la grande salle…
Apparemment Nikki est arrivé entre temps mais c’est un carnage, Chateaubriand et Francis sont morts…Et Raven, ce lâche, a encore fuit…Il ne sait faire que ça…
Nathan est hors de lui, il a été abusé tout comme nous…
Eric parle et propose de faire appel à un conseil vampire ou à un juge, une juge plus précisément…
Je le regarde, haineuse…
« Comment peux-tu penser à elle ? C’est de sa faute si Christian est mort ! Jamais je ne ferai appel à elle. Tu m’entends ? Jamais ! »
Gaël s’effondre alors à son tour. « Christian est mort ? C’est impossible ! Qui a fait ça ? Qui ? »
Comme je comprends ce qu’il ressent à cet instant, comme je ressens cette souffrance qui m’a moi-même traversée et qui est encore si présente. Je tâche de le calmer, lui expliquant que seule Angélique d’Arançon est coupable et que je n’aurai pas de repos tant qu’elle vivra…
Eric n’en mène pas large, son regard fuit…
Le temps passe et Angélique ne sera plus, tôt ou tard, j’ai avec moi un allié de plus…
Une discussion suit entre Nathan et Gaël. Nathan demande à Gaël de nous aider contre l’asile de celui-ci à St malo.
Gaël accepte, lui seul savait où vivait Christian…
Nous partons sur le champ et arrivons à un petit bateau amarré non loin de là, nous montons à bord et Gaël nous conduit sur une petite île a proximité.
Sur place, il déplace à un endroit bien précis des années de terre et débris accumulés pour laisser apparaître une trappe.
C’est là !
Si mon cœur battait encore je sens qu’à cet instant il battrait plus fort…
Il ouvre la trappe…
L’odeur de Christian envahit mes narines, mes sens sont exacerbés, comme si je voulais en prendre un peu et en ramener avec moi…
Nous pénétrons dans la pièce, elle est emplit d’affaires entassées dans tous les coins, cela respire pourtant la beauté et l’harmonie…
Christian, tu me manques tant…
Mes sentiments ressurgissent. À la vu de tous ça je ne peux m’empêcher de ressentir à nouveau cette douleur, comme un second coup de poignard qui ouvrirait à nouveau ma blessure, il ne faut pas que je pleure…Mes larmes tacheraient la perfection…
Gaël fouille quelques minutes et extrait le précieux parchemin.
Enfin, nous l’avons.
J’espère que nous pourrons retrouver Howard avec ça.
Il est l’heure de partir, Nathan nous attend…
Je ne peux me résoudre et m’arracher à son odeur, je veux rester…
A cet instant je voudrais redevenir petite fille, que l’on écoute ma peine, que l’on cède à ma tristesse, mais ce n’est pas possible…
Je m’adresse à Gaël. « Pourrai- je avoir quelque chose de lui ? Il me manque tant et je n’ai rien qui lui ait appartenu… »
Il se remet alors à fouiller et sort une jolie petite boîte en bois sculpté qu’il me donne.
Je l’ouvre…Une magnifique rose rouge est là, épargnée par les ravages du temps…Comment cela est possible…
« Christian se plaisait à dire qu’il avait pu fixer la beauté de cette rose rien qu’en la regardant, je pense qu’il aurait aimé que vous l’ayez… »
A ces mots je ne peux retenir la larme qui coule le long de ma joue, qu’importe, c’est un si doux moment…
Nous repartons avec ce que nous sommes venus chercher et plus encore pour moi…
Nous voilà de nouveau en vol pour Stockholm. Nous avons le nouveau parchemin et un nouvel allié de poids, Nathan, le prince de St Malo…
Tiendra t-il sa promesse ? Je ne sais pas. Mais au moins il ne fera plus confiance à ces chiens le la Rosa Sanguis…
Ce voyage fût éprouvant, mais la souffrance en vaut la chandelle. Je connais Gaël, Nathan et je ramène un bien si précieux…
Je ne sais pas trop ce qui m’anime depuis que j’ai perdu Christian…
Jamais je n’aurai pu m’imaginer vivre sans au moins espérer le voir, et pourtant j’y arrive.
Chaque jour qui passe est un peu moins difficile que le précédent…A quoi cela tient, je ne le sais pas…Mes amis surement, et Howard…Il est comme mon père, mais que se passera t-il quand nous l’aurons retrouvé ? Peut être que la maigre étincelle qui brille encore en moi s’éteindra à nouveau…J’ai besoin de l’amour, l’amour d’un ou d’une…Il ne faut pas que je sombre dans le néant…
Les plaisirs de la chair comble quelque peu ce vide mais mon cœur saigne de solitude, à quoi sert la non vie et l’immortalité si ce n’est pas pour aimer à en perdre la raison … ?
Les humains, oui certes ils m’aiment, je les aime, mais ils ne savent pas…Ils ne savent pas aimer comme moi, ils se lassent, ils veulent toujours de la nouveauté…La nouveauté, oui, pour la consommation, mais l’amour, le vrai, l’immortel, ça, ils ne l’auront jamais…
Je veux retrouver celui-ci, celui qui m’animait à la vue de mon si splendide créateur…
Est-il vraiment raisonnable pour un être comme moi de trop aimer ? Je suis déjà si attachée au personne que je côtoie…Ceci est une faiblesse, je le sais, mais peut on renier sa nature… ?
Et si je venais à les perdre eux aussi…Impossible…
Je venais à peine de m’éveiller de ma torpeur, nauséeuse, presque comme une humaine qui se réveille d’un cauchemar.
J’étais en proie à beaucoup de rêves, de pensées et de doutes lors de mes journées…
Heureusement la nuit je redevenais cet objet de manipulation et de plaisir…je redevenais ce que la non vie avait fait de moi…
Cesse de t’apitoyer, tu as du travail !
Je dois aller me nourrir et ce soir j’ai décidé de faire ça bien, de me laisser aller à mes envies et mes désirs, ne pas juste boire et baiser !
Je me suis oubliée, j’ai oublié qui j’étais, je suis différente mais je suis l’infante de Christian je ne dois pas agir comme une bête qui ne fait que consommer…
Nous avons le droit de chasser sur la plage, peut on rêver mieux ? Quel endroit romantique pour chasser, ce soir je veux un couple, je veux me repaître de leur amour, de leur sang, de leur corps…
Les voilà, ils sont si mignons, en les voyant j’ai comme un pincement au cœur, tant d’innocence…
Les embruns caresse mon visage, la lune est pleine, l’espace d’une minute je me sens presque…vivante…
Je m’assoie, leur parle, ils n’opposent pas tellement de résistance à mon charme, je leur propose de me faire visiter un peu la ville de nuit…
Après tout avant le dessert viennent l’entrée et le plat principal…
Nous marchons tous les trois dans la rue, leur vie est des plus banale, je ne sais pas trop si je les envie où si je les plains…Les deux en fait…
Nous nous retrouvons devant une vieille maison, celle où aurait vécu Chateaubriand…Tiens…Il va falloir que j’en touche deux mots à Eric, mais plus tard.
Je leur propose de m’inviter chez eux, ils ne refusent pas…
Il est amusant parfois de voir comme les gens n’ont plus aucune volonté face à moi…enfin cela va pour les mortels, pour les autres, cela est hélas moins facile…
Tiens, je vais parler théâtre, cela fait longtemps…Cela me rappellera le soir où j’ai rencontré Christian…Il aimait tant parler d’art, de ses sculptures, longtemps j’ai jalousé toutes les maîtresses dont je voyais le corps immortalisé dans la pierre…
Je ne suis pas aussi douée que je l’espérais, tout ceci doit me perturber, mais apparemment ils apprécient, leur regard d’admiration et d’envie m’incite à enfin les goûter…
Ils sont doux, salés, sucrés, épicés une explosion de saveurs, je caresse leur peau, elle est chaude…
Le plaisir se lit dans leurs regards…a mon tour je succombe et laisse ces sensations m’envahir….
J’aime ces moments où j’oublie presque qui je suis, cela est de plus en plus rare…Plus je vieillis, plus les sensations humaines s’éloignent…A quelles folies m’amènera cette recherche de plaisir… ?
Je m’en vais, doucement, j’ai pris et j’ai donné, ils oublieront, ils m’oublieront, une fois de plus…
Vite, il faut que je me dépêche, j’ai trop traîné, Eric doit commencer à s’impatienter…
Il ne sait pas ce qu’est l’amour lui, il chasse, tue, implacable…
Cela me rends triste…
Nous voilà devant la maison de Châteaubriand, j’ai tout de suite eu le pressentiment qu’ici nous trouverions quelque chose qui nous aidera à retrouver ce que l’on cherche…
Il y des caméras et les grilles sont hautes, même pour nous…Surtout pour moi…
Il y une entrée sur le côté, les grilles sont toujours aussi hautes mais nous sommes à l’abri des caméras…
Nous mettons un moment à passer ces grilles, c’est en partie ma faute, la non vie m’a donné beaucoup de capacités mais vivante ou morte je n’ai jamais été très athlétique et cela se vérifie encore…
Heureusement Eric avec sa force finit par réussir à me hisser…
Nous repérons vite une alarme, notre stratégie est simple, Eric ouvre la porte d’un brutal coup de pied et grâce à ma vitesse je vais éliminer le boîtier de l’alarme.
Espérons que ça marche…
Mû par je ne sais quoi tout se déroule sans problème et nous nous retrouvons dans le lieu de vie d’un ancien prince et mieux que ça, de Chateaubriand. La maison renferme une atmosphère presque mystique, Je déambule comme dans une bulle, happée par la magie des lieux, par ces choses qui lui ont appartenus, ces vieux manuscrits, pleins de souvenirs et de poésie…
Nous explorons, coins et recoins, rien de bien concluant, si ce n’est que nous repérons dans « mémoire d’outre tombe » le nom de Gaël à plusieurs reprises.
Si seulement nous pouvions retrouver ce Gaël…
La visite ne pouvait pas déjà s’achever, nous n’avions rien, nous ne pouvions pas nous permettre de revenir sans le parchemin de Christian, de plus je voulais retrouver son lieu de vie…
Je marche dans le couloir, quand je repère une trappe au dessus…
Evidemment, le grenier !
Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt, il devait y avoir un tas de vieilleries sans importance pour les humains à l’intérieur, mais surement pas pour nous…
Je demande à Eric de me porter pour que je puisse pousser la trappe et rentrer dans le grenier…
J’y suis, c’est sale, poussiéreux et désespérément vide…
En fait non, là bas au fond, une chaise à bascule…
Quelqu’un se balance…
Je suis effrayée et j’appel Eric lui indiquant que nous ne sommes pas seuls…
La voie s’élève : « Gaël, c’est toi ? »
J’approche, méfiante mais pourtant malgré une certaine peur je ne me sens pas en danger.
J’aperçois alors une chose que je n’avais encore jamais vue auparavant, j’oscille entre dégout et peine…
Un vampire, affreusement diminué, desséché, sans cheveux, moche, et surtout sans crocs…
C’est lui, je le sais, Chateaubriand.
Je ne sais pas quel crime il a commit mais je trouve ce châtiment si atroce. J’ai de la peine pour lui…
Le pauvre, il attend, là, immortel, le retour de son amour, Gaël.
Durant la discussion j’ose lui demander pourquoi il a subit ce châtiment.
« C’est parce que j’ai aimé »
Je ne sais pas si je dois le croire mais cette réponse est tellement belle, j’ai envie d’y croire, j’y crois…
J’arrive assez facilement à conclure un marché avec lui, il est faible et puis il aime mon odeur, cela lui rappelle Christian…
Si nous l’aidons à retrouver Gaël, il nous aidera à retrouver la planque de Christian…
Il faut lui redonner des forces…
Je lui propose mon sang, il accepte…
Je plante mes crocs dans mon poignet et entaille ma chair jusqu’au sang que je fais couler doucement dans sa bouche…
Il attrape fermement mon poignet et commence à boire, il n’a plus de Crocs mais sa force est encore grande.
Je sens le sang qui m’anime sortir de mes veines, c’est intense mais douloureux…
Il boit trop, j’aperçois Eric, inquiet, prêt à lui bondir dessus.
STOP !
A mon ordre il s’arrête net.
Ses traits semblent se lisser, ses yeux retrouvent leur brillance, j’imagine facilement qu’il n’est pas comme à sa belle époque mais il a l’air tout de même puissant.
Nous partirons devant, nous rendrons au fort et ferons semblant de revenir bredouilles…
Le prince n’appréciera surement pas le retour de son ancien rival…
Il est là, toujours aussi sublime, mais toujours entouré des membres de la Rosa sanguis…
Il semble bizarre comme changé, cela ne m’inquiète pas tellement mais Eric lui semble plus que troublé…
Effectivement, sa bête est légèrement différente, je n’avais jamais remarqué de tels changements sur une bête mais en même temps je n’ai pas connu beaucoup de prince…
Peu de temps après Chateaubriand arrive, accompagnée de Francis, l’infant de Nathan. Curieux.
Le prince se lève, furieux…
Je ne saurai l’expliquer mais je me dirige naturellement vers l’ancien prince, si un combat doit avoir lieu j’ai choisi mon camp…
J’appuie sur ma bague, je sens que nous aurons besoin de l’aide de Nikki si cela tourne plus mal encore.
Un spectacle s’offre alors à nous, la beauté de Nathan s’efface laissant place au visage de cauchemar de Raven…
Comment est ce possible ?
J’entends Chateaubriand me parler par télépathie, il m’indique un rideau derrière Raven, il me dit que dès le combat sera engagé je dois foncer aux geôles qui se trouvent surement derrière et libérer Nathan et Gaël…
Je m’exécute, je sais que je suis très rapide mais j’espère que rien ne vas se dresser sur mon passage…
J’entends le combat se dérouler, notre adversaire est fort très fort, j’ai peur d’arriver trop tard…
Dépêche-toi Lisbeth, vite…
J’arrive enfin aux geôles et je vois Nathan et gaël comme crucifiés, ils sont vidés de leur sang, il faut que j’agisse.
J’attrape la cuve où se déverse leur sang et leur fait boire chacun leur tour la quantité nécessaire pour les remettre d’aplomb, ils seront liés, tant pis je n’ai pas d’autre choix.
Le temps me paraît être une éternité, j’ai peur pour Chateaubriand, pour Francis et surtout pour Eric…
Heureusement il arrive peu de temps après moi, j’imagine que lui aussi a entendu la voix dans sa tête mais qu’il a du régler quelques problèmes avant de venir…
Ils reprennent leur force, vite, nous fonçons en direction de la grande salle…
Apparemment Nikki est arrivé entre temps mais c’est un carnage, Chateaubriand et Francis sont morts…Et Raven, ce lâche, a encore fuit…Il ne sait faire que ça…
Nathan est hors de lui, il a été abusé tout comme nous…
Eric parle et propose de faire appel à un conseil vampire ou à un juge, une juge plus précisément…
Je le regarde, haineuse…
« Comment peux-tu penser à elle ? C’est de sa faute si Christian est mort ! Jamais je ne ferai appel à elle. Tu m’entends ? Jamais ! »
Gaël s’effondre alors à son tour. « Christian est mort ? C’est impossible ! Qui a fait ça ? Qui ? »
Comme je comprends ce qu’il ressent à cet instant, comme je ressens cette souffrance qui m’a moi-même traversée et qui est encore si présente. Je tâche de le calmer, lui expliquant que seule Angélique d’Arançon est coupable et que je n’aurai pas de repos tant qu’elle vivra…
Eric n’en mène pas large, son regard fuit…
Le temps passe et Angélique ne sera plus, tôt ou tard, j’ai avec moi un allié de plus…
Une discussion suit entre Nathan et Gaël. Nathan demande à Gaël de nous aider contre l’asile de celui-ci à St malo.
Gaël accepte, lui seul savait où vivait Christian…
Nous partons sur le champ et arrivons à un petit bateau amarré non loin de là, nous montons à bord et Gaël nous conduit sur une petite île a proximité.
Sur place, il déplace à un endroit bien précis des années de terre et débris accumulés pour laisser apparaître une trappe.
C’est là !
Si mon cœur battait encore je sens qu’à cet instant il battrait plus fort…
Il ouvre la trappe…
L’odeur de Christian envahit mes narines, mes sens sont exacerbés, comme si je voulais en prendre un peu et en ramener avec moi…
Nous pénétrons dans la pièce, elle est emplit d’affaires entassées dans tous les coins, cela respire pourtant la beauté et l’harmonie…
Christian, tu me manques tant…
Mes sentiments ressurgissent. À la vu de tous ça je ne peux m’empêcher de ressentir à nouveau cette douleur, comme un second coup de poignard qui ouvrirait à nouveau ma blessure, il ne faut pas que je pleure…Mes larmes tacheraient la perfection…
Gaël fouille quelques minutes et extrait le précieux parchemin.
Enfin, nous l’avons.
J’espère que nous pourrons retrouver Howard avec ça.
Il est l’heure de partir, Nathan nous attend…
Je ne peux me résoudre et m’arracher à son odeur, je veux rester…
A cet instant je voudrais redevenir petite fille, que l’on écoute ma peine, que l’on cède à ma tristesse, mais ce n’est pas possible…
Je m’adresse à Gaël. « Pourrai- je avoir quelque chose de lui ? Il me manque tant et je n’ai rien qui lui ait appartenu… »
Il se remet alors à fouiller et sort une jolie petite boîte en bois sculpté qu’il me donne.
Je l’ouvre…Une magnifique rose rouge est là, épargnée par les ravages du temps…Comment cela est possible…
« Christian se plaisait à dire qu’il avait pu fixer la beauté de cette rose rien qu’en la regardant, je pense qu’il aurait aimé que vous l’ayez… »
A ces mots je ne peux retenir la larme qui coule le long de ma joue, qu’importe, c’est un si doux moment…
Nous repartons avec ce que nous sommes venus chercher et plus encore pour moi…
Nous voilà de nouveau en vol pour Stockholm. Nous avons le nouveau parchemin et un nouvel allié de poids, Nathan, le prince de St Malo…
Tiendra t-il sa promesse ? Je ne sais pas. Mais au moins il ne fera plus confiance à ces chiens le la Rosa Sanguis…
Ce voyage fût éprouvant, mais la souffrance en vaut la chandelle. Je connais Gaël, Nathan et je ramène un bien si précieux…
7/20/2010
Défense de Stockholm
Nouvelle nuit à Stockholm, nouveau rendez vous avec Joshua.
Les loups qui servent de gardes au pied de l’immeuble sont nerveux, ils nous dévisagent…c’est nouveau. « Ils sont à 25km et se rapprochent » disent ils avant de se taire en nous voyant arriver.
Dans le bureau de Joshua, les mines sont lugubres. Raven et une centaine de ses dégénérés de la Rosa Sanguis viennent récupérer Stockholm, et ils ont l’appui d’un conseil princier. Or ce soir doit commencer le rituel pour retrouver Howard, rituel de plusieurs jours et seulement faisable à la pleine lune, soit aujourd’hui.
Nous n’avons pas le choix, nous défendrons la ville afin de laisser le temps au rituel de s’achever. Nos ennemis ont l’appui d’un conseil, nous n’avons pas le droit de les empêcher, ni de les gêner…
Nous devrons le tuer, tous jusqu’au dernier, ne laisser aucun témoin.
Les forces en présences, une centaine de vampires de la Rosa Sanguis contre 20 loups et 4 jeunes vampires…
Les autres s’occuperont du rituel…
Le défi est intéressant, demain soir Stockholm sera nos Thermopiles et nous verrons si nous ferons aussi bien que quelques spartiates face aux perses.
Nous avons la nuit pour établir notre stratégie.
Première chose, faire en sorte que le civils restent cloitrés chez eux, ainsi ils ne nous gêneront pas.
Ensuite préparer nos pièges et répartir nos forces dans la ville.
Bombes au phosphore, lance flammes, sacs de clous explosifs, arbalètes et bien pire…les dégénérés vont gouter à notre hospitalité.
Leur sang abreuvera nos caniveaux.
L’excitation monte, je tire sur mes chaines, la perspective du combat me fait saliver…mais ce n’est pas encore le moment, gardons le masque encore un temps. Notre stratégie au point nous allons nous reposer.
La nuit est enfin là…
La ville semble morte, personne dehors, pas un bruit. Cette nuit la ville sera un champ de bataille d’ici peu, et les humains n’y auront pas leur place.
Edgar va dans les égouts, il est accompagné de quelques loups. Ils devront empêcher nos ennemis de se servir des égouts pour nous contourner.
Ca y est, ils sont là, dans la ville…Les premiers combats éclatent quand les loups s’attaquent aux éclaireurs. Le premier sang à coulé, les premiers guerriers sont tombés.
Nous ne bougeons pas encore, nous sommes l’appât, Lisbeth, Séraphine et moi formons le cadeau qu’une armée de la Rosa Sanguis ne saurait refuser.
Et en effet, un premier groupe important de vampires ennemis arrive, mené par une des lieutenants de Raven.
Elle avance calmement, à pas mesurés, sûre de sa force, sûre de sa victoire…pauvre être…
Séraphine la regarde, quelque chose se passe entre elles…et tout d’un coup la meneuse de nos ennemis écume de rage, perd tout contrôle et se rue sur Séraphine comme si sa bête avait pris le contrôle…
Une occasion comme celle là est un cadeau pour nous, obnubilé par Séraphine, elle ne me voit pas arriver et son sang m’éclabousse lorsque d’un coup de griffe je lui arrache la tête…
Les ennemis,leur meneur à terre, se ruent sur nous pour nous faire payer cet affront et nous suivent bien gentiment dans notre piège, des barrières invisible, créées par les loups, se referment sur eux alors que Joshua ouvre un portail vers l’autre monde d’où sort une bête immonde…
le massacre est total, les vampires sont anéantis…quelle tristesse que ne puisse pas me jeter dans la mêlée…
Déjà d’autres ennemis sont repérés, nos bombes les taillent en pièces…
Puis des cris, certains ont réussi à en réchapper…
Nous nous précipitons, là un vampire se tient au dessus de carcasses de loups…l’infant de Raven, un fusil à pompe dans chaque main se tient devant nous.
Un des deux loups qui nous accompagne et moi nous nous jetons sur lui, toutes griffes et crocs dehors.
Le combat commence…
Enfin un vrai combat, enfin ce moment où je peux laisser le voile tomber enfin tout va devenir simple…
L’adversaire est puissant, il encaisse bien et frappe fort. Les derniers lambeaux de ma conscience me font remarquer qu’un vampire surgit des ombres et plante des pieux dans les cœurs de Lisbeth et Séraphine…
Je romps le combat quelques secondes pour les sortir de leur coma temps que j’arrive encore à penser.
Je retourne ensuite au combat, et me laisse submerger par la rage…
Le monde se colore de rouge.
Il n’y a plus que le combat, une des dernières choses vraies dans ce monde d’hypocrisie et de faux semblants.
L’adversaire tombe enfin, sa tête roule sur le sol, il est définitivement mort. L’infant de Raven est à terre, sa tête est à moi…
Une tornade furieuse surgit et me repousse avec force…
Raven est là, il vient de perdre son infant, sa colère fait briller ses yeux d’un feu rouge intense…
Il se jette dans la mêlée, sa force est immense, le loup est mis en pièces, il m’impose sa volonté…
il me force à me frapper moi-même, me fais goutter à mes propres griffes.
Heureusement Lisbeth arrive à son tour à prendre le dessus sur Raven, imposant sa volonté pendant quelques instants à notre grand ennemi, me rendant le contrôle.
Je peux enfin attaquer à nouveau…
Je peux de nouveau sombrer dans le torrent de fureur
Tout d’un coup Raven disparait, fuyant le combat, encore…
Son dernier lieutenant tente elle aussi tente de s’enfuir, je n’ai pas eu mon compte de sang , je ne suis pas rassasié…
pas encore…
la bête en moi en veux plus
, la bête que je suis en veux plus
j’en veux plus.
Je la poursuis, l’affronte, mets mes dernières forces dans ce combat et nous tombons tous les deux…
à bout de forces, blessés…
Lisbeth s’approche, achève notre ennemi.
Séraphine s’approche, me donne du sang pour me remettre sur pieds…
son sang, cette chienne stupide me donne son sang…
je la hais, je la hais…
je veux la tuer, arracher son cœur et l’écraser dans mes griffes…
mais je n’ai pas la force, mes coups pathétiques ne lui font rien...
et la guerre n’est pas encore finie…
Cela sera pour plus tard.
Joshua et Nikki, blessées gravement arrivent, nous partons pour le QG, les dégâts sont immenses, les morts nombreux…
nous avons échoués, certains ont atteint le QG, le rituel n’est pas complet et certains de nos ennemis ont survécu et pu s’enfuir.
Seule consolation, Howard ne glisse plus peu à peu vers la mort, il semble stabilisé mais le prix a été effroyablement élevé.
Nikki succombe à ses blessures, la cérémonie funéraire aura lieu le soir suivant, nous allons nous reposer, le soleil ne va pas tarder.
Un nouveau soir, la ville semble avoir retrouvé l’ordre, on pourrait croire qu’il n y a jamais eu aucun combat la nuit dernière.
La cérémonie a lieu sur le toit de la banque…c’est touchant, les âmes des loups sont libérés, des papillons bleus s’envolent…et nous, avons-nous encore une âme ?
Desmond, en temps qu’ancien et remplaçant d’Howard, libère les loups de leur pacte…nous sommes dorénavant seuls…
Un vampire étranger arrive ensuite, un tribunal va se tenir, nous serons jugés pour avoir empêché des vampires de reprendre une ville qui leur était accordé par décision du conseil.
Nous serons jugés pour le meurtre du prince d’Oslo.
Nous serons jugés pour trahison.
Raven et ses déchets ont bien joué leur coup…
Mais s’ils pensent nous détruire ainsi, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude, nous n’avons pas dit notre dernier mot…
Les loups qui servent de gardes au pied de l’immeuble sont nerveux, ils nous dévisagent…c’est nouveau. « Ils sont à 25km et se rapprochent » disent ils avant de se taire en nous voyant arriver.
Dans le bureau de Joshua, les mines sont lugubres. Raven et une centaine de ses dégénérés de la Rosa Sanguis viennent récupérer Stockholm, et ils ont l’appui d’un conseil princier. Or ce soir doit commencer le rituel pour retrouver Howard, rituel de plusieurs jours et seulement faisable à la pleine lune, soit aujourd’hui.
Nous n’avons pas le choix, nous défendrons la ville afin de laisser le temps au rituel de s’achever. Nos ennemis ont l’appui d’un conseil, nous n’avons pas le droit de les empêcher, ni de les gêner…
Nous devrons le tuer, tous jusqu’au dernier, ne laisser aucun témoin.
Les forces en présences, une centaine de vampires de la Rosa Sanguis contre 20 loups et 4 jeunes vampires…
Les autres s’occuperont du rituel…
Le défi est intéressant, demain soir Stockholm sera nos Thermopiles et nous verrons si nous ferons aussi bien que quelques spartiates face aux perses.
Nous avons la nuit pour établir notre stratégie.
Première chose, faire en sorte que le civils restent cloitrés chez eux, ainsi ils ne nous gêneront pas.
Ensuite préparer nos pièges et répartir nos forces dans la ville.
Bombes au phosphore, lance flammes, sacs de clous explosifs, arbalètes et bien pire…les dégénérés vont gouter à notre hospitalité.
Leur sang abreuvera nos caniveaux.
L’excitation monte, je tire sur mes chaines, la perspective du combat me fait saliver…mais ce n’est pas encore le moment, gardons le masque encore un temps. Notre stratégie au point nous allons nous reposer.
La nuit est enfin là…
La ville semble morte, personne dehors, pas un bruit. Cette nuit la ville sera un champ de bataille d’ici peu, et les humains n’y auront pas leur place.
Edgar va dans les égouts, il est accompagné de quelques loups. Ils devront empêcher nos ennemis de se servir des égouts pour nous contourner.
Ca y est, ils sont là, dans la ville…Les premiers combats éclatent quand les loups s’attaquent aux éclaireurs. Le premier sang à coulé, les premiers guerriers sont tombés.
Nous ne bougeons pas encore, nous sommes l’appât, Lisbeth, Séraphine et moi formons le cadeau qu’une armée de la Rosa Sanguis ne saurait refuser.
Et en effet, un premier groupe important de vampires ennemis arrive, mené par une des lieutenants de Raven.
Elle avance calmement, à pas mesurés, sûre de sa force, sûre de sa victoire…pauvre être…
Séraphine la regarde, quelque chose se passe entre elles…et tout d’un coup la meneuse de nos ennemis écume de rage, perd tout contrôle et se rue sur Séraphine comme si sa bête avait pris le contrôle…
Une occasion comme celle là est un cadeau pour nous, obnubilé par Séraphine, elle ne me voit pas arriver et son sang m’éclabousse lorsque d’un coup de griffe je lui arrache la tête…
Les ennemis,leur meneur à terre, se ruent sur nous pour nous faire payer cet affront et nous suivent bien gentiment dans notre piège, des barrières invisible, créées par les loups, se referment sur eux alors que Joshua ouvre un portail vers l’autre monde d’où sort une bête immonde…
le massacre est total, les vampires sont anéantis…quelle tristesse que ne puisse pas me jeter dans la mêlée…
Déjà d’autres ennemis sont repérés, nos bombes les taillent en pièces…
Puis des cris, certains ont réussi à en réchapper…
Nous nous précipitons, là un vampire se tient au dessus de carcasses de loups…l’infant de Raven, un fusil à pompe dans chaque main se tient devant nous.
Un des deux loups qui nous accompagne et moi nous nous jetons sur lui, toutes griffes et crocs dehors.
Le combat commence…
Enfin un vrai combat, enfin ce moment où je peux laisser le voile tomber enfin tout va devenir simple…
L’adversaire est puissant, il encaisse bien et frappe fort. Les derniers lambeaux de ma conscience me font remarquer qu’un vampire surgit des ombres et plante des pieux dans les cœurs de Lisbeth et Séraphine…
Je romps le combat quelques secondes pour les sortir de leur coma temps que j’arrive encore à penser.
Je retourne ensuite au combat, et me laisse submerger par la rage…
Le monde se colore de rouge.
Il n’y a plus que le combat, une des dernières choses vraies dans ce monde d’hypocrisie et de faux semblants.
L’adversaire tombe enfin, sa tête roule sur le sol, il est définitivement mort. L’infant de Raven est à terre, sa tête est à moi…
Une tornade furieuse surgit et me repousse avec force…
Raven est là, il vient de perdre son infant, sa colère fait briller ses yeux d’un feu rouge intense…
Il se jette dans la mêlée, sa force est immense, le loup est mis en pièces, il m’impose sa volonté…
il me force à me frapper moi-même, me fais goutter à mes propres griffes.
Heureusement Lisbeth arrive à son tour à prendre le dessus sur Raven, imposant sa volonté pendant quelques instants à notre grand ennemi, me rendant le contrôle.
Je peux enfin attaquer à nouveau…
Je peux de nouveau sombrer dans le torrent de fureur
Tout d’un coup Raven disparait, fuyant le combat, encore…
Son dernier lieutenant tente elle aussi tente de s’enfuir, je n’ai pas eu mon compte de sang , je ne suis pas rassasié…
pas encore…
la bête en moi en veux plus
, la bête que je suis en veux plus
j’en veux plus.
Je la poursuis, l’affronte, mets mes dernières forces dans ce combat et nous tombons tous les deux…
à bout de forces, blessés…
Lisbeth s’approche, achève notre ennemi.
Séraphine s’approche, me donne du sang pour me remettre sur pieds…
son sang, cette chienne stupide me donne son sang…
je la hais, je la hais…
je veux la tuer, arracher son cœur et l’écraser dans mes griffes…
mais je n’ai pas la force, mes coups pathétiques ne lui font rien...
et la guerre n’est pas encore finie…
Cela sera pour plus tard.
Joshua et Nikki, blessées gravement arrivent, nous partons pour le QG, les dégâts sont immenses, les morts nombreux…
nous avons échoués, certains ont atteint le QG, le rituel n’est pas complet et certains de nos ennemis ont survécu et pu s’enfuir.
Seule consolation, Howard ne glisse plus peu à peu vers la mort, il semble stabilisé mais le prix a été effroyablement élevé.
Nikki succombe à ses blessures, la cérémonie funéraire aura lieu le soir suivant, nous allons nous reposer, le soleil ne va pas tarder.
Un nouveau soir, la ville semble avoir retrouvé l’ordre, on pourrait croire qu’il n y a jamais eu aucun combat la nuit dernière.
La cérémonie a lieu sur le toit de la banque…c’est touchant, les âmes des loups sont libérés, des papillons bleus s’envolent…et nous, avons-nous encore une âme ?
Desmond, en temps qu’ancien et remplaçant d’Howard, libère les loups de leur pacte…nous sommes dorénavant seuls…
Un vampire étranger arrive ensuite, un tribunal va se tenir, nous serons jugés pour avoir empêché des vampires de reprendre une ville qui leur était accordé par décision du conseil.
Nous serons jugés pour le meurtre du prince d’Oslo.
Nous serons jugés pour trahison.
Raven et ses déchets ont bien joué leur coup…
Mais s’ils pensent nous détruire ainsi, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude, nous n’avons pas dit notre dernier mot…
7/16/2010
Sur les traces de Christian...(St Malo / part 1)
Et voilà, nous nous retrouvons presque comme avant, Eric et moi, dans la maison de mes défunts parents…
Presque rien n’a changé, hormis cet endroit noir dans la pelouse…Et astrée…
A la seconde nuit, elle vient nous voir et nous annonce que Joshua et elle veulent nous parler.
Nous devons nous rendre un peu plus tard dans la soirée à la banque, repère des loups…
Que se passe t-il ? Je n’en ai aucune idée…Mais j’ai pu lire l’inquiétude d’Astrée dans ses yeux…
Encore ce grand bureau, toujours ce grand bureau…
Joshua est là, sérieux, imperturbable, impénétrable comme à son habitude…
La discussion commence…
Cela concerne un parchemin, il y a de cela quelques années Howard aurait donné à chacun de nos sires un morceau de parchemin qui une fois tous réunis nous permettrons peut être de retrouver notre si précieux guide…
Celui de Christian reste introuvable…
Nous avons peu d’informations, nous savons que ce trésor pourrait se trouver à st Malo, un endroit où à vécu Christian plusieurs années il y a bien longtemps…
Le prince de l’époque, François René de Chateaubriand, a apparemment depuis était jugé et condamné.
Impossible de savoir ce qui lui est arrivé, ce qui est sûr c’est qu’un autre l’a aujourd’hui remplacé et que nous n’avons aucune informations sur lui…Ni sur qui il est, ni sur ces choix politiques…
Cela s’annonce dangereux…
Mais si je n’ai ne serai ce qu’une seule chance de retrouver l’endroit où a vécu Christian, je le ferai…
Finalement j’en savais très peu sur lui…cela m’attriste…
La seule personne susceptible de nous aider sur place est un vampire appelé Gaël, qui aurait vécu une forte relation avec Christian à l’époque. Cependant il a apparemment disparu de l’endroit il y a de cela de nombreuses années…
Nikki, une louve, femme de Joshua va se joindre à nous. Elle ne se présentera pas avec nous au prince vampire évidemment mais restera cachée dans la ville ; prête à intervenir en cas de problèmes plus conséquents.
…
Rennes (France)
Nous n’avons pu atterrir directement à st Malo, la petite ville ne disposant pas de son aéroport.
Je le cherche, je le choisis, comme je choisis mes proies…
Un homme nous conduira jusqu’à saint Malo…Il n’aura pas le choix…Pendant ce temps, avec Eric, nous discutons…
Nous voilà arrivés, nous ne devons pas traîner, je ne tiens pas à risquer nos vies et d’autres une fois de plus, filons voir le prince…
Pour cela, laissons les venir à nous, ils ne tarderont pas…
J’avais raison…
Nous croisons un autre vampire, ténébreux, jeune…il nous indique la route à suivre…Le prince réside au fort…
Nous commençons à suivre la route donnée mais Eric ne peut s’empêcher de demander à un autre vampire sur notre chemin la confirmation de celui-ci…
Il est méfiant…je le ressens de plus en plus…surement à cause d’elle…
Il a bien fait, le jeune vampire nous a apparemment menti, le chemin n’était pas le bon…
Je vois tout à coup partir mon ami dans une autre direction, il semble vouloir donner une correction à l’autre vampire…
Pourquoi Eric ? Pourquoi veux-tu nous mettre en danger ? Nous avons déjà tant d’ennemis…
Sa bête est grandissante, je le ressens, cela m’inquiète…Jusqu’à quand pourra t-il encore se contrôler...?
Je ne le laisserai pas se perdre et nous perdre tous…Je refuse qu’il devienne cette bête sans humanité qui nous guette tous, tapi dans l’ombre…
Le fort se dresse enfin devant nous, il est temps de ne pas faire de bêtises Lisbeth…Howard compte sur toi…
Nous rentrons…
Le prince est là…Magnifique, majestueux, un démon au visage d’ange…ses boucles d’or ondulent le long de son visage…je ne peux m’empêcher de contempler sa beauté…
Nous approchons, je m’incline, Eric fait de même, peut habituer à ce genre de choses je sens bien qu’il rechigne à le faire…
Le prince est très chaleureux, il nous invite même à sa table…
Cela cache t-il encore quelque chose … ?
Une fois de plus j’imagine que nous ne tarderons pas à le découvrir…
Les discussions commencent, principalement autour du conflit entre la Rosa Sanguis et nous…
Je sens la colère monter en moi, cet idiot qui insulte les fils d’Abel va-t-il enfin se taire ?
Je m’éloigne, j’ai peur de ne plus pouvoir la retenir…
Eric, lui, tente le diable...celui ci lui tend vite les bras, je reviens et essaie d’intervenir comme je le peux…Il n’est pas facile à calmer et l’autre idiot en rajoute toujours plus…
Le calme est revenu et avec lui la vigilance…
Plusieurs membres de la Rosa Sanguis sont ici…
Il ne faut pas qu’ils sachent pour nous…
La soirée continue…
Un peu plus tard le prince nous fait savoir qu’il souhaiterait s’entretenir seul à seul avec nous…
Il ouvre la bouche, ne dit qu’un mot et la foule se disperse tel un nuage de fumée par grand vent….
Il entame la discussion, cela concerne le conflit, toujours le même conflit…
Évidemment comme nous nous en doutions, il sait qui nous sommes…
Il dit ne pas vouloir prendre partie et surtout ne pas vouloir de problèmes dans sa ville…
Je lui explique que ça n’est pas notre but et que nous saurons nous tenir car nous ne sommes pas là pour ça. C’est le cas. Nous avons beaucoup plus important à faire ici…
La discussion continue et nous demandons au prince s’il peut nous apporter son aide pour nos recherches…
Il nous indique un homme à allez voir, Horace, le seul vampire assez vieux qui aurait vécu au temps de l’ancien prince…
Nous nous y rendons mais cela n’est pas très concluant, ce fameux Horace n’a aucune idée du lieu ou pourrait se trouver la cache de Christian et encore moins de l’endroit où est parti vivre Gaël.
Le jour ne va pas tarder à poindre, il est temps de rejoindre le fort pour notre première nuit à st Malo…
Presque rien n’a changé, hormis cet endroit noir dans la pelouse…Et astrée…
A la seconde nuit, elle vient nous voir et nous annonce que Joshua et elle veulent nous parler.
Nous devons nous rendre un peu plus tard dans la soirée à la banque, repère des loups…
Que se passe t-il ? Je n’en ai aucune idée…Mais j’ai pu lire l’inquiétude d’Astrée dans ses yeux…
Encore ce grand bureau, toujours ce grand bureau…
Joshua est là, sérieux, imperturbable, impénétrable comme à son habitude…
La discussion commence…
Cela concerne un parchemin, il y a de cela quelques années Howard aurait donné à chacun de nos sires un morceau de parchemin qui une fois tous réunis nous permettrons peut être de retrouver notre si précieux guide…
Celui de Christian reste introuvable…
Nous avons peu d’informations, nous savons que ce trésor pourrait se trouver à st Malo, un endroit où à vécu Christian plusieurs années il y a bien longtemps…
Le prince de l’époque, François René de Chateaubriand, a apparemment depuis était jugé et condamné.
Impossible de savoir ce qui lui est arrivé, ce qui est sûr c’est qu’un autre l’a aujourd’hui remplacé et que nous n’avons aucune informations sur lui…Ni sur qui il est, ni sur ces choix politiques…
Cela s’annonce dangereux…
Mais si je n’ai ne serai ce qu’une seule chance de retrouver l’endroit où a vécu Christian, je le ferai…
Finalement j’en savais très peu sur lui…cela m’attriste…
La seule personne susceptible de nous aider sur place est un vampire appelé Gaël, qui aurait vécu une forte relation avec Christian à l’époque. Cependant il a apparemment disparu de l’endroit il y a de cela de nombreuses années…
Nikki, une louve, femme de Joshua va se joindre à nous. Elle ne se présentera pas avec nous au prince vampire évidemment mais restera cachée dans la ville ; prête à intervenir en cas de problèmes plus conséquents.
…
Rennes (France)
Nous n’avons pu atterrir directement à st Malo, la petite ville ne disposant pas de son aéroport.
Je le cherche, je le choisis, comme je choisis mes proies…
Un homme nous conduira jusqu’à saint Malo…Il n’aura pas le choix…Pendant ce temps, avec Eric, nous discutons…
Nous voilà arrivés, nous ne devons pas traîner, je ne tiens pas à risquer nos vies et d’autres une fois de plus, filons voir le prince…
Pour cela, laissons les venir à nous, ils ne tarderont pas…
J’avais raison…
Nous croisons un autre vampire, ténébreux, jeune…il nous indique la route à suivre…Le prince réside au fort…
Nous commençons à suivre la route donnée mais Eric ne peut s’empêcher de demander à un autre vampire sur notre chemin la confirmation de celui-ci…
Il est méfiant…je le ressens de plus en plus…surement à cause d’elle…
Il a bien fait, le jeune vampire nous a apparemment menti, le chemin n’était pas le bon…
Je vois tout à coup partir mon ami dans une autre direction, il semble vouloir donner une correction à l’autre vampire…
Pourquoi Eric ? Pourquoi veux-tu nous mettre en danger ? Nous avons déjà tant d’ennemis…
Sa bête est grandissante, je le ressens, cela m’inquiète…Jusqu’à quand pourra t-il encore se contrôler...?
Je ne le laisserai pas se perdre et nous perdre tous…Je refuse qu’il devienne cette bête sans humanité qui nous guette tous, tapi dans l’ombre…
Le fort se dresse enfin devant nous, il est temps de ne pas faire de bêtises Lisbeth…Howard compte sur toi…
Nous rentrons…
Le prince est là…Magnifique, majestueux, un démon au visage d’ange…ses boucles d’or ondulent le long de son visage…je ne peux m’empêcher de contempler sa beauté…
Nous approchons, je m’incline, Eric fait de même, peut habituer à ce genre de choses je sens bien qu’il rechigne à le faire…
Le prince est très chaleureux, il nous invite même à sa table…
Cela cache t-il encore quelque chose … ?
Une fois de plus j’imagine que nous ne tarderons pas à le découvrir…
Les discussions commencent, principalement autour du conflit entre la Rosa Sanguis et nous…
Je sens la colère monter en moi, cet idiot qui insulte les fils d’Abel va-t-il enfin se taire ?
Je m’éloigne, j’ai peur de ne plus pouvoir la retenir…
Eric, lui, tente le diable...celui ci lui tend vite les bras, je reviens et essaie d’intervenir comme je le peux…Il n’est pas facile à calmer et l’autre idiot en rajoute toujours plus…
Le calme est revenu et avec lui la vigilance…
Plusieurs membres de la Rosa Sanguis sont ici…
Il ne faut pas qu’ils sachent pour nous…
La soirée continue…
Un peu plus tard le prince nous fait savoir qu’il souhaiterait s’entretenir seul à seul avec nous…
Il ouvre la bouche, ne dit qu’un mot et la foule se disperse tel un nuage de fumée par grand vent….
Il entame la discussion, cela concerne le conflit, toujours le même conflit…
Évidemment comme nous nous en doutions, il sait qui nous sommes…
Il dit ne pas vouloir prendre partie et surtout ne pas vouloir de problèmes dans sa ville…
Je lui explique que ça n’est pas notre but et que nous saurons nous tenir car nous ne sommes pas là pour ça. C’est le cas. Nous avons beaucoup plus important à faire ici…
La discussion continue et nous demandons au prince s’il peut nous apporter son aide pour nos recherches…
Il nous indique un homme à allez voir, Horace, le seul vampire assez vieux qui aurait vécu au temps de l’ancien prince…
Nous nous y rendons mais cela n’est pas très concluant, ce fameux Horace n’a aucune idée du lieu ou pourrait se trouver la cache de Christian et encore moins de l’endroit où est parti vivre Gaël.
Le jour ne va pas tarder à poindre, il est temps de rejoindre le fort pour notre première nuit à st Malo…
7/12/2010
Escale à Saint Malo
A notre réveil Astrée était là, une moue désapprobatrice donnait à son beau visage un air sévère.
Nous avions du partager le même cercueil car dans sa colère Lisbeth avait détruit toute mes affaires, brûlant mes papiers, livres, habits et même cercueil.
Nous sommes attendus à la banque, Joshua et les Sires ont une mission à nous confier :
retrouver un parchemin appartenant à Christian et pouvant aider à retrouver Howard s’il est réunis aux autres parchemins appartenant à nos Sires. Il est probable que ce parchemin se trouve dans la cachette de Christian, à St Malo. En tout cas cela collerait avec les dates de remise des différents parchemins…
Nikki, l’épouse de Joshua, nous accompagnera et nous couvrira cachée parmi les humains.Elle n’interviendra que si on l’appelle.
Aéroport de Rennes.
Les talents de Lisbeth transforme un pauvre humain en docile chauffeur, il nous amènera jusqu’à St Malo sans poser de questions.
J’ai beau l’avoir vu faire de nombreuses fois, ça n’en reste pas moins impressionnant de voir comment une volonté peut être altérée…Impressionnant, voir presque effrayant quand on pense à ce qu’elle pourrait faire avec plus de puissance…
Nous sommes jeunes et stupides, pourtant nous essayons de ne pas répéter deux fois la même erreur ; notre premier mouvement dans cette ville : nous présenter au Prince de la ville.
Nathan est son nom, à sa table des déchets appartenant à la Rosa Sanguis. La conversation se met à tourner autour de la lutte entre ces déjections de chiens malades et nous, Lisbeth quitte la table de peur d’en réduire un en charpie, le Prince s’en amuse. Ma bête arrive, son contrôle commence à m’échapper, je veux leur arracher le cœur… Lisbeth arriveà temps, elle me calme. Abruti de prince, tu t’en mordras les doigts avant la fin de cette histoire.
Nous avons néanmoins le droit de résider et de chasser en ville. Nos recherches nous apprennent que Christian à l’époque fréquentait un certain Gaël et Chateaubriand, l’ancien Prince de la Ville. Lisbeth, inspirée nous fait visité la veille maison de Chateaubriand, où nous trouvons un vieux vampire, affaibli, sans croc et torturé. Nous avons retrouvé l’ancien Prince, l’un des derniers liens qui peuvent nous mener à Gaël. Lisbeth lui rend quelques forces, puis nous retrouvons Nathan qui est en compagnie de quelques raclures de la Rosa Sanguis. Sa bête à changée…
Chateaubriand qui devait nous suivre et régler ses histoires avec le Prince pour nous permettre de trouver ce fameux Gaël arrive, et se rend compte que le Prince est un imposteur.
Raven, leader de la Rosa Sanguis a pris sa place.
Le combat commence, Lisbeth appelle Nikki puis fonce dans les geôles libérer le véritable Prince. Le combat est inégal, nous sommes dépassés, nos alliés tombent les uns après les autres mais non sans avoir vaillamment affronté ces fanatiques.
Mais quel plaisir que de se laisser porter par la rage et la violence du combat. Je peux enfin arrêter de jouer mon rôle d’homme civilisé, plus d’hypocrisie, plus de faux semblant, tout devient simple. Un voile rouge se pose sur le monde, il n’y a plus que l’instant. Tuer ou être tuer.
Tuer.
Tue !
grrrrrraaaaaaaarrrrrhhhhh
Nikki arrive, sa fureur occupe quelques minutes Raven, et cela suffit à laisser le temps à Lisbeth de libérer Nathan et Gaël qui partageaient une cellule. Raven fuit, ses vampires sont mis en pièces.
La violence du combat s’estompe… Je remets mon déguisement, je remets mes chaines….
Gaël nous amène chez Christian, nous donne le parchemin et offre un cadeau à Lisbeth, elle rayonne, je suis heureux pour elle.
Vivement le prochain combat, que je puisse de nouveau me sentir vivant…
Nous avions du partager le même cercueil car dans sa colère Lisbeth avait détruit toute mes affaires, brûlant mes papiers, livres, habits et même cercueil.
Nous sommes attendus à la banque, Joshua et les Sires ont une mission à nous confier :
retrouver un parchemin appartenant à Christian et pouvant aider à retrouver Howard s’il est réunis aux autres parchemins appartenant à nos Sires. Il est probable que ce parchemin se trouve dans la cachette de Christian, à St Malo. En tout cas cela collerait avec les dates de remise des différents parchemins…
Nikki, l’épouse de Joshua, nous accompagnera et nous couvrira cachée parmi les humains.Elle n’interviendra que si on l’appelle.
Aéroport de Rennes.
Les talents de Lisbeth transforme un pauvre humain en docile chauffeur, il nous amènera jusqu’à St Malo sans poser de questions.
J’ai beau l’avoir vu faire de nombreuses fois, ça n’en reste pas moins impressionnant de voir comment une volonté peut être altérée…Impressionnant, voir presque effrayant quand on pense à ce qu’elle pourrait faire avec plus de puissance…
Nous sommes jeunes et stupides, pourtant nous essayons de ne pas répéter deux fois la même erreur ; notre premier mouvement dans cette ville : nous présenter au Prince de la ville.
Nathan est son nom, à sa table des déchets appartenant à la Rosa Sanguis. La conversation se met à tourner autour de la lutte entre ces déjections de chiens malades et nous, Lisbeth quitte la table de peur d’en réduire un en charpie, le Prince s’en amuse. Ma bête arrive, son contrôle commence à m’échapper, je veux leur arracher le cœur… Lisbeth arriveà temps, elle me calme. Abruti de prince, tu t’en mordras les doigts avant la fin de cette histoire.
Nous avons néanmoins le droit de résider et de chasser en ville. Nos recherches nous apprennent que Christian à l’époque fréquentait un certain Gaël et Chateaubriand, l’ancien Prince de la Ville. Lisbeth, inspirée nous fait visité la veille maison de Chateaubriand, où nous trouvons un vieux vampire, affaibli, sans croc et torturé. Nous avons retrouvé l’ancien Prince, l’un des derniers liens qui peuvent nous mener à Gaël. Lisbeth lui rend quelques forces, puis nous retrouvons Nathan qui est en compagnie de quelques raclures de la Rosa Sanguis. Sa bête à changée…
Chateaubriand qui devait nous suivre et régler ses histoires avec le Prince pour nous permettre de trouver ce fameux Gaël arrive, et se rend compte que le Prince est un imposteur.
Raven, leader de la Rosa Sanguis a pris sa place.
Le combat commence, Lisbeth appelle Nikki puis fonce dans les geôles libérer le véritable Prince. Le combat est inégal, nous sommes dépassés, nos alliés tombent les uns après les autres mais non sans avoir vaillamment affronté ces fanatiques.
Mais quel plaisir que de se laisser porter par la rage et la violence du combat. Je peux enfin arrêter de jouer mon rôle d’homme civilisé, plus d’hypocrisie, plus de faux semblant, tout devient simple. Un voile rouge se pose sur le monde, il n’y a plus que l’instant. Tuer ou être tuer.
Tuer.
Tue !
grrrrrraaaaaaaarrrrrhhhhh
Nikki arrive, sa fureur occupe quelques minutes Raven, et cela suffit à laisser le temps à Lisbeth de libérer Nathan et Gaël qui partageaient une cellule. Raven fuit, ses vampires sont mis en pièces.
La violence du combat s’estompe… Je remets mon déguisement, je remets mes chaines….
Gaël nous amène chez Christian, nous donne le parchemin et offre un cadeau à Lisbeth, elle rayonne, je suis heureux pour elle.
Vivement le prochain combat, que je puisse de nouveau me sentir vivant…
7/11/2010
Retour à Stockholm
Lisbeth finit par réaliser le crime que je viens de commettre, elle se jette sur moi, me frappe avec la rage du désespoir…
je ne sens rien, je ne sens plus rien…J’ai trahi mon amie, j’ai vu son cœur se briser, et cela est ma faute…
je ne veux plus continuer, et pourtant je le dois… Il nous faut sauver nos Sires, sinon tout cela aura été vain.
Et cela je ne peux pas l’accepter, je ne lui aurais pas brisé le cœur en vain.
Les Sires sont tous réveillés maintenant, Angélique est là elle aussi, sorti d’on ne sait où. Le corps décapité de Christian la satisfait, elle s’en va sans un mot.
Pendant que Lisbeth fuit de son côté, nous conduisons nos Sires affamés dans un village proche, c’est un carnage, mais nous avons survécu à cette nuit.
Dernière nuit à la Nouvelle Orléans, nous partons pour Stockholm, sur les traces de Lisbeth.
De retour à Stockholm, nous sommes accueilli par les loups de la ville, Joshua nous attend, Lisbeth est avec lui, je suis rassuré de la savoir avec lu, en sécurité.
Séance de palabres, sur le pourquoi du comment, les gens parlent…
A mon tour de parler, à mon tour d’expliquer pourquoi j’ai agi ainsi.
Mon choix était simple, protéger Howard d’un combat inutile et sauver Lisbeth en échange de la tête de Christian. Je ne suis pas assez fort, pas assez puissant pour m’opposer à ce choix. J’ai choisi de protéger mon amie, même si pour cela je devais la perdre.
Lisbeth enfin ouvre la bouche, elle nous raconte un rêve, un songe que lui a transmit Howard qui explique pourquoi Angélique voulait la tête de Christian.
Christian était un monstre, il a commis une diablerie sur la princesse de la Nouvelle Orléans, une proche d’Angélique. Celle-ci a attendu son heure et s’est vengée de tous les acteurs de ce drame, Howard, Astrée et Christian, d’une façon ou d’une autre…
…nous sommes donc condamné à payer pour les erreurs de nos parents, et comme ils n’ont pas le bon goût de mourir, ils ont l’opportunité d’en commettre encore et toujours plus.
Lisbeth veut me parler seul à seul.
J’accepte.
Elle souhaite mon aide, elle désire que j’accepte un pacte avec elle pour l’aider à se venger d’Angélique quand l’occasion se présentera.
Il faudrait interrompre cette spirale de violence sans fin, mettre un terme à ces erreurs en cascadent qui n’apportent que mort et souffrance.
Evidemment elle ne comprend pas.
Comment lui en vouloir ? Comment lui dire que c’est un combat perdu d’avance et que cette haine et cette rancœur nous détruira tous ?
C’est impossible… Je dois la protéger, après ce que je lui ai fait, c’est le moins que je puisse faire.
En fait non, je veux la protéger.
J’accepte son pacte, je l’aiderai à tuer Angélique.
J’accepte d’entrer dans cette danse macabre de vengeance sans fin.
Je sais comment cela finira pour moi, je vois déjà la bête inhumaine, écumante de rage, répandant des flots de sang sur son passage avant d’être abattu comme un vulgaire animal.
Qu’il en soit donc ainsi.
Lisbeth m’invite à revenir chez elle, chez nous.
Astrée s’invite elle aussi.
je ne sens rien, je ne sens plus rien…J’ai trahi mon amie, j’ai vu son cœur se briser, et cela est ma faute…
je ne veux plus continuer, et pourtant je le dois… Il nous faut sauver nos Sires, sinon tout cela aura été vain.
Et cela je ne peux pas l’accepter, je ne lui aurais pas brisé le cœur en vain.
Les Sires sont tous réveillés maintenant, Angélique est là elle aussi, sorti d’on ne sait où. Le corps décapité de Christian la satisfait, elle s’en va sans un mot.
Pendant que Lisbeth fuit de son côté, nous conduisons nos Sires affamés dans un village proche, c’est un carnage, mais nous avons survécu à cette nuit.
Dernière nuit à la Nouvelle Orléans, nous partons pour Stockholm, sur les traces de Lisbeth.
De retour à Stockholm, nous sommes accueilli par les loups de la ville, Joshua nous attend, Lisbeth est avec lui, je suis rassuré de la savoir avec lu, en sécurité.
Séance de palabres, sur le pourquoi du comment, les gens parlent…
A mon tour de parler, à mon tour d’expliquer pourquoi j’ai agi ainsi.
Mon choix était simple, protéger Howard d’un combat inutile et sauver Lisbeth en échange de la tête de Christian. Je ne suis pas assez fort, pas assez puissant pour m’opposer à ce choix. J’ai choisi de protéger mon amie, même si pour cela je devais la perdre.
Lisbeth enfin ouvre la bouche, elle nous raconte un rêve, un songe que lui a transmit Howard qui explique pourquoi Angélique voulait la tête de Christian.
Christian était un monstre, il a commis une diablerie sur la princesse de la Nouvelle Orléans, une proche d’Angélique. Celle-ci a attendu son heure et s’est vengée de tous les acteurs de ce drame, Howard, Astrée et Christian, d’une façon ou d’une autre…
…nous sommes donc condamné à payer pour les erreurs de nos parents, et comme ils n’ont pas le bon goût de mourir, ils ont l’opportunité d’en commettre encore et toujours plus.
Lisbeth veut me parler seul à seul.
J’accepte.
Elle souhaite mon aide, elle désire que j’accepte un pacte avec elle pour l’aider à se venger d’Angélique quand l’occasion se présentera.
Il faudrait interrompre cette spirale de violence sans fin, mettre un terme à ces erreurs en cascadent qui n’apportent que mort et souffrance.
Evidemment elle ne comprend pas.
Comment lui en vouloir ? Comment lui dire que c’est un combat perdu d’avance et que cette haine et cette rancœur nous détruira tous ?
C’est impossible… Je dois la protéger, après ce que je lui ai fait, c’est le moins que je puisse faire.
En fait non, je veux la protéger.
J’accepte son pacte, je l’aiderai à tuer Angélique.
J’accepte d’entrer dans cette danse macabre de vengeance sans fin.
Je sais comment cela finira pour moi, je vois déjà la bête inhumaine, écumante de rage, répandant des flots de sang sur son passage avant d’être abattu comme un vulgaire animal.
Qu’il en soit donc ainsi.
Lisbeth m’invite à revenir chez elle, chez nous.
Astrée s’invite elle aussi.
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