Et voilà, encore une nuit, une nuit de plus…
Je ne sais pas trop ce qui m’anime depuis que j’ai perdu Christian…
Jamais je n’aurai pu m’imaginer vivre sans au moins espérer le voir, et pourtant j’y arrive.
Chaque jour qui passe est un peu moins difficile que le précédent…A quoi cela tient, je ne le sais pas…Mes amis surement, et Howard…Il est comme mon père, mais que se passera t-il quand nous l’aurons retrouvé ? Peut être que la maigre étincelle qui brille encore en moi s’éteindra à nouveau…J’ai besoin de l’amour, l’amour d’un ou d’une…Il ne faut pas que je sombre dans le néant…
Les plaisirs de la chair comble quelque peu ce vide mais mon cœur saigne de solitude, à quoi sert la non vie et l’immortalité si ce n’est pas pour aimer à en perdre la raison … ?
Les humains, oui certes ils m’aiment, je les aime, mais ils ne savent pas…Ils ne savent pas aimer comme moi, ils se lassent, ils veulent toujours de la nouveauté…La nouveauté, oui, pour la consommation, mais l’amour, le vrai, l’immortel, ça, ils ne l’auront jamais…
Je veux retrouver celui-ci, celui qui m’animait à la vue de mon si splendide créateur…
Est-il vraiment raisonnable pour un être comme moi de trop aimer ? Je suis déjà si attachée au personne que je côtoie…Ceci est une faiblesse, je le sais, mais peut on renier sa nature… ?
Et si je venais à les perdre eux aussi…Impossible…
Je venais à peine de m’éveiller de ma torpeur, nauséeuse, presque comme une humaine qui se réveille d’un cauchemar.
J’étais en proie à beaucoup de rêves, de pensées et de doutes lors de mes journées…
Heureusement la nuit je redevenais cet objet de manipulation et de plaisir…je redevenais ce que la non vie avait fait de moi…
Cesse de t’apitoyer, tu as du travail !
Je dois aller me nourrir et ce soir j’ai décidé de faire ça bien, de me laisser aller à mes envies et mes désirs, ne pas juste boire et baiser !
Je me suis oubliée, j’ai oublié qui j’étais, je suis différente mais je suis l’infante de Christian je ne dois pas agir comme une bête qui ne fait que consommer…
Nous avons le droit de chasser sur la plage, peut on rêver mieux ? Quel endroit romantique pour chasser, ce soir je veux un couple, je veux me repaître de leur amour, de leur sang, de leur corps…
Les voilà, ils sont si mignons, en les voyant j’ai comme un pincement au cœur, tant d’innocence…
Les embruns caresse mon visage, la lune est pleine, l’espace d’une minute je me sens presque…vivante…
Je m’assoie, leur parle, ils n’opposent pas tellement de résistance à mon charme, je leur propose de me faire visiter un peu la ville de nuit…
Après tout avant le dessert viennent l’entrée et le plat principal…
Nous marchons tous les trois dans la rue, leur vie est des plus banale, je ne sais pas trop si je les envie où si je les plains…Les deux en fait…
Nous nous retrouvons devant une vieille maison, celle où aurait vécu Chateaubriand…Tiens…Il va falloir que j’en touche deux mots à Eric, mais plus tard.
Je leur propose de m’inviter chez eux, ils ne refusent pas…
Il est amusant parfois de voir comme les gens n’ont plus aucune volonté face à moi…enfin cela va pour les mortels, pour les autres, cela est hélas moins facile…
Tiens, je vais parler théâtre, cela fait longtemps…Cela me rappellera le soir où j’ai rencontré Christian…Il aimait tant parler d’art, de ses sculptures, longtemps j’ai jalousé toutes les maîtresses dont je voyais le corps immortalisé dans la pierre…
Je ne suis pas aussi douée que je l’espérais, tout ceci doit me perturber, mais apparemment ils apprécient, leur regard d’admiration et d’envie m’incite à enfin les goûter…
Ils sont doux, salés, sucrés, épicés une explosion de saveurs, je caresse leur peau, elle est chaude…
Le plaisir se lit dans leurs regards…a mon tour je succombe et laisse ces sensations m’envahir….
J’aime ces moments où j’oublie presque qui je suis, cela est de plus en plus rare…Plus je vieillis, plus les sensations humaines s’éloignent…A quelles folies m’amènera cette recherche de plaisir… ?
Je m’en vais, doucement, j’ai pris et j’ai donné, ils oublieront, ils m’oublieront, une fois de plus…
Vite, il faut que je me dépêche, j’ai trop traîné, Eric doit commencer à s’impatienter…
Il ne sait pas ce qu’est l’amour lui, il chasse, tue, implacable…
Cela me rends triste…
Nous voilà devant la maison de Châteaubriand, j’ai tout de suite eu le pressentiment qu’ici nous trouverions quelque chose qui nous aidera à retrouver ce que l’on cherche…
Il y des caméras et les grilles sont hautes, même pour nous…Surtout pour moi…
Il y une entrée sur le côté, les grilles sont toujours aussi hautes mais nous sommes à l’abri des caméras…
Nous mettons un moment à passer ces grilles, c’est en partie ma faute, la non vie m’a donné beaucoup de capacités mais vivante ou morte je n’ai jamais été très athlétique et cela se vérifie encore…
Heureusement Eric avec sa force finit par réussir à me hisser…
Nous repérons vite une alarme, notre stratégie est simple, Eric ouvre la porte d’un brutal coup de pied et grâce à ma vitesse je vais éliminer le boîtier de l’alarme.
Espérons que ça marche…
Mû par je ne sais quoi tout se déroule sans problème et nous nous retrouvons dans le lieu de vie d’un ancien prince et mieux que ça, de Chateaubriand. La maison renferme une atmosphère presque mystique, Je déambule comme dans une bulle, happée par la magie des lieux, par ces choses qui lui ont appartenus, ces vieux manuscrits, pleins de souvenirs et de poésie…
Nous explorons, coins et recoins, rien de bien concluant, si ce n’est que nous repérons dans « mémoire d’outre tombe » le nom de Gaël à plusieurs reprises.
Si seulement nous pouvions retrouver ce Gaël…
La visite ne pouvait pas déjà s’achever, nous n’avions rien, nous ne pouvions pas nous permettre de revenir sans le parchemin de Christian, de plus je voulais retrouver son lieu de vie…
Je marche dans le couloir, quand je repère une trappe au dessus…
Evidemment, le grenier !
Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt, il devait y avoir un tas de vieilleries sans importance pour les humains à l’intérieur, mais surement pas pour nous…
Je demande à Eric de me porter pour que je puisse pousser la trappe et rentrer dans le grenier…
J’y suis, c’est sale, poussiéreux et désespérément vide…
En fait non, là bas au fond, une chaise à bascule…
Quelqu’un se balance…
Je suis effrayée et j’appel Eric lui indiquant que nous ne sommes pas seuls…
La voie s’élève : « Gaël, c’est toi ? »
J’approche, méfiante mais pourtant malgré une certaine peur je ne me sens pas en danger.
J’aperçois alors une chose que je n’avais encore jamais vue auparavant, j’oscille entre dégout et peine…
Un vampire, affreusement diminué, desséché, sans cheveux, moche, et surtout sans crocs…
C’est lui, je le sais, Chateaubriand.
Je ne sais pas quel crime il a commit mais je trouve ce châtiment si atroce. J’ai de la peine pour lui…
Le pauvre, il attend, là, immortel, le retour de son amour, Gaël.
Durant la discussion j’ose lui demander pourquoi il a subit ce châtiment.
« C’est parce que j’ai aimé »
Je ne sais pas si je dois le croire mais cette réponse est tellement belle, j’ai envie d’y croire, j’y crois…
J’arrive assez facilement à conclure un marché avec lui, il est faible et puis il aime mon odeur, cela lui rappelle Christian…
Si nous l’aidons à retrouver Gaël, il nous aidera à retrouver la planque de Christian…
Il faut lui redonner des forces…
Je lui propose mon sang, il accepte…
Je plante mes crocs dans mon poignet et entaille ma chair jusqu’au sang que je fais couler doucement dans sa bouche…
Il attrape fermement mon poignet et commence à boire, il n’a plus de Crocs mais sa force est encore grande.
Je sens le sang qui m’anime sortir de mes veines, c’est intense mais douloureux…
Il boit trop, j’aperçois Eric, inquiet, prêt à lui bondir dessus.
STOP !
A mon ordre il s’arrête net.
Ses traits semblent se lisser, ses yeux retrouvent leur brillance, j’imagine facilement qu’il n’est pas comme à sa belle époque mais il a l’air tout de même puissant.
Nous partirons devant, nous rendrons au fort et ferons semblant de revenir bredouilles…
Le prince n’appréciera surement pas le retour de son ancien rival…
Il est là, toujours aussi sublime, mais toujours entouré des membres de la Rosa sanguis…
Il semble bizarre comme changé, cela ne m’inquiète pas tellement mais Eric lui semble plus que troublé…
Effectivement, sa bête est légèrement différente, je n’avais jamais remarqué de tels changements sur une bête mais en même temps je n’ai pas connu beaucoup de prince…
Peu de temps après Chateaubriand arrive, accompagnée de Francis, l’infant de Nathan. Curieux.
Le prince se lève, furieux…
Je ne saurai l’expliquer mais je me dirige naturellement vers l’ancien prince, si un combat doit avoir lieu j’ai choisi mon camp…
J’appuie sur ma bague, je sens que nous aurons besoin de l’aide de Nikki si cela tourne plus mal encore.
Un spectacle s’offre alors à nous, la beauté de Nathan s’efface laissant place au visage de cauchemar de Raven…
Comment est ce possible ?
J’entends Chateaubriand me parler par télépathie, il m’indique un rideau derrière Raven, il me dit que dès le combat sera engagé je dois foncer aux geôles qui se trouvent surement derrière et libérer Nathan et Gaël…
Je m’exécute, je sais que je suis très rapide mais j’espère que rien ne vas se dresser sur mon passage…
J’entends le combat se dérouler, notre adversaire est fort très fort, j’ai peur d’arriver trop tard…
Dépêche-toi Lisbeth, vite…
J’arrive enfin aux geôles et je vois Nathan et gaël comme crucifiés, ils sont vidés de leur sang, il faut que j’agisse.
J’attrape la cuve où se déverse leur sang et leur fait boire chacun leur tour la quantité nécessaire pour les remettre d’aplomb, ils seront liés, tant pis je n’ai pas d’autre choix.
Le temps me paraît être une éternité, j’ai peur pour Chateaubriand, pour Francis et surtout pour Eric…
Heureusement il arrive peu de temps après moi, j’imagine que lui aussi a entendu la voix dans sa tête mais qu’il a du régler quelques problèmes avant de venir…
Ils reprennent leur force, vite, nous fonçons en direction de la grande salle…
Apparemment Nikki est arrivé entre temps mais c’est un carnage, Chateaubriand et Francis sont morts…Et Raven, ce lâche, a encore fuit…Il ne sait faire que ça…
Nathan est hors de lui, il a été abusé tout comme nous…
Eric parle et propose de faire appel à un conseil vampire ou à un juge, une juge plus précisément…
Je le regarde, haineuse…
« Comment peux-tu penser à elle ? C’est de sa faute si Christian est mort ! Jamais je ne ferai appel à elle. Tu m’entends ? Jamais ! »
Gaël s’effondre alors à son tour. « Christian est mort ? C’est impossible ! Qui a fait ça ? Qui ? »
Comme je comprends ce qu’il ressent à cet instant, comme je ressens cette souffrance qui m’a moi-même traversée et qui est encore si présente. Je tâche de le calmer, lui expliquant que seule Angélique d’Arançon est coupable et que je n’aurai pas de repos tant qu’elle vivra…
Eric n’en mène pas large, son regard fuit…
Le temps passe et Angélique ne sera plus, tôt ou tard, j’ai avec moi un allié de plus…
Une discussion suit entre Nathan et Gaël. Nathan demande à Gaël de nous aider contre l’asile de celui-ci à St malo.
Gaël accepte, lui seul savait où vivait Christian…
Nous partons sur le champ et arrivons à un petit bateau amarré non loin de là, nous montons à bord et Gaël nous conduit sur une petite île a proximité.
Sur place, il déplace à un endroit bien précis des années de terre et débris accumulés pour laisser apparaître une trappe.
C’est là !
Si mon cœur battait encore je sens qu’à cet instant il battrait plus fort…
Il ouvre la trappe…
L’odeur de Christian envahit mes narines, mes sens sont exacerbés, comme si je voulais en prendre un peu et en ramener avec moi…
Nous pénétrons dans la pièce, elle est emplit d’affaires entassées dans tous les coins, cela respire pourtant la beauté et l’harmonie…
Christian, tu me manques tant…
Mes sentiments ressurgissent. À la vu de tous ça je ne peux m’empêcher de ressentir à nouveau cette douleur, comme un second coup de poignard qui ouvrirait à nouveau ma blessure, il ne faut pas que je pleure…Mes larmes tacheraient la perfection…
Gaël fouille quelques minutes et extrait le précieux parchemin.
Enfin, nous l’avons.
J’espère que nous pourrons retrouver Howard avec ça.
Il est l’heure de partir, Nathan nous attend…
Je ne peux me résoudre et m’arracher à son odeur, je veux rester…
A cet instant je voudrais redevenir petite fille, que l’on écoute ma peine, que l’on cède à ma tristesse, mais ce n’est pas possible…
Je m’adresse à Gaël. « Pourrai- je avoir quelque chose de lui ? Il me manque tant et je n’ai rien qui lui ait appartenu… »
Il se remet alors à fouiller et sort une jolie petite boîte en bois sculpté qu’il me donne.
Je l’ouvre…Une magnifique rose rouge est là, épargnée par les ravages du temps…Comment cela est possible…
« Christian se plaisait à dire qu’il avait pu fixer la beauté de cette rose rien qu’en la regardant, je pense qu’il aurait aimé que vous l’ayez… »
A ces mots je ne peux retenir la larme qui coule le long de ma joue, qu’importe, c’est un si doux moment…
Nous repartons avec ce que nous sommes venus chercher et plus encore pour moi…
Nous voilà de nouveau en vol pour Stockholm. Nous avons le nouveau parchemin et un nouvel allié de poids, Nathan, le prince de St Malo…
Tiendra t-il sa promesse ? Je ne sais pas. Mais au moins il ne fera plus confiance à ces chiens le la Rosa Sanguis…
Ce voyage fût éprouvant, mais la souffrance en vaut la chandelle. Je connais Gaël, Nathan et je ramène un bien si précieux…

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