Bien que la tension soit palpable, le trajet se passe sans histoire.
Nos gardes ne nous laissent de toute façon pas l’opportunité d’en créer.
Nous finissons ainsi par arriver dans un château perdu au milieu de la Foret Noire, le Neuschwanstein, la demeure du Prince qui hébergera ce procès.
Nous rencontrons un autre fils d’Abel, Dragan accompagné de ses deux molosses, lui aussi sera jugé lors du procès, jugé pour le meurtre du Prince d’Oslo.
Nous sommes conduit à notre chambre, Juliette nous explique les règles, en gros, nous devons être sage, pas faire de vagues et nous en remettre à la sagesse de nos juges…
Les vampires ont beaucoup d’humour.
Il nous reste quelques heures avant le jour, Lisbeth, Dragan et moi allons donc visiter un peu ce château.
Séraphine aussi visite le château, mais à sa façon, en courant et criant dans les couloirs. Edgar lui joue à la tortue dans son cercueil.
Sacré équipe…
Au détour d’un couloir, une porte, une odeur de fleurs séchées…
Angélique est là…
je ne veux pas la voir, je continue mon chemin mais mon trouble ne lui est pas passé inaperçu…
comment lui expliquer, comment lui dire…
Plus loin, un groupe de vampires, nous échangeons quelques mots.
Nous sommes l’attraction du moment, qui sera exécuté ?
Qui sera sauf ?
Voila les sujets de discussions et de paris du moment.
Puis la torpeur, peut être la dernière…
L’heure de notre procès a sonné, nous y sommes conduit et prenons place à côté de nos Sires, face à nous Raven.
Les juges nous imposent le silence puis entrent, 6 juges, Angélique en fait parti. Raven commence par exposer sa version, pauvre chose, nous 4 vampires et une poignée de loups lui avons fait la misère…
Ensuite Edgar raconte sa version…
Puis vient mon tour…J’explique ma façon de voir les choses ; à quoi bon…nous nous sommes battu aux côtés des loups contre des vampires…
Nous sommes des traitres à notre race.
Quand je vois les représentants de notre race, je prends cela comme un compliment.
Angélique profite de son lien sur moi pour savoir ce que j’essaie de cacher, et finira par m’empêcher de m‘enfoncer plus.
Lisbeth ensuite, son amitié pour des loups sera son crime…
Ces vampires qui nous jugent vivent depuis trop longtemps, ils sont trop loin de l’humain pour comprendre…
il faudrait que quelqu’un les élimine…
Séraphine raconte sa version…
Elle appelle Raven « grosse crevette »…
Un pur moment de bonheur.
Enfin Dragan apporte grâce à ses molosses la preuve que Raven a tué le prince d’Oslo.
Nos Sires se défendent comme de bons vampires…
Les délibérations commencent…
Le Jugement est rendu :
Raven est condamné à mort
Et chacun d’entre nous passera un mois au service d’un des Juges à partir de Septembre.
Je serai au service d’Angélique.
Nos peines sont plutôt légères compte tenu de ce qui nous est reproché, je ne vais pas m’en plaindre.
La torpeur de nouveau.
Ce soir, il y a une fête, et nous devons nous y présenter, pas moyen de l’esquiver. Lisbeth me trouve une tenue adéquate.
Et c’est ainsi que Séraphine, Edgar, Lisbeth et moi nous nous rendons à la fête.
Edgar et Lisbeth vont présenter leurs respects aux juges, puis Lisbeth va se mettre en chasse.
Astrée est là, à mon bras, nous dansons.
J’oublie pendant quelques heures tout ce qui nous sépare.
Pendant quelques heures je redeviens ce jeune homme naïf et stupide et elle cette mystérieuse inconnue dont j’étais tombé amoureux.
Nous montons ensuite dans sa chambre, et pendant quelques heures nous executons une autre danse.
Une danse intime, sensuelle.
Nous explorons le corps de l’autre, nos corps fusionnent et nos esprits se perdent dans les vagues de plaisirs qui nous assaillent.
L’explosion de jouissance libératrice nous terrasse et nous sombrons encore enlacé dans une semi inconscience….
La torpeur…
Nous n’échangeons pas un mot au sujet de cette nuit.
Que pense t elle de moi ? Qui suis-je pour elle ?
Ces questions devront attendre, pour l’instant nous devons partir.
Une voiture est mise à notre disposition et nous filant a travers la forêt.
Quelques km à peine et le regard alarmé d’Astrée me fait réagir.
« Sautez de la voiture », nous nous éjectons de cette voiture, seuls Astrée et Lauric restent…quelques mètres encore et c’est
l’explosion…
Un piège ?
Astrée dans la voiture en flammes…. Je me change en loup pour tenter de repérer nos ennemis, ils ne sont pas loin, je le sais mais impossible de les repérer, la fumée acre de l’incendie couvre leurs odeurs.
Tout d’un coup ils sont là, le premier retient Lisbeth, je me jette sur lui mais un nouveau venu m’intercepte…
Qu’importe je me jette à nouveau sur celui qui immobilise Lisbeth pour lui faire lâcher prise et engage le combat.
Les questions vont disparaitre, tout va redevenir limpide, plus d’hésitation…
Parfois j’aimerais que le combat ne cesse jamais…
Mes coups sont faibles, je mets trop de temps à le tuer, je n’arrive pas à me concentrer sur ce combat…
je me fais honte.
Alors que j’essaie paresseusement de l’achever un loup bondit sur moi, un autre loup, Astrée, l’intercepte et le met en pièce…
je vois son regard amusé et quelque peu moqueur… »alors petit chiot, on a du mal » me disent ses yeux…
Finalement je parviens à arracher la tête de mon adversaire. A travers la brume sanglante qui sort encore du corps de mon ennemi je vois Astrée bondir sur le suivant, le taillade….
et se faire abattre d’une balle par son compagnon.
Astrée à terre…
je n’ai jamais vu cela…
Elle semble morte…
Ce n’est pas possible, pas elle…
La bête arrive, elle chevauche la vague de rage qui s’empare de moi…
Je l’accueille avec plaisir comme un vieil ami, je ne lutte pas contre cette fureur, je la dirige, j’emploie l’étincelle de raison qu’il me reste pour orienter la bête vers l’origine de mon courroux…
Une lame me perce les côtes, une fois…
Je me jette sur l’assassin d’Astrée…
Une lame me perce les côtes une seconde fois…
Je lui écrase la tête de mes mains, son cerveau réduit à l’état de pulpe rose jaillit de son crâne brisé, mon ennemi à terre, je me calme et reprend un semblant de contrôle.
Le dernier ennemi visible est achevé.
J’apporte du sang à Astrée, ses blessures se referment mais elle reste inconsciente.
Les corps sont brûlés.
Il nous faut nous cacher, trouver un endroit pour le jour… Je trouve un vieux bunker qui pourrait faire l’affaire, Edgar lui trouve un lâche qui s’enfuit, nous apprendrons que c’est Octave un des juges qui semblait amical qui est à l’origine de ce traquenard.
Sur le chemin du bunker, cet abruti de Lloric éclate tous les arbres qui lui passent sous la main, sans doute afin d’aider nos ennemis à retrouver notre piste….
J’essaie de lui expliquer…
rien à faire il s’énerve et m’envoie Osario. Il est encore plus con que le précédent mais au moins comprend l’idée de ne pas laisser une piste grosse comme une autoroute derrière nous.
Torpeur…
Il faut nous nourrir, mais pour éviter les problèmes nous décidons de sortir des terres de Ludwig qui ne nous a pas accordé le droit de se nourrir.
Osario lui, ne l’entend pas ainsi, il va mettre le premier village à feu et à sang et décimer sa population.
Je le hais pourtant j’apprends qu’en fait il a été sacrifié par Howard, sacrifié à notre cause afin de faire croire aux autres vampires que nous aussi, les fils d’Abel, sommes des fous sanguinaires comme n’importe quel autre vampire.
L’un des seuls fils d’Abel qui a été poussé à devenir un monstre. Osario me fait pitié en fin de compte…
Le village suivant, hors des terres de Ludwig, nous nous nourrissons, Astrée se réveille et retourne chercher Osario.
Nous l’attendrons ici quelques nuits. Une fois tous réunis, nous parlons de la suite…
Il sera décidé de partir en antarctique, à la recherche d’Howard.
Première étape : l’Islande pour trouver de l’équipement chez une des connaissance d’un de nos Sires.





